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YAHVE SHALOM : L’ETERNEL NOTRE PAIX

Nous allons nous pencher sur le quatrième Nom d’Alliance de Dieu, que nous trouvons dans Jg 6.22-24 :

22 Gédéon, voyant que c’était l’ange de l’Eternel, dit : Malheur à moi, Seigneur Eternel ! Car j’ai vu l’ange de l’Eternel face à face.

23 Et l’Eternel lui dit : Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas.

24 Gédéon bâtit là un autel à l’Eternel, et lui donna pour nom l’Eternel paix : il existe encore aujourd’hui à Ophra, qui appartenait à la famille d’Abiézer.

En progressant dans notre étude de la révélation de Dieu par ses Noms, nous en arrivons à celui de YAHVE SHALOM, qui signifie : « l’Eternel Paix ou l’Eternel est notre Paix ». Dans ce texte, Dieu nous révèle son alliance de paix par l’intermédiaire de ce nouveau Nom. Cette révélation fut accordée à Gédéon. Il est d’ailleurs intéressant de savoir que cela faisait un peu plus de 200 ans que Dieu n’avait plus révélé un seul de ses Noms. Moïse et Josué n’étaient plus là, et le peuple d’Israël était tombé dans une grossière apostasie. Il s’était compromis en se tournant vers les idoles des nations environnantes, nations que Dieu leur avait demandé d’anéantir. Leur rébellion leur a valu d’être vaincu par leurs ennemis, et plus particulièrement par les Madianites. Nous lisons dans Jg 6.1-2 :

1 Les enfants d’Israël firent ce qui déplaît à l’Eternel ; et l’Eternel les livra entre les mains de Madian, pendant sept ans.

2 La main de Madian fut puissante contre Israël. Pour échapper à Madian, les enfants d’Israël se retiraient dans les ravins des montagnes, dans les cavernes et sur les rochers fortifiés.


Et c’est durant cette période de jugement divin que Dieu révéla son nouveau Nom à Gédéon. Regardons dans quelles circonstances cette révélation a-t-elle eu lieu, en lisant Jg 6.11-15 :

11 Puis vint l’ange de l’Eternel, et il s’assit sous le térébinthe d’Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait du froment au pressoir, pour le mettre à l’abri de Madian.

12 L’ange de l’Eternel lui apparut, et lui dit : L’Eternel est avec toi, vaillant héros !

13 Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, si l'Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : L'Eternel ne nous a–t–il pas fait monter hors d'Egypte ? Maintenant l'Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian !

14 L'Eternel se tourna vers lui, et dit: Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian ; n'est-ce pas moi qui t'envoie ?

15 Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père.


Nous découvrons que Gédéon fut très étonné des paroles prononcées par l’ange du Seigneur : L’Eternel est avec toi, vaillant héros !... Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian Il explique son étonnement par deux affirmations. Tout d’abord si Dieu est avec Israël, pourquoi ce dernier est-il sans cesse vaincu par ses adversaires ? Ensuite, comment pourrait-il, lui Gédéon, délivrer Israël de l’oppression sous laquelle se trouve le peuple élu, alors qu’il est le plus petit de sa maison, qui est elle-même la plus pauvre de la tribu de Manassé ?


Dieu lui donne comme seule réponse Jg 6.16 : Mais je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul homme. Gédéon sent alors l’espoir renaître dans son cœur, mais il a quand même besoin d’une confirmation. Il demande à Dieu un signe, prouvant sans l’ombre d’un doute qu’il va accomplir sa promesse. Il prépare son offrande et le place sur un rocher à la demande de l’Eternel. Et c’est là que le miracle se produit selon Jg 6.21 : L’ange de l’Eternel avança l’extrémité du bâton qu’il avait à la main, et toucha la chair et les pains sans levain. Alors il s’éleva du rocher un feu qui consuma la chair et les pains sans levain. Et l’ange de l’Eternel disparut à ses yeux.


Devant la prodigieuse manifestation de l’ange de Dieu, Gédéon prend peur et s’attend à mourir. Il sait que la rumeur veut que quiconque voit Dieu, ne peut plus vivre... Ayant été témoin d’une Théophanie, c'est-à-dire d’une apparition divine, Gédéon s’attend à mourir dans les minutes qui suivent. Il est donc saisi d’une terrible frayeur, mais Dieu lui dit d’être en paix car il ne mourra pas. Et c’est ainsi que Gédéon reçu cette révélation qui a traversé les siècles : Dieu est notre paix ou YAHVE SHALOM ! Mais qu’est-ce que ce Nom nous apprend sur la personne de Dieu ?


