LA GLOIRE ETERNELLE DE LA PAROLE DIVINE 1ère partie (Page 11-21)

Extrait du livre « LA DIVINITE DE CHRIST » De John MacArthur ©2018 (editions impact)

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. (Jn1.1-5)


L’introduction de l’Évangile selon Jean exprime, on ne peut plus clairement, la vérité la plus profonde qui soit dans l’univers. Bien qu’elles soient faciles à comprendre même pour un enfant, les paroles que l’Esprit a inspirées à Jean véhiculent une vérité qui dépasse l’entendement des plus grands esprits de l’histoire de l’humanité : le Dieu éternel et infini s’est fait homme en la personne du Seigneur Jésus-Christ. La vérité glorieuse et indéniable selon laquelle en Jésus la divine « Parole a été faite chair » (1.14) constitue le thème de l’Évangile selon Jean.


La divinité du Seigneur Jésus-Christ est un principe essentiel et non négociable de la foi chrétienne. Plusieurs preuves bibliques convergent vers la conclusion qu’il est bel et bien Dieu.


Premièrement, les affirmations mêmes de l’Écriture confirment que Jésus est Dieu. Conformément à son désir de souligner la divinité de Christ, Jean relate plusieurs de ces affirmations. Le verset introductif de son Évangile déclare : « la Parole [Jésus] était Dieu ». Dans l’Évangile selon Jean, Jésus endosse à maintes reprises le nom « Je suis » (voir 4.26 ; 8.24,28,58 ; 13.19 ; 18.5,6,8).


Il déclare ne former qu’un en nature et en essence avec le Père (la réaction des Juifs non croyants dans 1.33 et 5.18 indique clairement qu’ils reconnaissent que c’est bien une déclaration de divinité). Jésus ne corrigera pas Thomas non plus lorsque celui-ci s’adressera à lui comme ceci : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (20.28) ; en fait, il le félicitera pour sa foi (v. 29). Si Jésus n’était pas Dieu, sa réaction serait inexplicable.

Aux Philippiens, Paul a écrit que Jésus, « existant en forme de Dieu », est à parfaite « égalité avec Dieu » (Ph 2.6). Aux Colossiens, il a déclaré : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2.9). L’épître aux Romains présente Dieu en tant que « Dieu béni éternellement » (Ro 9.5) ; dans Tite et 2 Pierre, il est appelé « notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ » (Tit 2.13) et « notre Dieu et [...] Sauveur Jésus-Christ » (2 P 1.1).


Dieu le Père s’adresse au Fils en tant que Dieu : « Ton trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité » (Hé 1.8). Dans sa première épître, Jean fait référence à Jésus-Christ comme étant « le Dieu véritable » (1 Jn 5.20).


Deuxièmement, on attribue à Jésus-Christ partout dans l’Écriture des titres donnés à Dieu. Tel que mentionné plus tôt, Jésus s’est approprié le nom divin de « Je suis ». Dans Jn 12.40, Jean citera Es 6.10, un passage qui, dans la vision d’Ésaïe, désigne Dieu (voir Es 6.5). Pourtant, dans le verset suivant, Jean déclarera : « Ésaïe dit ces choses, lorsqu’il vit sa [celle de Christ ; voir v. 36,37,42] gloire, et qu’il parla de lui » (v. 41). Jérémie a prophétisé que le Messie serait appelé « [l’] Éternel [Yahvé] notre justice » (Jé 23.6).


Dieu et Jésus sont tous les deux appelés Berger (Ps 23.1Jn 10.14) ; Juge (Ge 18.252 Ti 4.1,8) ; Saint (Es 10.20Ac 2.27 ; 3.14) ; Premier et Dernier (Es 44.6 ; 48.12Ap 1.18 ; 22.13) ; Lumière (Ps 27.1 Jn 8.12) ; Seigneur du sabbat (Ex 16.23,29 ; Lé 19.3Mt 12.8) ; Sauveur (Es 43.11Ac 4.12 ; Tit 2.13) ; celui qu’ils ont percé (Za 12.10 Jn 19.37) ; Dieu puissant (Es 10.21Es 9.5) ; Seigneur des seigneurs (De 10.17Ap 17.14) ; Alpha et Oméga (Ap 1.8Ap 22.13) ; Roi ou Seigneur de gloire (Ps 24.10 1 Co 2.8) ; et Rédempteur (Es 41.14 ; 48.17 ; 63.16Ep 1.7 ; Hé 9.12).


