QUI CHOISIT QUI ?(4ème Partie)

Naturellement parlant, nous n’avons aucune disposition ou capacité à croire une seule parole de Dieu. Il est important que cette terrible vérité soit bien comprise : nous ne pouvons pas croire en Dieu par nos propres forces.

C’est contraire à notre nature ? car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas (Ro 8.7).


Le mot chair désigne tout ce que nous sommes naturellement dans notre condition d’être humain, livrés à nous même. Nous vivons ordinairement sans réaliser qu’il existe une hostilité, une opposition de notre part vis-à-vis de Dieu. Il y a fondamentalement chez nous une incapacité à nous soumettre au créateur dans un esprit de foi.


Afin de nous convaincre de cette incompétence spirituelle, voici une description que fait l’apôtre Paul de l’état réel de l’homme tant qu’il n’a pas soumis sa vie à la Seigneurie de Jésus-Christ : Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur (Ep 4.18).


Nous voyons donc que les hommes n’ont aucune possibilité de répondre aux réalités spirituelles en raison de l'endurcissement de leur cœur. Ce texte montre que sans une aide divine, l’homme ne peut pas percevoir les choses appartenant au Royaume de Dieu.


Cela est dû à un esclavage dont l’être humain ne peut s’échapper par sa seule volonté et que la Bible appelle le péché. Il est intéressant de noter que le mot grec rendu par endurcissement est « porosis », qui signifie : « obstruction du discernement mental, perception émoussée, opiniâtreté, endurcissement, dureté causée par le recouvrement d’une callosité, recouvrir d’une peau épaisse ».


Le terme utilisé par Paul indique une totale imperméabilité à toute vérité se rapportant à la vie divine, une paralysie rendant l’esprit absolument insensible aux choses de Dieu. Il peut y avoir un vernis religieux, mais Dieu déclare le véritable état de tels individus : étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres (Col 1.21).


Le mot grec pour étrangers signifie « exclu, coupé et séparé », et celui pour ennemis peut être traduit par « celui qui hait ». Les termes utilisés sont très clairs : ils indiquent que l’homme est absolument éloigné de Dieu par ses pensées et qu’il éprouve de l’animosité envers lui, étant enclin à pratiquer ses mauvaises œuvres !


Il existe peut-être une forme de piété, mais la réalité ou l’essence de cette dévotion est tout simplement absente. Nous pouvons dire que cela ressemble à l’état d’un défunt qui ne peut ni entendre, ni comprendre, et encore moins participer à une conversation avec des personnes présentes à ses funérailles.


Justement, la Bible nous rappelle que nous sommes spirituellement morts et inanimés, ce qui a pour résultat une indifférence aux exigences de Dieu, tant que Jésus n’est pas venu habiter en nous. C’est ce que Paul dit en substance dans Ep 2.1-5 :

1 Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés,

2 dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.

3 Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres …

4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés,

5 nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus vivants avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) ;


Notre état, avant de venir à Jésus, était celui d’un mort, c’est-à-dire que nous étions dans une sphère d’existence où Dieu ne se trouvait pas, et cela malgré notre religion, même notre religion dite chrétienne.


Le fait de confesser le nom de Jésus ne certifie en rien notre appartenance au Seigneur comme il le dit lui-même dans Mt 7.21 (TOB) : Il ne suffit pas de me dire : Seigneur, Seigneur ! Pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.


Ce qui compte en réalité c’est notre obéissance à la volonté de Dieu, non pas à un système religieux hérité de nos parents. Or, cette obéissance est au-delà de nos forces si nous sommes livrés à nous même.


L’apôtre dit que sans Christ, il n’y avait absolument rien en nous qui pouvait plaire au Seigneur. Nous étions inaptes à la foi et étrangers aux réalités du royaume de Dieu. Nous vivions dans un état de rébellion ouverte par rapport à la justice divine, et nous étions par nature des enfants de colère, c'est-à-dire que nous étions destinés au juste courroux de Dieu, en route vers l’enfer éternel...


Mais Dieu nous a rendus à la vie avec Christ. Cela veut dire qu’il a insufflé dans notre esprit sa vie divine afin que nous puissions le connaître et établir avec lui une relation dynamique. Sur quelle base a-t-il accompli ce miracle ? La base de nos mérites ? Celle de nos bonnes œuvres ? Non, mille fois non !


C’est seulement en raison de sa miséricorde et de son amour pour nous que Dieu nous a sauvés de la mort éternelle. Oui, gloire à Dieu ! C’est par grâce que nous pouvons nous tenir devant notre Père céleste aujourd’hui et l’adorer de tout notre cœur...


Devant notre incapacité à venir vers Dieu, c’est lui qui est venu jusqu’à nous pour nous attirer à lui. Puisse Dieu éclairer notre intelligence pour que nous sachions, sans l’ombre d’un doute, que nous étions dans l’impossibilité de nous avancer vers le Seigneur si lui-même ne répandait pas sur nous sa douce influence.


Nous avons un très bel exemple de l’action de Dieu dans la vie d’un individu qu’il veut sauver dans Ac 16.14 : Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, était une femme craignant Dieu, et elle écoutait. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu'elle fût attentive à ce que disait Paul.