Tout d’abord, il faut se pencher sur la signification de l’hébreu SHALOM. Il désigne « un état complet, une perfection, un bien-être, une paix, une sûreté, une solidité et un contentement ». Lorsqu’on en étudie l’usage dans l’ensemble de l’Ancien Testament, l’idée principale qui ressort de ce mot c’est l’harmonie des relations entre plusieurs parties, ou la réconciliation basée sur l’achèvement d’une transaction. Il contient aussi l’idée du paiement d’une dette, assurant une sécurité et une perfection.


Il n’est pas étonnant que ce mot ait été traduit approximativement 170 fois par « paix ». Il exprime le désire et le besoin le plus profond du cœur humain. Il représente la plus importante mesure de contentement et de satisfaction dans la vie. N’est-il pas vrai que tout l’or du monde ne peut remplacer la paix de l’esprit ? N’est-il pas vrai que quand nous avons la vraie paix, celle du cœur, nous sommes les gens les plus heureux du monde ? La paix ouvre la porte à la joie, à la simplicité, à l’équilibre émotionnel et au contentement.


Quand Dieu se révéla par ce Nom à Gédéon, celui-ci, comme l’ensemble du peuple, était coupable d’infidélité à l’égard de l’Eternel. Cependant, non seulement Dieu lui promet la délivrance de l’oppression de Madian, mais il lui laisse la vie sauve, comme pour attester du pardon qui lui est accordé, ainsi qu’a tout le peuple. Israël et Gédéon méritaient-ils ce pardon ? Certainement pas, mais Dieu le leur accorde par grâce. Nous avons le message de l’évangile en filigrane dans cet épisode de Gédéon :


1. Comme Israël, l’humanité est en rébellion contre Dieu. D’une manière générale, nous récoltons les fruits de cette infidélité, par toute sorte de souffrance, et principalement par une absence de la présence divine dans nos vies. L’harmonie nous fait cruellement défaut, en dépit des avancés scientifiques et technologiques de notre société postmoderne. Nous avons un urgent besoin de paix dans notre âme.


2. Comme Gédéon, nous réalisons notre petitesse devant les drames de l’existence. Nous avons l’impression très souvent que Dieu nous a abandonnés. Mais comme lui, Dieu s’adresse à nous pour nous promettre la délivrance. Il ne le fait pas parce que nous le méritons, mais uniquement par pure grâce. Il s’adresse à notre cœur et nous invite à lui faire confiance, car il est de notre côté malgré nos défaillances spirituelles.


3. Comme Gédéon, c’est à partir d’un rocher que se manifesta le miracle du feu consommant le sacrifice. C’est l’image de Christ, qui sur la croix devint notre rocher, et par lequel Dieu intervient dans tous les domaines de notre vie ayant besoin de sa visitation. Comme pour les Noms précédents, nous apprenons que Dieu ne fait rien sans la croix de son Fils unique. Toute œuvre du Seigneur dans notre vie, découle de la croix de Golgotha.


4.Comme Gédéon, nous pouvons découvrir que Dieu est un Dieu de grâce et de paix divine. Cette paix revêt plusieurs aspects :


Premièrement, par notre foi en Jésus, nous faisons la paix avec Dieu, ce qui signifie que nous sommes réconciliés avec lui sur la base de l’œuvre expiatoire du Christ. C’est ce que dit Ro 5.1 : Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus–Christ.


Cela signifie que nous ne sommes plus les ennemis de Dieu. Il n’y a plus d’hostilité et d’inimitié entre lui et nous. Nous pouvons venir vers lui librement, sans avoir peur d’un quelconque châtiment. Peut-être que certains croyants gardent en eux l’image d’un père sévère, intraitable et rapide au châtiment, mais Dieu a un regard paternel rempli de tendresse envers nous. Bien sûr, il connaît nos faiblesses, mais il ne nous traite pas aussi durement que la religion veut nous le faire croire. Trop souvent, la vie chrétienne a été présenté comme un marathon très difficile, et Dieu y est dépeint comme un juge rigoureux qui attend nos moindres faux pas pour nous sanctionner. Mais c’est faux, car nous sommes en paix avec lui ! Nous sommes réconciliés avec notre Père. La vie avec Dieu devrait être non un Malus, mais un Bonus...


Deuxièmement, par cette même foi, nous recevons la paix de la part de Dieu, c'est-à-dire que Dieu devient une source de paix, de bien-être, de tranquillité quand les choses vont mal dans notre vie. Voici ce que dit Ro 1.7 : à tous ceux qui, à Rome, sont bien–aimés de Dieu, appelés à être saints : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus–Christ !