Troisièmement, Jésus-Christ possède les attributs intransmissibles de Dieu, ceux qui lui sont uniques. L’Écriture révèle que Christ est éternel (Es 9.5 ; Mi 5.1), omniprésent (Mt 18.20 ; 28.20), omniscient (Mt 11.27 ; Jn 16.30 ; 21.17), omnipotent (Phi 3.21), immuable (Hé 13.8), souverain (Mt 28.18) et glorieux (Jn 17.5 ; 1 Co 2.8 ; voir aussi Es 42.8 ; 48.11 ; où Dieu affirme qu’il ne donnera sa gloire à aucun autre).


Quatrièmement, Jésus-Christ accomplit les œuvres que seul Dieu peut accomplir. Il a créé toutes choses (Jn 1.3 ; Col 1.16), il soutient la création (Col 1.17 ; Hé 1.3), il ressuscite les morts (Jn 5.21 ; 11.25-44), il pardonne le péché (Mc 2.10 ; voir aussi v. 7), et sa Parole subsiste à jamais (Mt 24.35 ; voir aussi Es 40.8).


Cinquièmement, Jésus-Christ se fait adorer (Mt 14.33 ; 28.9 ; Jn 9.38 ; Phi 2.10 ; Hé 1.6), même s’il enseigne que seul Dieu est digne d’adoration (Mt 4.10). L’Écriture précise également que des saints hommes (Ac 10.25,26) et des saints anges (Ap 22.8,9) ont refusé d’être adorés.

Pour terminer, Jésus-Christ reçoit les prières, qui ne doivent être adressées qu’à Dieu (Jn 14.13,14 ; Ac 7.59,60 ; 1 Jn 5.13-15).


Les versets 1 à 18, à savoir le prologue à la présentation que Jean fait de la divinité de Christ, sont un synopsis ou un survol de tout le livre. Jean définit clairement dans 20.31 le but qu’il recherche en écrivant son Évangile : « afin que vous [ses lecteurs] croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jn 20.31). Jean révèle que Jésus-Christ est « le Fils de Dieu », la deuxième personne éternelle de la Trinité. Il s’est fait homme, le « Christ » (Messie), et il s’est offert en sacrifice pour expier les péchés. Ceux qui mettent leur foi en lui « [auront] la vie en son nom », alors que ceux qui le rejettent seront jugés et condamnés au châtiment éternel.


La réalité selon laquelle Jésus est Dieu, présentée dans le prologue, est expliquée tout au long du livre par le choix sélectif que Jean fait de certaines déclarations et de certains miracles qui prouvent ce qu’il avance. Les versets 1 à 3 du prologue enseignent que Jésus est l’égal éternel du Père ; les versets 4 et 5 expliquent le salut qu’il a apporté au monde, que son précurseur, Jean-Baptiste, a annoncé (v. 6-8) ; les versets 9 à 13 décrivent la manière dont la race humaine répond à Jésus-Christ, soit en le rejetant (v. 10,11), soit en l’acceptant (v. 12,13) ; les versets 14 à 18 résument tout le prologue.


Des cinq premiers versets du prologue de l’Évangile selon Jean découlent trois preuves de la divinité de la Parole incarnée, Jésus-Christ : sa préexistence, son pouvoir de création et son existence en elle-même.


La préexistence de la parole

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. (1.1,2)


Le mot archê (commencement) peut vouloir dire « source » ou « origine » (voir Col 1.18 ; Ap 3.14), ou encore « règne », « autorité », « dirigeant » ou « quelqu’un en autorité » (voir Lu 12.11 ; 20.20 ; Ro 8.38 ; 1 Co 15.24 ; Ep 1.21 ; 3.10 ; 6.12 ; Col 1.16 ; 2.10,15 ; Tit 3.1). Ces deux connotations sont vraies au sujet de Christ, qui est à la fois le Créateur de l’univers (v. 3 ; Col 1.16 ; Hé 1.2) et celui qui le dirige (Col 2.10 ; Ep 1.20-22 ; Ph 2.9-11).


Cependant, le mot archê désigne ici le commencement de l’univers dépeint dans Ge 1.1.


