QUI CHOISIT QUI ? (8ème Partie)

Il est possible que les explications données dans la 7ème partie de cette étude ne soulèvent une nouvelle objection qui concerne cette fois la droiture de Dieu : « Ce ne serait pas juste de la part de Dieu de choisir sans condition des individus au salut, au détriment de certains autres. C’est totalement arbitraire et cruel ! ». Mais l’apôtre a également anticipé cet argument, et y a répondu dans Ro 9.14-16 :

14 Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là !

15 Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde et j’aurai compassion de qui j’ai compassion.

16 Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.



Pour contrer l’accusation d’injustice chez Dieu, principalement dans le domaine de l’élection, Paul cite un texte du livre de l’Exode (Cf. Ex 33), lorsque l’Eternel affirme à Moïse son absolue souveraineté, souveraineté selon laquelle il peut sauver qui il a choisi, sans violer ses autres attributs divins.


Dans sa déclaration, Dieu utilise une formule hébraïque qui consiste à répéter une action sans y ajouter de stipulation supplémentaire, afin d’accentuer le fait que c’est la volonté de l’exécutant qui détermine l’acte qui va être accompli.


Ainsi quand Dieu proclame : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion, il atteste qu’il n’existe aucune autre motivation en dehors de sa volonté, qui détermine sa décision de manifester sa miséricorde et sa compassion. C’est un peu semblable à ce que nous soutenons quand nous disons : « Je ferai ce que je ferai », ce qui signifie : « J’accomplirai ce que j’ai résolu, et rien ne me fera changer d’avis ».


Un autre point à considérer en rapport avec cette proclamation divine, se situe dans la prise en compte du contexte dans lequel s’est déroulé cette conversation entre Dieu et Moïse. Ce dernier avait exprimé une requête inattendue : Moïse dit : Fais-moi voir ta gloire ! (Ex 33.18), ce qui veut dire : « Laisse-moi voir ta personne, permet moi de contempler ta magnificence ». Le v19 rapporte que L’Eternel répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Eternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde.


En d’autres mots, la déclaration de Dieu n’a pas pour but de décrire comment il traite les êtres humains, mais de lever le voile sur sa véritable nature, sur son essence divine. En réalité, Dieu explique à Moïse qu’il lui sera impossible de contempler sa personne divine, mais qu’il y a une alternative qui satisfera partiellement son désir. C’est ce que nous lisons aux v.20-23 :

20 L’Eternel dit : Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre.

21 L’Eternel dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher.

22 Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé.

23 Et lorsque je retournerai ma main, tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue.


Dieu exauça la demande de Moïse, mais pas de comme il l’avait formulé. Il reçut bien une révélation de la gloire divine, non pas en la voyant de ses yeux, mais en entendant la proclamation qu’en fit le Seigneur dans Ex 34.5-8 :

5 L’Eternel descendit dans une nuée, se tint là auprès de lui, et proclama le nom de l’Eternel.

6 Et l’Eternel passa devant lui, et s’écria : L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité,

7 qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération !

8 Aussitôt Moïse s’inclina à terre et adora.


Moïse adora l’Eternel car, ce jour-là, il réalisa que la véritable nature de Dieu consiste à faire preuve de miséricorde et de compassion, indépendamment de toutes conditions extérieures et de toutes prérogatives humaines.


Le raisonnement de Paul est donc le suivant : « Si Dieu choisi pour le salut qui il veut, ce n’est pas parce qu’il est injuste, au contraire, c’est parce qu’il est juste, et que sa justice consiste à révéler la gloire de sa personne en manifestant sa miséricorde et sa compassion indépendamment de tous mérites humains ».


C’est parce qu’il est Dieu, qu’il peut décider qui seront les bénéficiaires de sa miséricorde et de sa compassion. Ce sont elles qui le poussent à sauver de l’enfer éternel certains individus. Et ce salut ne dépend pas de l’initiative humaine (= celui qui veut) ; ni des efforts ou des œuvres de l’homme (= celui qui court), mais ce salut ne trouve sa cause qu’en Dieu seul qui fait miséricorde.