Il s’agit ici de la suite logique de notre premier point : si nous sommes en paix avec Dieu, il ne nous punit pas à tout bout de champ, mais il contribue à produire dans notre vie un climat de paix ou de bien-être. Il n’est pas du côté de notre problème, mais de notre solution. Il n’y a pas de cruauté chez Dieu qui lui fait dire quand nous allons mal : « Je te l’avais bien dit que si tu continues dans cette voie, tu auras des problèmes. Tu ne m’as pas écouté, eh bien subis-en les conséquences maintenant... » Non, Dieu n’agit pas ainsi, car il n’est motivé que par l’amour.


C’est étrange, mais dès que nous voyons un croyant passer par un moment difficile, nous avons tendance à le juger. S’il divorce, nous le jugeons de ne pas être fidèle à ses vœux de mariage. S’il échoue dans sa profession, nous l’accusons d’un manque d’honnêteté. Si ses enfants tournent mal, nous le soupçonnons d’irresponsabilité. Etc. En d’autres termes, nous ne nous mettons pas du côté de la paix, mais du côté du désarroi et de l’angoisse. Mais heureusement que Dieu ne réagit pas comme nous. Il laisse aux gens une deuxième chance. Et parfois une troisième chance. Certains ont même eu une quatrième chance. Plusieurs ont eu tant de chance, qu’ils en ont oublié le nombre, et préfère adorer et pardonner, plutôt que juger…


Et enfin troisièmement, nous avons la paix de Dieu, ce qui se rapporte à la qualité de la paix que Dieu lui-même possède. En d’autres termes, Dieu veut nous faire goûter à sa paix, au milieu des tourments de notre existence. Paul déclare dans Ph 4.6-7 :

6 Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.

7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus–Christ.


Cette paix résiste à toute analyse. Elle est anormale. Elle ne devrait pas être là, au vu des circonstances, mais elle est présente, même si nous ne la comprenons pas. Il s’agit de la paix divine. Toutefois, cette paix n’est pas le fruit d’une bonne compréhension doctrinale... Ce que je veux dire, c’est que nous pouvons connaître sur le bout des doigts tout ce qui se rapporte à la paix de Dieu, parce que nous l’avons étudiée dans la Bible, mais cette connaissance ne nous y donnera pas accès automatiquement. Plus le temps passe, plus je me rends compte que Dieu se situe au-delà de tout système de croyance. Je peux faire preuve d’une orthodoxie sans faille dans ma compréhension théologique, mais cela ne m’assurera pas forcément un accès à la paix divine. Dieu et sa paix appartiennent au domaine de l’expérience.


Il est vrai que quand nous touchons au domaine de l’expérience, nous tombons sous le coup de la subjectivité. La différence entre l’objectivité et la subjectivité, c’est que la première est la même pour tous. Elle se manifeste par une forme de stabilité. Quelque chose est objectif, quand elle reste identique partout. Deux plus deux font quatre, quelque soient notre humeur, nos sentiments et nos émotions. Par contre, la subjectivité désigne quelque chose qui est sujette au changement selon les situations, les individus et les états d’âme.


Un même évènement peut me rendre heureux, et vous malheureux. Nous allons le percevoir différemment selon nos besoins et notre personnalité. Il en est de même de la présence et de la paix de Dieu, elles varient selon les expériences de chacun… C’est pour cette raison que la spiritualité est avant tout individuelle est privée. Nous devons chacun trouver notre place en Dieu, dans sa présence et dans sa paix, et ne pas chercher à imiter ce que vit un autre croyant. Il faut pour cela lâcher prise et s’abandonner entre les bras de Dieu, afin qu’il se fasse connaître à nous selon notre capacité à le connaître.


Je conclurai en disant qu’il est clair que ces vérités se sont accomplies en Jésus, par qui nous avons accès à cette paix divine. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons venir au Christ pour faire l’expérience de cette paix selon Col 1.19-22 :

19 Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui ;

20 il a voulu par lui réconcilier tout avec lui–même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.

21 Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés

22 par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche,


L’œuvre de la rédemption par la croix et la résurrection du Christ, est le point de rencontre entre notre âme tourmentée et la paix de Dieu. C’est par son Fils unique Jésus, que Dieu le créateur tout puissant, notre Père, est pour nous YAHVE SHALOM, l’Eternel notre Paix. Puissions-nous en faire l’expérience dans notre vie quotidienne.


A bientôt...



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