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LES BALISES DE LA ROUTE DE L'ORGUEIL - 2ème PARTIE

Lisons une nouvelle fois le texte qui a introduit la première partie de notre article, 1 P 5.5 : De mêmes, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles (5.5). Gardez toujours présent à l’esprit que Dieu résiste aux orgueilleux. Ecoutez bien ceci : un croyant peut être très pieux, posséder une grande connaissance de la Bible, être engagé dans les différentes activités de son église, donner beaucoup de temps à la prière et au jeûne, mais s’il est orgueilleux, Dieu lui résistera...


Cela signifie qu’il verra peu d’exaucement à ses prières et qu’il y aura une augmentation de problèmes difficiles à résoudre dans sa vie. Il ressentira aussi une insuffisance de faveur dans tout ce qu’il entreprend, et la plupart de ses objectifs seront péniblement atteint ou se solderont par l’échec. Sa vie, d’une manière générale, sera déficitaire. Mais attention ! Je ne suis pas en train de dire que toute souffrance est dû à la présence de l’orgueil dans un cœur. Non, absolument pas ! Il peut y avoir de multiples causes, et il serait sage de demander au Seigneur sa lumière pour les surmonter. Cependant, nous ferions bien de détecter si oui ou non, nous sommes sur la route de l’orgueil, car cela affectera notre vie d’une manière ou d’une autre.

Je vous rappelle la définition que Le Larousse en ligne donne de l’orgueil : il s’agit « d’un sentiment exagéré de sa propre valeur, une estime excessive de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres ». Les mots qui lui sont associés sont : arrogance, fierté, vanité et prétention. En lisant ce qui précède, vous avez peut-être envie de me dire : « Oh non, je ne suis pas comme ça, ces termes ne me décrivent pas ! ». Je vous crois. Toutefois, sachez que l’orgueil est très subtil, et qu’il s’infiltre facilement si nous baissons la garde et manquons de vigilance. N'oublions pas que parmi les trois péchés qui mènent le monde, se trouve l’orgueil car 1 Jn 2.16 dit : Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde.


Il faut absolument faire échec à l’orgueil. C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler sur ce sujet. Je souhaite dans cet article poursuivre la réflexion entamé précédemment sur les balises de la route de l’orgueil. Il s’agit de panneaux indicateurs qui signalent que nous avons emprunté la route de l’orgueil. Nous en avons déjà souligné deux :

Balise N°1 : L’ardent désir de reconnaissances humaines


Balise N°2 : L’habitude de compter les points

Je vous renvoie vers la première partie de cet article pour le développement de ces deux points. Passons tout de suite au suivant :


Balise N°3 : Cultiver le complexe du créateur

Nous savons que nous avons le complexe du créateur lorsque nous commençons à évaluer la vie et les actes des autres personnes, en les comparant à ce que nous sommes et à ce que nous faisons. Cela provient d’un sentiment exagéré de sa propre valeur, ce qui est la définition même de l’orgueil, souvenez-vous. Dans la mesure où les autres font les choses différemment de nous, nous avons tendance à les considérer comme nous étant inférieurs. Oh ! bien sûr, nous ne le disons pas haut et fort, mais nos actes le démontrent. Comment ? Cela peut prendre différentes formes, mais je ne citerai que quelques exemples pour vous en donner une idée plus claire.


Si nous nous mettons en colère lorsque la personne d’en face n’accepte pas notre perspective, notre façon de comprendre et d’aborder les choses, alors c’est un signe de la présence du complexe du créateur. « Comment peut-elle refuser d’être d’accord avec moi, ne voit-elle pas que j’ai raison ? » Voilà comment pense celui qui est fâché contre qui résiste à son point de vue. Le moindre opposition à sa façon de voir et d’interpréter les choses, soulève un bouclier de colère, lequel débouche sur des réactions incontrôlées : bouderie, cris, pleurs, gestes violents, menaces verbales, départ précipité, isolement volontaire, etc.