Quelqu’un pourrait dire : « Mais l’élection fait de Dieu un monstre, car il aurait choisi certains pour le salut et condamné d’autres à la perdition ! N’est-ce pas ce que l’on nomme la double prédestination ? Comment peut-on croire dans l’horreur d’une double prédestination ? ».


Face à cette objection, nous comprenons pourquoi il est vital de rester dans les limites de la parole inspirée, car en réalité, la Bible n’enseigne pas la doctrine de la double prédestination, une théorie selon laquelle Dieu, d’un côté, choisit certains pour le salut, et de l’autre, il choisit certains pour l’enfer. Non ! Ce n’est pas ce que dit la Bible...


La Bible nous dit que tous sont pécheurs, tous sont perdus, et en route vers l’enfer éternel. L’homme n’a besoin de rien faire pour aller en enfer, c’est sa destination quand il vient au monde. Mais Dieu, dans son amour, a décidé qu’à l’intérieur de ce tous, certains seront sauvés.


Suite à cette décision, il en a choisi quelques-uns pour les donner à Jésus-Christ. Celui-ci a dû venir en tant qu’homme et mourir à la croix pour les racheter et les délivrer du royaume des ténèbres auquel ils appartenaient.


Quant aux autres, il ne les a pas destinés à la perdition, car ils sont de toute façon déjà perdus, mais il les laisse simplement dans leur condition. L’apôtre Paul nous enseigne cette vérité dans Ro 9.22-23 :

22 Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition,

23 et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire ?


Devant ceux qui l’accuseraient d’injustice, l’apôtre déclare que Dieu agit, non de façon arbitraire, mais avec miséricorde, car en réalité, il a supporté avec une grande patience des individus qui étaient formés pour la perdition. Ceux-ci n’ont que la juste rétribution que méritent leurs péchés.


Parce que les hommes ont rejeté Dieu, celui-ci les abandonne au péché qu’ils ont choisi, ainsi qu’à la condamnation qui s’y rattache. Donc tous sont coupables et en route vers la perdition éternelle, mais, dans sa grâce, Dieu a décidé d’en sauver quelques-uns, aussi les a-t-il d’avance préparés pour la gloire, c'est-à-dire qu’il les a élus avant la fondation du monde (Ep 1.4).


Nous affirmons ainsi qu’il n’y a pas de double prédestination, mais une élection par la grâce souveraine du Seigneur, qui étend sa bienveillance sur des pécheurs et les conduit vers son Fils Jésus.

Nous pouvons conclure que c’est le Père céleste qui nous attire vers le Fils pour que nous soyons délivrés de nos péchés, sans qu’il y ait aucun mérite de notre part. Il le fait sur la base de sa souveraineté et de son libre choix de sauver qui il veut.


Parmi tous les passages bibliques qui traitent de l’élection divine, j’attire votre attention sur celui qui est le plus parlant de tous, si nous voulons avoir une juste compréhension de cette extraordinaire vérité Biblique. Il s’agit d’Ep 1.4-5 :

4 En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui ;

5 il nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté,


Je veux seulement attirer votre attention sur trois mots clés que nous trouvons dans ces deux versets, afin de permettre à chacun d’avoir une meilleure vision de cette incroyable doctrine de l’élection.


1. Tout d’abord c’est en lui, c'est-à-dire en Christ que nous avons été choisis.


Cette expression en grec fait référence à notre union au Christ. Le Saint Esprit veut nous dire ici que Dieu nous avait unis ou liés à Jésus avant même notre venue au monde. Le péché était un obstacle à la réalisation de cette union, mais elle était déjà décidée dans le cœur du Père, et l’œuvre de la croix avait pour but de l’accomplir.


Dans une éternité qu’il ne nous est pas possible de concevoir (= avant la fondation du monde), Dieu nous avait donné à son Fils unique, afin que nous devenions ses fils et ses filles d'adoption par Jésus-Christ.


Vous et moi nous étions déjà promis par le Père pour appartenir au Fils. Nous étions désignés à être ses amis pour l’éternité, avant que les cieux et la terre soient créés. Nous pouvons avoir un aperçu de l’ardent désir de Jésus de nous libérer de nos péchés et de nous introduire dans une communion d’amour avec lui, dans 1 Jn 4.9-10 :

9 L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.

10 Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.