Oh, comme j’aime cette expression : Le Seigneur lui ouvrit le cœur ! C’est Dieu qui lui ouvrit le cœur car celui-ci était dans un état de mort spirituelle et d’insensibilité aux choses de l’Esprit. Lydie n’aurait jamais pu capter l’essence du message de Paul si le Seigneur n’avait pas touché son cœur pour le rendre réceptif à l’annonce de l’évangile.


Il y a un texte très important dans l’évangile de Jean qui fait écho à ce sujet : En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront (5.25).


Qui sont les morts dont Jésus parle ici ? Fait-il allusion aux défunts qui expérimenteront une résurrection physique ? Le contexte ne semble pas l’indiquer puisque dans le même chapitre, il dit au v.24 : En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.


Jésus parle donc d’une situation d’écoute de la part d’individus physiquement vivants. En réalité, Jésus nous annonce que ceux qui sont séparés de Dieu par leurs péchés – c'est-à-dire qui sont morts spirituellement – et qui entendent sa voix à travers la prédication de l’évangile, ressuscitent intérieurement et accèdent à la vie spirituelle.


Tout comme Lydie écoutait parler Paul, et que le Seigneur, tel un divin chirurgien, ouvrit son cœur pour y extirper la « callosité » qui l’empêchait d’être attentive à la voix du Fils de Dieu, de même, dans Jn 5.25, il est question de cette pénétration intérieure de la parole de Dieu dans le cœur de toute personne morte dans ses péchés, mais que Dieu appelle à la vie éternelle.


Tout comme Lazare était mort jusqu’à ce que Jésus l’appelle à se lever : Ayant dit cela, il cria d’une voix forte : Lazare, sors ! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller (Jn 11.43-44), de la même façon, nous étions spirituellement morts, jusqu’à ce que la voix du Fils de Dieu ne retentisse dans nos cœurs par le Saint Esprit, au travers de l’évangile de la grâce.


Voici un des versets les plus poignants du Nouveau Testament, il s’agit du témoignage de Paul et Barnabas à leur retour de leur premier voyage missionnaire, dans Ac 14.27 : Après leur arrivée, ils convoquèrent l'Église, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi.


Ce passage nous montre nettement que Dieu est le seul auteur du salut des nations. Comment procède-t-il ? Luc nous dit qu’il ouvre la porte de la foi. C'est-à-dire qu’il fait de telle sorte que l’évangile soit annoncé au bon moment, à la bonne personne, et au bon endroit. Il supervise tout du début à la fin, car lui seul est en mesure de ramener des pécheurs aveugles sur le chemin de la vie éternelle.


Concernant la notion de porte ouverte, n’oublions pas ce que Jésus a dit à l’Eglise de Philadelphie en Ap 3.8 : J'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. Quelle image saisissante de la souveraineté de Dieu dans l’œuvre du salut !


Quand c’est le moment pour des individus de se tourner vers Jésus-Christ afin de recevoir le don du salut, Dieu en personne ouvre la porte de la foi et personne ne peut fermer, car aucune résistance ne saurait tenir devant son bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même (Ep 1.9) s’il les a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté (Ep 1.5).


Savez-vous que c’est ce que nous avons vécu quand nous sommes venus à Jésus ? Nous n’avons absolument aucun mérite car l’apôtre Paul dit que nous étions des fils de la rébellion... des enfants de colère... sans espérance et sans Dieu dans le monde (Ep 2.2 ; 3 ; 12).


Nous étions en route vers l’enfer et dignes du jugement de Dieu à cause de nos péchés, impuissants pour concevoir notre besoin de salut, mais dans sa miséricorde, le Seigneur a ouvert la porte de la foi afin de nous attirer à lui.


Pouvez-vous penser pendant quelques instants au moment où vous avez eu envie de vous approcher de Dieu ? Comment vous est venu le désir de lire la Bible ? Ou de prier ? Ou d’aller dans une église pour écouter un enseignement ?


Songez-y profondément, et vous découvrirez qu’à l’origine de ce mouvement spirituel de votre part, il y avait Dieu et seulement Dieu... Cette impulsion que vous aviez de faire confiance à Jésus-Christ n’émanait pas de votre pouvoir personnel.

Souvenez-vous : vous aviez l’impression que les choses se passaient sans que vous les décidiez intentionnellement. En fait, vous étiez davantage spectateur qu’acteur.

Bien sûr, en un sens vous agissiez aussi, mais non comme un agent provocateur. Vous agissiez plutôt parce que vous étiez comme emporté par une force. Quelque chose de supérieur à vous faisait que les évènements se produisaient.


Cela peut prendre des formes différentes selon les individus : certains sont conduits à chercher l’aide de Dieu alors que la situation s’avère insoluble. D’autres passent par une profonde crise existentielle qui les amènera finalement à la découverte de la vérité sublime de l’évangile.


Et puis, pour d’autres encore, c’est une mutation professionnelle ou un déménagement qui les met en contact avec un chrétien qui, tout doucement, les conduira à une rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus...


Et les exemples peuvent se multiplier à l’infini, mais une chose demeure : tout semblait être orchestré par la main invisible de Dieu. Et c’est exactement ce qui s’est passé, parce que, dans sa grâce souveraine, il voulait vous attirer vers son fils Jésus.


A bientôt pour la suite...

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