Jésus-Christ existait (était) déjà lorsque les cieux et la terre ont été créés ; ainsi donc, il n’est pas un être créé, il existe de toute éternité. (Depuis que les temps ont commencé, lors de la création de l’univers physique, tout ce qui existait avant cette création est éternel). « Le Logos [Parole] n’a pas commencé à être, mais au moment où toute autre chose a commencé à être, il était déjà. Au commencement, peu importe à quand cela remonte, la Parole existait déjà. Autrement dit, le Logos est antérieur au temps, donc éternel » (Marcus Dods, « John », dans W. Robertson Nicoll, éd., The Expositors’ Bible Commentary, réimpr., Peabody, Mass., Hendrickson, 2002, vol. 1, p. 683, italiques dans l’original). Cette vérité fait la preuve définitive de la divinité de Christ, car seul Dieu est éternel.


Le temps imparfait du verbe eimi (était), qui décrit une action continue appartenant au passé, vient étayer la préexistence éternelle de la Parole. Il indique que Jésus-Christ existait continuellement avant le commencement.


Fait plus important encore : Jean emploie le terme eimi plutôt que ginomaiest devenu »). Ce dernier terme désigne les choses qui en viennent à exister (voir 1.3,10,12,14). Si Jean avait employé le terme ginomai, il aurait laissé entendre que la Parole en est venue à exister au commencement, avec le reste de la création. Cependant, eimi insiste sur le fait que la Parole a toujours existé ; il n’y a jamais eu de moment où son existence a commencé.


Le concept de la Parole (logos) est riche en signification tant pour les Juifs que pour les Grecs. Pour les philosophes grecs de l’époque, le logos est le principe impersonnel et abstrait de raison et d’ordre qui régit l’univers. Il s’agit, dans un sens, d’une force créatrice, ainsi que de la source de la sagesse. Il se peut que le Grec moyen ne comprenne pas alors toutes les nuances de la signification que les philosophes prêtent au terme logos. Reste que pour les profanes ce terme désignerait l’un des principes les plus importants dans l’univers.


Aux Grecs, Jean présentera donc Jésus comme la personnification et l’incarnation du logos. Contrairement au concept grec, toutefois, Jésus n’est pas une source, une force, une émanation ou un principe impersonnel. En lui, le vrai logos qui est Dieu s’est fait homme, un concept étranger à la pensée grecque.


Cependant, le logos n’est pas simplement un concept grec. La parole de l’Éternel est également un thème important de l’Ancien Testament, bien connu des Juifs. La parole de l’Éternel est l’expression de la puissance et de la sagesse divines. Par sa Parole, Dieu a établi son alliance avec Abraham (Ge 15.1), il a donné à Israël les dix commandements (Ex 24.3,4 ; De 5.5 ; voir aussi Ex 34.28 ; De 9.10), il a dirigé la construction du temple de Salomon (1 R 6.11-13), il a révélé Dieu à Samuel (1 S 3.21), il a prononcé un jugement contre la maison d’Éli (1 R 2.27), il a conseillé Élie (1 R 19.9s), il a dirigé Israël par l’intermédiaire du porte-parole de Dieu (voir 1 S 15.10s ; 2 S 7.4s ; 24.11s ; 1 R 16.1-4 ; 17.2-4,8s ; 18.1 ; 21.17-19 ; 2 Ch 11.2-4), il était l’agent de la création (Ps 33.6) et il a révélé l’Écriture aux prophètes (Jé 1.2 ; Éz 1.3 ; Da 9.2 ; Os 1.1 ; Joë1.1 ; Jon 1.1 ; Mi 1.1 ; So 1.1 ; Ag 1.1 ; Za 1.1 ; Mal 1.1).


Jean présente Jésus à ses lecteurs juifs en tant qu’incarnation de la puissance et de la révélation divines. Il a établi la nouvelle alliance (Lu 22.20 ; Hé 9.15 ; 12.24), il instruit les croyants (Jn 10.27), il les unit au sein d’un temple spirituel (1 Co 3.16,17 ; 2 Co 6.16 ; Ep 2.21), il révèle Dieu aux hommes (Jn 1.18 ; 14.7-9), il juge ceux qui le rejettent (Jn 3.18 ; 5.22), il dirige l’Église par l’intermédiaire de leaders qu’il suscite (Ep 4.11,12 ; 1 Ti 5.17 ; Tit 1.5 ; 1 P 5.1-3), il a été l’agent de la création (Jn 1.3 ; Col 1.16 ; Hé 1.2) et il a inspiré les textes scripturaires aux auteurs néotestamentaires (Jn 14.26) par le Saint-Esprit qu’il nous a envoyé (Jn 15.26). En tant que Parole faite chair, Jésus-Christ est la parole finale donnée à l’humanité : « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils » (Hé 1.1,2a).


