QUI CHOISIT QUI ? (9ème Partie)

Il y a dans le Nouveau Testament un texte qui nous donne de précieuses informations sur les caractéristiques de l’élection divine et qui la résume parfaitement. Il émane de la plume de l’apôtre Paul :

Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. (2 Th 2.13)

Ce passage nous révèle quatre signes distinctifs sur l’élection :


1) Elle est inconditionnelle, parce que c’est Dieu qui choisit. Aucune condition n’est réclamée, ni nécessaire, car ce choix résulte de la grâce souveraine de Dieu.


2) Elle est personnelle, parce que c’est vous qui avez été choisis. Paul s’adresse ici à un ensemble d’individus en leur attestant que chacun a été élu.


3) Elle est éternelle, parce que Dieu choisi dès le commencement. Personne n’était né. Aucun acte humain n’avait été accompli, mais le Seigneur avait déjà choisi son peuple.


4) Elle efficace, parce que le choix divin se fait pour le salut. Et nous apprenons que ce salut se réalise par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C'est-à-dire que le résultat de l’élection c’est la mise à part d’un individu pour une vie de sainteté, ainsi que le désir et la capacité à croire dans l’Evangile.


Ce verset est une oasis de paix pour celui qui douterait de son élection. Si quelqu’un demande « Comment puis-je savoir si je suis élu ? », la réponse se trouve ici : « Veux-tu vaincre tes péchés et marcher dans la sanctification ? Crois-tu que la bible t’indique la voie du salut ? Si ta réponse est ’’Oui’’, alors tu es un élu ».


La présence de ces aspirations chez un individu est la marque de son élection par la grâce souveraine de Dieu. Si, au milieu de sa misère spirituelle, une personne a le profond désir d’être libéré de ses péchés et de la culpabilité qu’ils engendrent, si son cœur s’ouvre à l’Evangile en étant réceptif à son message de salut, si elle souhaite y soumettre sa vie entièrement, alors elle peut être certaine de son élection par Dieu.


Quelqu’un répliquera : « Ce que vous venez de dire n’est applicable que pour les inconvertis qui sont sous la conviction du Saint-Esprit, mais qu’en est-il des chrétiens de longue date, de ceux qui sont déjà en Christ depuis un certain temps, et qui, cependant, se demandent s’ils sont réellement élus ? »


Je vous remercie d’avoir posé la question, cela me permet de vous citer ces fabuleuses paroles que l’apôtre Paul adresse, encore une fois, aux Thessaloniciens, mais dans la première épître, en 1.4-6 :

4 Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus ;

5 notre Evangile ne vous a pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit Saint et avec une pleine persuasion ; car vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous, à cause de vous.

6 Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la parole au milieu de beaucoup d’afflictions, avec la joie du Saint-Esprit,


Tout d’abord, sachez que les critères relevés dans le passage précédent sur la sanctification de l’Esprit et la foi en la vérité sont également valables pour le chrétien de longue date. Mais notre présent texte dépeint admirablement les manifestations de l’élection, et il nous serait hautement profitable de nous le remémorer, afin de vaincre tout doute à ce sujet.


Il y est question de la réaction des Thessaloniciens à l’annonce de l’évangile, des symptômes qu’ils ont manifestés quand Paul leur a annoncé la bonne nouvelle de la grâce de Dieu : Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus. Quelles sont ces réactions ?


a) Un intérêt marqué pour l’évangile : notre Evangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seulement. Cela indique que les Thessaloniciens n’ont pas traité l’évangile comme de simples mots, qu’ils ne l’ont pas considéré comme une autre idée ou une philosophie parmi tant d’autres, mais que leur cœur a été profondément touché par ce qu’ils entendaient.


Ils ont démontré une remarquable absence d’indifférence au message divin, même lorsque l’adversité faisait rage, en recevant la parole au milieu de beaucoup de tribulations. De même, cet intérêt que vous pouvez ressentir vis-à-vis de l’Evangile aujourd’hui, malgré les vicissitudes de la vie, un intérêt qui vous pousse à lire la bible et à assister aux réunions d’enseignement, cela est la preuve que vous aussi vous faites partie des élus de Dieu.


b) Une expérience de l’activité divine : mais avec puissance, avec l’Esprit Saint. Le message qu’ils ont reçu ne leur est pas parvenu par l’unique moyen de l’érudition et de l’éloquence du prédicateur, mais par la puissance du Saint-Esprit.


Au-delà des paroles qu’ils entendaient, ils ressentaient une force à l’intérieur dans leur cœur qui les persuadait de la véracité et de l’urgence du salut en Jésus. Une nouvelle soif de Dieu est apparue. Une faim irrésistible de s’instruire des vérités bibliques a fait surface. Des changements significatifs se sont produit au plus profond des pensées et des intentions.