Si nous nous braquons sur notre position, et manifestons une absence totale de consensus, nous sommes atteints du complexe du créateur. Nous sommes persuadés d’avoir raison, et celui qui ne s’aligne pas sur notre opinion a forcément tort. Nous sommes notre propre référence, ce qui signifie que si nous pensons de cette façon, c’est la bonne, il ne peut en être autrement. Nous nous installons mentalement sur un trône et nous régnons. Personne n’a le droit de contrer nos décisions et nos jugements. Nous souffrons d’une terrible incapacité à nous remettre en question, nous ne pouvons pas prendre du recul sur ce que nous pensons : nous avons raison, un point c’est tout ! Je vous laisse imaginer la misère morale et spirituelle d’une telle personne...


Un dernier exemple pour illustrer notre propos : nous essayons de changer les autres et de les transformer à notre propre image, car nous pensons être le modèle qu’il leur faut. Remarquez : il n'y a pas de mal à créer des gens à notre image, si nous sommes Dieu ! Mais si nous ne sommes pas Dieu et que nous essayons de transformer les autres à notre propre image, alors nous jouons à être Dieu, même de façon inconsciente... Combien de maris veulent changer leurs femmes ? Et combien de femmes veulent changer leurs maris ? Hélas ! Cela empire souvent quand survient la conversion à Christ : on veut que le conjoint devienne chrétien comme nous et vite, de préférence, alors on fait pression sur lui. Je vais être franc avec vous : c’est un symptôme du complexe du créateur, et non le souci du salut de son âme.


J'ai découvert qu'il y a une ligne très fine entre remplir une responsabilité quelconque et succomber au complexe du créateur. Cela peut être encore plus vrai dans le domaine chrétien. Beaucoup de dirigeants d’église veulent être comme l'apôtre Paul et dire à ceux qui sont sous leur direction spirituelle : Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs (1 Cor. 4:16). En y réfléchissant bien, si le pasteur ne peut pas dire cela, il ne peut pas vraiment être le leader ou le modèle qu’il est censé être. Un homme de Dieu ne peut pas garder son intégrité et en même temps suggérer à ceux qui le suivent : « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ! » C’est un non-sens. Mais alors surgit le dilemme qu’il faut gérer intelligemment : Faire en sorte que les gens suivent son exemple tout en évitant le complexe du créateur.


Nous touchons ici un point sensible du leadership chrétien : comment être un modèle sans tomber dans le complexe du créateur ? La vérité fondamentale à garder en mémoire c’est qu'un modèle n'est que cela : un exemple personnel que les autres peuvent suivre s'ils choisissent de le faire. C'est ce que signifie la déclaration de Paul : « soyez mes imitateurs ». En d’autres termes : « Je vous offre un modèle qui peut vous être utile si vous le voulez ». Mais le complexe du créateur entre en action lorsque nous allons plus loin, et que nous commençons à évaluer la valeur et la dignité d'un individu en fonction de la mesure selon laquelle il nous prend comme exemple à suivre. Cela transforme une suggestion ou un conseil en contrainte et en manipulation, et la ligne a été franchie vers le complexe du créateur. Nous sommes dès lors sur la route de l’orgueil.


Balise N°4 : Se réjouir des échecs des autres

Habituellement, on ne le verbalise pas publiquement, mais ça arrive que ça sort quand même, surtout en comité privé. C’est parfois maladroitement emballé de la façon suivante : « Je ne devrais pas le dire, mais je m’attendais à ce qu’il échoue, et quelque part ce n’est que justice, car il n’a pas mal de choses à se reprocher... » Je suis sûr que vous voyez de quoi je parle. Qui n'a pas connu la tentation de se réjouir des échecs des autres ? Bien sûr, cela s’accompagne de son frère jumeau : éprouver du ressentiment devant le succès des autres ? Ce sentiment est amplifié lorsque cela concerne ceux que nous considérons comme nos ennemis.


Disons les choses comme elles sont : le terreau qui nourrit cette racine d'orgueil est la compétition charnelle. Ceci étant dit, admettons qu'il existe de nombreux domaines de la vie où la compétition est saine, ce qui signifie que la compétition en soi n'est pas nécessairement mauvaise. En fait, comme l’argent, la compétition est neutre : tout dépend ce que nous en faisons... Je crois aux mérites d'une société de libre entreprise, et celle-ci repose sur l'hypothèse que la concurrence tend à augmenter la quantité ainsi que la qualité des biens et des services offerts.