Ensuite, Jean pousse son argument un pas plus loin, en disant que, dans sa préexistence éternelle, la Parole était avec Dieu, c’est-à-dire déjà au commencement. Il est difficile de rendre toute la richesse de l’expression grecque (pros ton theon). La signification de cette expression dépasse de beaucoup le simple fait que la Parole existait avec Dieu ; elle « [illustre] deux êtres se faisant face et engageant une conversation intelligente » (W. Robert Cook, The Theology of John, Chicago, Moody, 1979, p. 49). De toute éternité, Jésus, en tant que deuxième personne de la Trinité, est « auprès du Père [pros ton patera] » (1 Jn 1.2), jouissant avec lui d’une communion profonde et intime. L’expression pros ton theon serait peut-être le mieux rendue par « face à face ». La Parole est une personne, non un attribut de Dieu ou une émanation de lui. De plus, il est de la même essence que le Père.


Toutefois, dans un geste d’une compassion infinie, Jésus a quitté la gloire des cieux et le privilège de communier face à face avec son Père (voir Jn 17.5).


C’est de son plein gré qu’il « s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; [...] il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2.7,8). E. Tissot-Robert a bien rendu un élément de cette merveilleuse vérité dans son cantique bien connu « Jésus m’a tant aimé » :

Le Fils de Dieu vint sur la terre

Mourir pour moi car il m’aimait ;

Est-il de plus profond mystère,

D’amour plus grand et plus parfait.

Jésus m’a tant aimé.

Il fut pour moi crucifié, Jésus m’a tant aimé.


La description que Jean fait de la Parole prend tout son sens dans la troisième proposition du verset introductif à l’étude. Non seulement la Parole existe de toute éternité et jouit d’une communion face à face avec Dieu le Père, mais aussi la Parole était Dieu au commencement déjà. Cette simple affirmation, de quatre mots seulement tant en français qu’en grec (theos ên ho logos), est peut-être la déclaration la plus claire et la plus directe de la divinité du Seigneur Jésus-Christ que l’on puisse trouver dans toute l’Écriture.


Cependant, en dépit de sa clarté, les groupes hérétiques déforment le sens de ces mots, presque depuis l’instant où Jean les a mis par écrit, afin d’étayer leurs fausses doctrines au sujet de la nature du Seigneur Jésus-Christ. Faisant remarquer que le terme grec theos (Dieu) n’est pas précédé par un article défini, certains prétendent qu’il s’agit d’un substantif indéfini et qu’il rend erronément l’expression « la Parole était divine » (c’est-à-dire qu’elle ne possède que certaines des qualités de Dieu) ou, plus répugnant encore, que « la Parole était un dieu ».


L’absence d’article devant theos, toutefois, ne rend pas ce mot indéfini. Le mot logos (Parole) possède l’article défini pour indiquer qu’il s’agit du sujet de la phrase (étant donné qu’il se trouve dans le même cas que theos). Ainsi donc, on aurait tort de rendre cette expression grecque par « Dieu était la Parole », puisqu’elle a pour sujet « la Parole » et non « Dieu ». Cette interprétation serait également fausse sur le plan théologique, car elle établirait un rapport d’égalité entre le Père (« Dieu » avec qui la Parole était dans la proposition précédente) et la Parole, niant ainsi qu’il s’agit de deux personnes différentes. Le nominatif prédicat (Dieu) décrit la nature de la Parole, démontrant ainsi que Dieu est de la même essence que le Père (voir H. E. Dana et Julius R. Mantey, A Manual Grammar of the Greek New Testament, Toronto, MacMillan, 1957, p. 139-140 ; A. T. Robertson, The Minister and His Greek New Testament, réimpr., Grand Rapids, Baker, 1978, p. 67-68).