Si vous aussi, vous pouvez témoigner des nouvelles orientations qui sont survenues dans votre vie, comme s’il y avait quelque chose d’incompréhensible, mais tellement réel, qui vous donnait un nouvel appétit pour les choses de Dieu, alors vous êtes également bénéficiaire de cette activité divine par la puissance du Saint-Esprit. C’est par conséquent le signe certain que vous avez été élu.


c) Une assurance inaltérable : et avec une pleine persuasion. Un peu plus loin dans la même épître, l’apôtre rappelle aux Thessaloniciens quelle a été leur attitude face à la prédication de l’évangile : C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. (2.13)


Cela montre que, même s’ils ne comprenaient peut-être pas tout ce qui était enseigné, ils ne doutaient pas de l’origine divine de la parole. Une conviction indestructible prenait racine dans leur âme : Jésus était le sauveur et le Seigneur dont ils avaient besoin, et le salut n’était accessible nulle part ailleurs qu’en Christ.


Il y a eu probablement des moments d’inconstance, lorsque leur foi fut attaquée par les circonstances négatives de la vie, mais leur cœur était à jamais marquée par cette assurance indélébile.


Ils ont aussi réalisé qu’ils n’étaient pas les seuls à vivre ce genre d’expérience, et que les apôtres eux-mêmes partageaient cette assurance, en dépit des circonstances adverses : car vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous, à cause de vous.


Ainsi les apôtres n’avaient aucun mal à confesser leur crainte face à l’épreuve, afin de donner aussi l’exemple de la confiance inébranlable que produit l’Evangile dans le cœur des élus. Je crois que c’est à cela que l’on reconnaît un vrai homme de Dieu : il sait se montrer aussi fragile que quiconque, tout en témoignant de sa confiance dans le secours de Dieu.


Comme moi, vous avez peut-être connu des temps de faiblesse, où vous aviez le sentiment de faire naufrage spirituellement, mais vous êtes toujours revenu à cette certitude intérieure que Jésus est votre Seigneur, et qu’il vous tient dans ses mains. Alors je vous le dis simplement : doutez de vos doutes, mais ne doutez pas que vous êtes un élu !


d) Une nouvelle direction de vie : Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur. La parole a agi de telle façon dans leur vie, que celle-ci en a été transformée au point de prendre Paul et Jésus comme modèle de conduite. Ils ne voulaient pas se limiter à la paix du pardon des péchés, mais ils désiraient vivre en étant animés, non seulement des mêmes sentiments que l’apôtre qui leur avait apporté l’Evangile, mais aussi de ceux du Seigneur Jésus.


Et vous, voulez-vous ressembler à Christ ? Souhaitez-vous vous rapprocher le plus possible de son attitude, tel que : pardonner, faire du bien, prier, aimer, vivre saintement, etc. ? Aspirez-vous à une vie dénuée d’égoïsme, de jalousie, d’amertume ? Désire-vous servir Dieu avec zèle, vivre plus pour autrui que pour vous, devenir un modèle en paroles et en actes comme l’apôtre Paul ? Si c’est le cas, vous faîtes certainement partie les élus.


e) Une consécration joyeuse et volontaire : avec la joie du Saint Esprit. Cela signifie que les Thessaloniciens ne se faisaient pas priés pour venir écouter prêcher l’apôtre Paul. En dépit des critiques et autres problèmes causés par les adversaires de l’évangile, ils aimaient par-dessus servir Dieu dans la prière, la louange, et l’obéissance à sa parole.


Cela était tellement évident, qu’ils sont devenus une source d’inspiration pour les églises avoisinantes, car Paul dit dans 1 Th 1.7 : en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe.


Allez-vous aux assemblées de l’église avec plaisir ? Etes-vous de ceux qui ne peuvent s’empêcher d’écouter la prédication dès que l’occasion se présente ? Eprouvez-vous une passion pour la Bible ? Recherchez-vous sans cesse à améliorer votre vie de prière ?


Trouvez-vous toujours du temps pour servir le Seigneur d’une façon ou d’une autre ? Ressentez-vous souvent une reconnaissance envers Dieu de vous avoir fait connaître sa parole, et d’avoir transformé votre vie, au point d’en avoir les larmes aux yeux ?


Si vous vous reconnaissez dans cette description, vous devez le savoir : vous êtes un élu de Dieu !


Je voudrai terminer en vous citant une parole du prophète Esaïe qui illustre parfaitement l’œuvre de l’élection divine, dans Es 65.1 : J'ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas ; J'ai dit : Me voici, me voici ! A une nation qui ne s'appelait pas de mon nom.


Voyez-vous la grandeur de la grâce de Dieu ? A ceux qui ne demandaient rien et qui ne cherchaient pas, Dieu s’est révélé souverainement. Il n’a pas attendu que nous ayons le moindre désir de le connaître, encore moins que nous nous appliquions à le rechercher, mais il est venu jusqu’à nous pour nous sauver, car tel était son bon plaisir.


A bientôt pour la suite..

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