Savez-vous que si vous aimez Dieu aujourd’hui, c’est parce qu’il vous a aimé le premier ? Il est facile de l’oublier, en pensant que nous avons le mérite d’aimer Dieu, ce qui attirerait son amour pour nous. Oh non ! L’initiative de l’amour vient de lui en premier. Nous sommes l’objet de son amour bien longtemps avant que nous l’ayons aimé.


2. Dieu nous a prédestinés à devenir ses enfants d'adoption.


Le grec dit littéralement : « Nous ayant déterminés d’avance pour l’adoption ». Ce mot est la traduction du grec « proorizo » qui signifie « arrêté d’avance, prédéterminer, décider et nommer à l’avance ».


Cela signifie que Dieu, dans l’éternité passé, a décidé d’avance de la destinée des élus en leur garantissant l’union avec Jésus-Christ. Il n’a pas seulement choisi des individus parmi tant d’autres, mais il nous a élus personnellement et nous a « nommés à l’avance », comme il l’avait fait pour Israël dans Es 43.1 : Ainsi parle maintenant l'Éternel, qui t'a créé, ô Jacob ! Celui qui t'a formé, ô Israël ! Ne crains rien, car je te rachète, Je t'appelle par ton nom : tu es à moi.


Dieu fait la même chose avec nous : il nous a « créés », il nous a « formés », il nous a « rachetés » et il nous « appelle par notre nom ». Il a agi de la sorte parce qu’il nous avait destinés d’avance à appartenir à son Fils Jésus ! Son plan n’échouera pas, car ce qu’il a déterminé s’accomplira certainement, comme l’affirme Paul dans Ro 8.29-30 :

29 Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils soit le premier-né de plusieurs frères.

30 Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.


La doctrine de l’élection enseigne que Dieu a choisi un nombre défini de personnes pour le salut en Jésus. L’identité exacte de ces individus est déterminée et inchangeable. Dans ces versets nous apprenons que les bénéfices de la rédemption sont : appelés, justifiés et glorifiés.


A ces grâces, il convient d’ajouter la régénération, l’adoption et la sanctification, lesquelles se produisent simultanément dans la vie d’une personne qui croit en Jésus. L’ordre d’application n’est pas toujours apparent, mas il y a un agencement dans leur administration. Quand nous prenons conscience de ce merveilleux plan de salut, nous ne pouvons qu’adorer Dieu avec humilité, car il en est l’auteur et l’exécuteur parfait du début à la fin.


3. le mot grec traduit par élus est « eklegomai » qui signifie « choisir, cueillir ou choisir pour soi-même » et « choisir un parmi plusieurs ».


Les spécialistes de la grammaire grecque affirment que lorsque Paul utilise le verbe « eklegomai », il le fait à la voix moyenne, afin de désigner une action qui est faite dans l'intérêt du sujet, et d’indiquer que le choix de Dieu est libre tout en servant ses projets.


Je ne sais pas si vous saisissez tout ce que la définition de ce mot implique réellement ?


Réfléchissez-y un instant : le mot contient l’idée de « choisir un objet hors de quelque chose pour soi-même », c'est-à-dire que Dieu nous a choisis librement, nous a fait sortir d’un système avilissant (= le péché) et ceci dans son intérêt personnel, afin de servir ses projets ! Mais de quel intérêt et de quels projets s’agit-il ?


Nous avons une belle image de ce que cela peut être, lorsqu’il est dit de Jésus dans Mc 3.13-14 :

13 Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui.

14 Il en établit douze, pour les avoir avec LUI...


Voilà le plan de Dieu pour chacun d’entre nous : il nous veut auprès de lui. Notez qu’il appela ceux qu'il voulut. Cela parle d’un choix souverain et libre. Il nous fait ainsi savoir qu’il nous avait choisis avant la création du monde, avec pour objectif suprême de nous avoir avec lui.


Quel merveilleux dessein ! Le salut accompli par Jésus à la croix avait pour but de nous établir dans une intimité vivante et réelle avec lui. C’est pour cette raison qu’il nous a élus.


A bientôt pour la suite...

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