LA JUSTIFICATION PAR LA FOI

Savez-vous ce que nous devons à la Réforme protestante du 16ème siècle ? De découvrir la vérité de la justification par la foi ! Hélas, de nombreux croyants aujourd’hui ne saisissent pas l’importance de cette révélation, à savoir : que Dieu nous déclare juste sur la base de notre confiance placée dans l’œuvre de salut accompli par Jésus. Je vous propose de prendre le temps de considérer cette puissante vérité, et il n’y a pas de meilleur endroit pour le faire, que de nous tourner vers la lettre de Paul aux Romains. Lisons donc dans Ro 3.21-26 :

21 Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes,

22 justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction.

23 Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ;

24 et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.

25 C’est lui que Dieu a destiné à être par son sang pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience ;

26 il montre ainsi sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus.

Un des plus grands problèmes de l’homme, c’est le sentiment de culpabilité, surtout lorsqu’il n’en est pas conscient, c’est-à-dire qu’il ne sait pas qu’il se sent coupable de quelque chose. Il y a certains signes qui indiquent qu’il peut y avoir une culpabilité cachée dans l’inconscient, mais la personne ne sait pas qu’elle se sent coupable au plus profond de son cœur.


Parmi ces signes, nous pourrions citer « la dépression » qui est une maladie de l’esprit très répandue. Il y a aussi tous les déséquilibres intérieurs au niveau de la pensée et des émotions... Il paraît que si l’être humain était guéri de toute culpabilité, les hôpitaux psychiatriques seraient à moitié vide ! Cela prouve que le sentiment de culpabilité est à l’origine de nombreux désordres mentaux.


La culpabilité est un sentiment universel qui n’épargne personne : riches et pauvres, petits et grands. Cela est dû au fait que l’homme est « coupable » devant Dieu, et que cette culpabilité a pour origine le péché. C’est ce qu’affirme l’apôtre au v.23 : Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu


C’est le verdict de Dieu pour toute l’humanité : tous les hommes sont pécheurs et séparés de Dieu, et c’est cette séparation qui produit ce sentiment de culpabilité dont on n’est pas toujours conscient. Le principal problème de tout individu sur terre, c’est le péché qui le sépare de Dieu. Aucune religion ne peut régler le problème du péché, et aucun homme ne peut se débarrasser de ses péchés par lui-même.

Job 25.4 : Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? Comment celui qui est né de la femme serait-il pur ?


La réponse à cette double question est la même : NON, l’homme n’est ni juste, ni pur ! Et s’il essaie d’être juste par ses propres efforts et par sa religion, voici ce que Dieu lui dit dans Es 64.5 : Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. Le mot hébreu pour « vêtement souillé » est celui qui sert à désigner les tissus que les femmes utilisaient autrefois pour se protéger pendant leur menstruation. Ce qui montre bien ce que Dieu pense des rituels que nous accomplissons, en pensant qu’ils nous rendront plus justes à ses yeux...


Dieu avait donné la Loi de Moïse à Israël pour lui apprendre à s’approcher de lui. Or, pour s’approcher de Dieu, il fallait offrir des animaux en sacrifice, afin d’obtenir le pardon des péchés. Cependant, même si ces sacrifices permettaient aux israélites de s’approcher de Dieu, ils ne réglaient pas le problème du péché et de la culpabilité dans leurs consciences selon He 10.2-4 :

2 Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, puisque ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés ?

3 Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices ;

4 car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés.


L’incapacité de la Loi de Moïse de soulager la conscience du sentiment de culpabilité, est l’image de l’échec de toute religion, de tous rituels ou de toute spiritualité, d’apaiser la conscience de l’homme. Mais, grâce à Dieu, nous avons le message de l’Evangile ! L’Evangile c’est notre seule issue de secours face au problème de la culpabilité universelle, qui est le résultat du péché. C’est la raison pour laquelle Paul déclare au v.21 : Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes


L’apôtre Paul introduit une notion de contraste avec la Loi de Moïse et toutes les autres religions : mais maintenant. Il y a un changement : l’homme pécheur peut être libéré de sa culpabilité. Comment cela est-il possible ? Parce que face à notre impossibilité de devenir justes devant Dieu, Dieu lui-même nous donne sa justice, afin que nous puissions être justes à ses yeux. Il pourvoit lui-même à la justice qu’il exige de nous. Et cette justice que Dieu nous donne est « sans la loi », c’est-à-dire qu’elle ne dépend pas des efforts religieux que nous pourrions faire pour essayer d’être justes.