Conformément aux règles de la grammaire grecque, lorsque le nominatif prédicat (Dieu, dans la proposition à l’étude) précède le verbe, on ne peut le considérer comme indéfini (et donc être rendu par « un dieu » plutôt que Dieu) simplement parce qu’il ne possède pas l’article. Le fait que le terme Dieu soit défini et désigne le Dieu véritable est évident pour plusieurs raisons. Premièrement, theos apparaît sans l’article défini quatre autres fois dans le contexte immédiat (v. 6,12,13,18 ; voir aussi 3.2,21 ; 9.16 ; Mt 5.9). Pas même la traduction déformée des Témoins de Jéhovah ne rend le mot grec theos par « un dieu » dans les versets qui nous intéressent ici.


Deuxièmement, si Jean avait voulu dire que la Parole est divine, ou un dieu, il lui aurait été possible de l’écrire en termes on ne peut plus clairs. Par exemple, s’il avait voulu dire que la Parole est simplement divine à certains égards, il aurait pu employer l’adjectif theios (voir 2 P 1.4). N’oublions pas que, comme Robert L. Reymond le fait remarquer, « [aucun] lexique grec standard n’offre “divin” comme signification de theos, pas plus que le substantif ne devient adjectif lorsqu’il “perd” son article » (Jesus, Divine Messiah, Phillipsburg, New Jersey, Presb. & Ref., 1990, p. 303). Ou encore, s’il avait voulu dire que la Parole est un dieu, il aurait pu écrire ho logos ên theos. Or, si Jean avait écrit ho theos ên ho logos, les deux substantifs (theos et logos) seraient interchangeables, et Dieu et la Parole seraient identiques.


Cela aurait signifié que le Père est la Parole, ce qui, comme nous l’avons mentionné précédemment, nierait la Trinité. Leon Morris demande d’ailleurs, pour la forme : « Comment, en grec, pourrait-on rendre autrement [sinon par theos ên ho logos] “la Parole était Dieu” ? » (The Gospel According to John, The New International Commentary on the New Testament, Grand Rapids, Eerdmans, 1979, no 15, p. 77).


Sous l’inspiration du Saint-Esprit, Jean choisit la formulation exacte pour véhiculer avec justesse la vraie nature de la Parole, Jésus-Christ. « Par l’emploi de theos sans l’article, Jean n’indique ni d’une part l’identité de la personne avec le Père, ni de l’autre une quelconque nature inférieure à celle de Dieu lui-même » (H. A. W. Meyer, Critical and Exegetical Hand-Book to the Gospel of John, réimpr., Winona Lake, Indiana, Alpha, 1979, p. 48).


Pour souligner leur importance, Jean réaffirme les vérités profondes du verset 1 dans le verset 2. Il insiste de nouveau sur le caractère éternel de la Parole ; [elle] était au commencement, lorsque tout le reste était en cours de création. Comme ce fut le cas dans le verset 1, le temps imparfait du verbe eimi (était) décrit l’existence continue de la Parole avant le commencement. De plus, comme Jean l’a aussi fait remarquer dans le verset 1, cette existence en est une de communion intime avec Dieu le Père.


La vérité de la divinité de Jésus-Christ et de sa pleine égalité avec le Père est un élément non négociable de la foi chrétienne. Dans sa deuxième épître, au verset 10, Jean fait la mise en garde suivante : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine [la doctrine biblique au sujet de Christ ; voir v. 7,9], ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! » Les croyants ne doivent pas aider les faux enseignants hérétiques d’une quelconque manière, y compris nourrir et héberger ceux qui blasphèment contre Christ, car celui qui agit ainsi « participe à [leurs] mauvaises œuvres » (v. 11). Un tel comportement, qui semble peu charitable, est parfaitement justifié dans le cas des faux enseignants qui nient la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ et de l’Évangile, car ils sont sous la malédiction de Dieu : Non pas qu’il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent altérer l’Évangile de Christ. Mais, si nous-mêmes, si un ange du ciel annonçait un évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un évangile s’écartant de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! (Ga 1.7-9).


Pour mettre en lumière leur funeste menace, tant Paul (Ac 20.29) que Jésus (Mt 7.15) décrivent les faux enseignants comme des loups déguisés en brebis. On ne doit pas les accueillir dans la bergerie, mais plutôt se protéger contre eux et les éviter.


Toute confusion au sujet de la divinité de Christ est inexcusable, car l’enseignement biblique ayant pour thème cette divinité est clair et indéniable. Jésus-Christ est la Parole éternellement préexistante, qui jouit pleinement d’une communion face à face et d’une vie divine avec le Père, et qui est elle-même Dieu.


A bientôt...


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