Cependant, parmi les dirigeants chrétiens, la compétition personnelle est mauvaise. C'est là que la compétition peut devenir charnelle. L'enseignement biblique selon lequel « L'œil ne peut pas dire à la main: Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous. » (1 Co 12.21), est une interdiction générale de toute compétition dans la sphère chrétienne. Si les prédicateurs jouent au tennis ou au football entre eux, la compétition dans ces domaines est acceptable, mais l'idée qu'un ministère (ou une église) se développe au détriment d'un autre, est une porte grande ouverte à l'orgueil de la part des dirigeants impliqués.


Y a-t-il des pasteurs qui se sentent bien quand une autre église de la ville ou de la région où ils travaillent, subit une scission fatale ? Y a-t-il des responsables d’œuvre chrétienne qui se réjouissent secrètement d'apprendre qu'une œuvre similaire a des problèmes financiers et ne peut pas faire face à ses échéances ? Malheureusement, nous savons qu'il n'est pas rare que les pasteurs et les responsables d’œuvres nourrissent de tels sentiments. La raison de ce sentiment est le sens impie de la compétition, accompagné de l'idée que la perte de l’un est le gain de l’autre.


Vous arrive-t-il d'être irrité lorsque quelqu'un d'autre reçoit une bénédiction extraordinaire ? Si c'est le cas, prenez-le comme quelqu'un qui brandit devant vous la quatrième balise de la route de l’orgueil, et faites demi-tour. Renouvelez votre intelligence par la Parole de Vie. Ne permettez jamais à votre esprit de mépriser le gain d'une autre personne. Réjouissez-vous lorsqu'un ami achète une voiture neuve et plus grande, lorsqu'il est invité à un évènement important, lorsque l'assistance à son culte

est supérieure à la vôtre, et lorsqu'il réussit là vous semblez avoir échouer... Oui, réjouissez-vous !


Un auteur chrétien va même plus loin en suggérant que lorsque vous vous trouvez dans une situation de compétition, vous devriez prier pour que l'autre personne soit plus remarquable, plus reconnue et plus utilisée par Dieu. Si vous faites cela sincèrement, vous apprendrez véritablement ce que Paul préconise dans Ph 2.3 : Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. L'humilité consiste aussi à accepter d'être sous-estimé ou négligé, et de ne pas en éprouver du ressentiment. Cela nécessite une prise de conscience des pièges de l’ego, et un renoncement profond dans le cœur par rapport à toute tentative de prouver qui l’on est. Celui qui agit ainsi vit dans le vrai lâcher-prise.


La personne humble ne laisse ni jalousie ni envie prendre le dessus dans son cœur. Elle peut louer Dieu lorsque d'autres lui sont préférés. Elle peut supporter d’être oubliée, parce qu'en présence de Dieu, elle a appris à dire avec Paul : Je n'ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien (2 Co 12.11). Atteindre ce stade de la vie de la foi est un signe d’une authentique croissance spirituelle qui, je le rappelle, ne consiste pas dans l’augmentation de la connaissance de la Bible, mais dans la transformation positive de notre caractère et de notre personnalité, ainsi que dans la perte de suprématie de l’ego.


Balise N°5 : Se défendre compulsivement contre les critiques

L'un des signes évidents que nous sommes sur la route de l'orgueil, concerne la façon dont nous réagissons aux critiques. Par définition, la critique est émotionnellement pénible. La réponse naturelle aux critiques est de se défendre. Lorsque les critiques nous disent que nous avons tort, nous nous sentons obligés de prouver que nous avons raison. C’est un réflexe humain. C’est naturel...mais ce n’est pas spirituel !


Quand cela arrive, nous essayons de nous mettre en valeur en prouvant que ceux qui nous critiquent ont tort. Lorsque nous adoptons cette approche, même si nous réussissons, il n'y a pas de gagnant. Nous sommes tous deux perdants. Nous perdons parce que nous avons succombé à l'orgueil. Nous sommes tous coupables de cette réaction de défense. Mais avec le temps, il est possible de s’améliorer. Ne perdez pas espoir. Vient le moment où on accepte que la critique fait partie de notre fonctionnement d’êtres humains : quoi que l’on fasse, il y aura toujours quelqu’un pour nous critiquer. Plus tôt on l’acceptera, mieux on s’en portera.