Cette justice, dont Dieu a parlé dans l’Ancien Testament par la loi et les prophètes, elle est maintenant manifestée, c’est-à-dire révélée et donnée à l’homme pécheur, sans qu’il ne fasse une œuvre quelconque. Mais comment l’homme peut-il recevoir la justice de Dieu sans rien faire de spécial, c’est-à-dire sans accomplir le moindre devoir religieux pour mériter cette justice ? La suite du texte nous dit comment au v.22 : Justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction. Parce que Dieu leur donne cette justice par la foi en Jésus-Christ. Il suffit que les pécheurs croient dans la personne et l’œuvre de Jésus pour que Dieu leur accorde sa propre justice.


Paul dit qu’il n’y a pas de distinction, c’est-à-dire que quelle que soit notre race, notre statut social ou notre religion, il n’existe qu’une seule façon de recevoir la justice de Dieu : par la foi en Jésus-Christ. L’homme est tellement corrompu par le péché, que seule la foi en Jésus-Christ peut le sauver. Si c’est 99% Jésus et 1% l’homme, alors il est perdu et en route vers l’enfer. C’est 100% Jésus, ou rien du tout...


Si vous pensez que parce que vous venez à l’église, que vous donnez votre offrande, que vous priez, cela signifie que vous irez au ciel, vous vous trompez, tant que votre foi n’est pas uniquement en Jésus ! Lorsqu’un individu comprend que ni l’église, ni ses actions pour l’église, ni son pasteur, ni son prêtre, ne le sauveront de la condamnation éternelle, et qu’il place sa confiance uniquement en Jésus, voici ce qui se passe, selon le v.24 : et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.


Résumons ce que nous avons dit jusque-là : l’homme est irrémédiablement pécheur, ce qui produit un sentiment de culpabilité qui le sépare de Dieu et le prédispose pour l’enfer. Il ne peut être juste devant Dieu par sa propre justice ou ses efforts personnels, il faut que Dieu lui donne sa propre justice. Cette justice divine est reçue par la foi seule en Jésus-Christ. Et lorsque cette justice divine est reçue par la foi en Jésus seul, les hommes pécheurs sont alors justifiés par sa grâce.


Dans la Bible, être justifié ne veut pas dire être rendu juste, ou changer et devenir meilleur. Non, pas du tout ! Cette transformation positive et progressive existe bel et bien, mais il ne s’agit pas de la justification. Ce changement est désigné par le terme de sanctification. La justification, c’est-à-dire « être justifié », signifie « être établi dans une position juste et déclaré comme étant juste ». Laissez-moi vous illustrer ce principe par son opposé : la condamnation. Nous lisons dans De 25.1 : Lorsque des hommes, ayant entre eux une querelle, se présenteront en justice pour être jugés, on absoudra l’innocent, et l’on condamnera le coupable.


Quand ce verset dit que l’on condamnera le coupable, cela ne veut pas dire qu’on va « le rendre coupable », mais plutôt qu’on va « le déclarer coupable », et appliquer la sentence que mérite sa culpabilité. C’est clair, n’est-ce pas ? Eh bien de la même façon, « justifier un pécheur » ne veut pas dire « le rendre juste », mais « le déclarer juste en l’établissant dans une position de juste devant Dieu ».


Cette position de juste n’est pas le résultat de nos actions, mais c’est le produit de la grâce de Dieu, c’est-à-dire de ce que nous ne méritons pas, mais que Dieu fait par bienveillance. Mais comment Dieu a-t-il pu nous établir dans une position de juste que nous ne méritons pas ? Il l’a fait en exécutant deux actions simultanées que nous révèle l’apôtre Paul dans 2 Co 5.21 : Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. Voici quelles sont ces deux actions simultanées :

1) Dieu prend nos péchés et les transfert sur Jésus.

2) Dieu prend la justice de Jésus et la transfert sur nous.


Il s’agit d’un échange divin opéré par Dieu, sans que nous ayons la moindre part à faire. Nous nous trouvons même devant une opération de débit/crédit. Le débit, ce sont nos péchés. Le crédit, c’est la justice de Jésus. Ou si vous préférez, nous expérimentons une opération de perte et profit : la perte, c’est le transfert de nos péchés sur Jésus ; le profit, c’est le transfert de la justice de Jésus sur nous. Mais comment Dieu a-t-il accompli cet échange ? Notre v.24 le précise pour nous : le moyen que Dieu a utilisé, c’est « la rédemption qui est en Jésus-Christ ». Ce mot signifie que Jésus a payé un prix pour que nous soyons rachetés du marché des esclaves.


De quel prix s’agit-il ? C’est tout logiquement que le v.25 déclare : C’est lui que Dieu a destiné à être par son sang pour ceux qui croiraient victime propitiatoire... En d’autres mots, le prix que Jésus a payé pour nous racheter du marché des esclaves du péché et de la mort éternelle, c’est sa mort sur la croix, où il est devenu une victime propitiatoire. Voilà encore une expression qui nécessite une explication, et je la ferai courte : cela signifie qu’il n’est pas mort par accident ou en martyr, mais qu’il s’est volontairement sacrifié à notre place, afin d’apaiser la colère de Dieu, et d’attirer sur nous sa faveur.


Trop de gens, et trop de chrétien, semblent encore ignorer que Dieu est en colère contre l’humanité pécheresse. Il y a un évangile qui prétend que Dieu est bien disposé envers l’homme, mais ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas ce que dit la Bible. En fait, elle dit le contraire. Regardez par exemple Ro 2.5 : Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu. Et encore Jn 3.36 : Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.


Pour résumer : si quelqu’un ne se soumet pas à Jésus, quand bien même il fréquente une église ou pratique une religion quelconque, la colère de Dieu demeure sur lui, et il ne cesse d’augmenter le poids de la colère de Dieu contre lui. Ce n’est que la mort de Jésus à la croix qui satisfait la colère de Dieu, aussi bien pour ceux qui ont vécu avant Golgotha, que pour ceux qui vivent après Golgotha. C’est le message contenu dans les v.25-26 :

25 ... Afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience ;

26 il montre ainsi sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus.


Avant la croix, c’était le temps de sa patience, c’est-à-dire que Dieu recouvrait les péchés, mais ne les effaçait pas, car le sang des animaux ne pouvait pas le faire. Tous les péchés de toute l’humanité restaient impunis, parce que aucun sacrifice d’animaux ne pouvait satisfaire la justice de Dieu. Dieu faisait donc preuve de patience jusqu’à la venue de Jésus.


Mais lorsque Jésus a donné sa vie en sacrifice à la croix, Dieu a fait tomber sur lui sa colère, afin de pouvoir justifier tous les pécheurs qui se confient en Jésus, tout en continuant d’être juste lui-même. Cela signifie que Dieu ne peut pas déclarer juste des pécheurs, si le châtiment qu’ils méritent, ne tombe pas sur quelqu’un qui subit la condamnation à leur place. Et Jésus a subi cette condamnation... Que son nom soit béni !


Quand Jésus meurt sur la croix de Golgotha, Dieu montre sa justice en faisant tomber sa colère sur le coupable, tout en justifiant les pécheurs, de sorte que personne ne peut l’accuser de faiblesse. C’est pourquoi, l’apôtre Paul dira dans Ro 8.1 : Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. S’il n’y a plus de culpabilité, il n’y a plus de condamnation.


Chers amis, si vous êtes en Jésus-Christ, c’est-à-dire unis à lui par la foi, vous être libres de toute condamnation. En d’autres mots, vous être déclaré justes aux yeux de Dieu, il ne vous tient plus pour coupables. Vous entrez alors dans une relation juste et harmonieuse avec Dieu, et cela ne peut pas rester sans effet. Dans un prochain article, nous verrons comment cette absence de condamnation se manifeste.


A bientôt...



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