Il est préférable de laisser les critiques s'exprimer. N’attendons pas une monde sans critiques, c’est une illusion. Pour commencer, nous devrions laisser une ouverture dans notre esprit pour la possibilité que ceux qui nous critiquent, puissent avoir raison. Eh oui ! Mais cela peut prendre du temps. Lorsque nous entendons la critique pour la première fois, nous pouvons être trop bouleversés pour l'absorber et y réagir sereinement. Mais nous devrions toujours la traiter au fil du temps, avant de décider si la critique est justifiée ou non. Si elle l'est, nous ne devons pas hésiter à l'admettre et à remercier notre critique de nous aider à mieux réfléchir. Si la critique est injustifiée, pourquoi ne pas continuer à vivre et à prier pour que Dieu bénisse celui ou celle qui a formulé la critique ? Oh, ce n’est pas facile, car on a tendance à vouloir se défendre et à remettre l’autre à sa place. Combien de fois ai-je succombé à cette tentation ? Je prie et je fais de mon mieux pour réagir autrement...


La question est de savoir comment nous devrions réagir face à la critique lorsqu’elle arrive, afin de ne pas progresser sur la route de l’orgueil ? Permettez-moi de partager très brièvement avec vous six stratégies bibliques pour gérer les critiques afin de faire obstacle à l’orgueil.


1) Admettez-le quand vous avez eu tort. Essayons de considérer chaque critique raisonnable comme une chance de revoir notre position. Cette attitude s’accorde parfaitement avec Pro 28.13 : Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.


2) Faites de la critique un outil de renforcement. Vous savez que la critique finit toujours par arriver, alors canalisez-la selon Pr 15.32 : Celui qui rejette la correction méprise son âme, Mais celui qui écoute la réprimande acquiert l'intelligence.


3) Anticipez les critiques spécifiques. Lorsque vous faites quelque chose, faites-le en connaissance de cause, ce qui devrait inclure les éventuels désaccords de ceux qui vous entourent et vous connaissent. Pensez aux arguments qu’on vous opposera, et préparez vos contre-arguments en veillant à les présenter avec bienveillance, comme le conseille 1 P 3.15 : Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous.


4) Limitez les critiques que vous accepterez. Ne prêtez pas l’oreille à toute opposition de la part de n’importe qui. Il y a des gens qui ne sont là que pour le conflit, et leurs critiques, en plus d’être stupides, démontrent très souvent leur ignorance de ce dont ils parlent. Ne perdez pas votre temps avec eux. Il y a des moments où il ne faut ni lire ni écouter certaines critiques selon Es 42.19 : Qui est aveugle, sinon mon serviteur, Et sourd comme mon messager que j'envoie ?


5) Ne transformez pas la critique en une compétition. Parfois, nous croyons que nous devons nous confronter à un adversaire qu’il faut absolument vaincre, en imposant notre point de vue. Non ! Je ne crois pas qu’il faille systématiquement convaincre les autres. Ils ont le droit de ne pas être d’accord avec nous et de l’exprimer. Acceptons-le avec grâce et sachons faire la différence entre ce qui doit être communiqué et ce qui doit être gardé pour soi. A ce sujet, n’oublions pas que Paul a dit dans Ro 14:1 Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions.


6) Ne vous vengez pas et gardez un cœur pur. Il est si important d'incarner la tolérance et d'éviter toute amertume, c’est le secret d’une vie où règne la paix. Comme un feu sans oxygène, la critique mourra d’elle-même, donc ne l’alimentez pas par vos menaces de représailles. Souvenez-vous de ce que dit Pr 15.1 : Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère.


Il y aurait certainement plus à dire sur la gestion de la critique, mais je prie pour que ces six stratégies vous soient utiles pour les jours à venir. C’est un des défis que nous devons tous relever : ne pas se laisser manipulés par les critiques dont nous pourrions être l’objet ! Eh bien nous voici arrivés à la fin de notre excursion sur ce sujet tellement important. Chaque fois que vous voyez l'une de ces cinq balises marquant la route de l’orgueil, je vous conseille vivement de faire demi-tour et de prendre l'autre direction. Vous vous en porterez mieux, croyez-moi. Et surtout n'attendez pas qu'il soit trop tard !


A bientôt...



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