LES ARRHES DE L’ESPRIT

En abordant dans les deux précédents articles le sujet de la puissance de Dieu et du rafraîchissement spirituel, j’ai bien sûr fait référence au Saint-Esprit. Ce thème n’a pas disparu de mon esprit, et je ressens le besoin d’en parler encore un peu. Aujourd’hui, je souhaite m’arrêter sur un aspect du ministère de l’Esprit qu’il nous est indispensable de comprendre. Tout d’abord, lisons les passages suivants :

2 Co 1.21-22 :

21 Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu,

22 lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit.

2 Co 5.4-5 :

4 Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie.

5 Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit.


En lisant attentivement ces deux textes rédigés par Paul, nous y voyons une même expression revenir chaque fois dans les derniers versets : les arrhes de l’Esprit (v.22 et v.5). C’est ce qui va retenir notre attention. De quoi parle l’apôtre Paul exactement ?


Dans la version originale grec, il s’agit du mot « arrhabon », le même mot que nous retrouvons dans un troisième passage d’une autre épitre de Paul, mais qui est traduit cette fois-ci par « gage ». C’est ce que nous lisons dans Ep 1.13-14 :

13 En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis,

14 lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire.


Donc, nous avons trois passages où se trouve un mot unique en grec (arrhabon), mais traduit deux fois par « arrhes » et une fois par « gage ». Et chaque fois, le mot se rapporte au Saint-Esprit. Que désigne cette expression ? Avant tout nous devons connaître le sens du mot « arrhes » ou « gage » d’une manière générale, et ensuite nous verrons pourquoi Paul l’associe au Saint-Esprit.


Commençons par la définition : « Le mot arrhes (arrhabon) en grec désignait le dépôt que l’acheteur donnait en garantie du paiement total de son achat ». Comme vous pouvez l’imaginez, ce mot appartenait au domaine commercial, et il est d’ailleurs toujours utilisé aujourd’hui. A l’époque du Nouveau Testament, les arrhes (ou le gage) remplissaient trois fonctions :

1) C’était un acompte qui scellait une transaction entre un vendeur et un acheteur. C’était donc la preuve qu’une vente a bien eu lieu.

2) Elles constituaient une obligation d’achat, ce qui veut dire que l’acheteur ne pouvait pas changer d’avis.

3) Elles représentaient une partie de la totalité due, et devait être de la même nature que cette dernière. En d’autres termes, l’acheteur ne pouvait pas donner un objet à la place de l’argent en guise d’arrhes.


Si nous transposons cela à notre époque, nous pourrions dire, par exemple, que lorsque vous vous rendez chez un concessionnaire pour acheter une voiture, les arrhes – on dirait aujourd’hui l’acompte – que vous versez est une fraction du prix total, qu’il vous oblige à aller au bout de l’achat, et surtout que votre acompte doit obligatoirement être de l’argent, et non un objet quelconque.


Il est vrai qu’aujourd’hui, une différence existe entre les arrhes et un acompte : d’un point de vue technique, si on verse un acompte, la vente ne peut pas être annulée, mais s’il s’agit des arrhes, la vente peut être annulée. Si c’est l’acheteur qui annule l’achat, il perd ses arrhes, le vendeur n’est pas obligé de les lui rendre (selon Article 1590 du code civil). Mais pour simplifier notre propos, nous allons garder à l’esprit l’utilisation des arrhes comme cela se faisait à l’époque de Paul.


La question que nous devons nous poser est : pourquoi l’apôtre utilise-t-il un mot si spécifique au domaine commercial pour parler de réalités spirituelles, d’autant plus qu’il engage directement le Saint-Esprit ? Eh bien, pour en comprendre la raison, il faut se souvenir qu’un terrible drame s’est produit après la création d’Adam et Eve.


Laissez-moi vous le résumer : l’homme a été créé à l’image de Dieu, c’est-à-dire parfait et innocent, vivant dans une réelle communion avec son créateur. Mais la Bible indique que l’être humain est tombé dans le piège tendu par satan : il a succombé à la tentation et a commis le péché, en trahissant Dieu. En pêchant, l’homme a perverti sa nature, ce qui a eu une double conséquence :

1) Il a été séparé de la communion avec Dieu, privé de la gloire du Seigneur.

2) Il a été enfermé dans un camp de prisonniers spirituels appelé « le royaume des ténèbres ».


Mais c’est là que le plan du salut est entré en action : Dieu, dans son amour, a envoyé son Fils mourir à la croix, afin de racheter l’homme qui était esclave du royaume des ténèbres, et de l’amener dans son royaume de lumière. C’est le témoignage rendu par Paul dans Col 1.12-14 :

12 Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière,

13 qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour,

14 en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés.


Le mot rédemption ici signifie « rachat ». Cela signifie que par sa mort à la croix, Christ nous a littéralement rachetés de l’esclavage de satan, en nous délivrant du royaume des ténèbres et en nous transportant dans le royaume de la lumière.


Vous et moi, si nous croyons en Jésus, nous sommes l’objet et les bénéficiaires de la transaction commerciale la plus importante de tous les temps : le salut de notre âme afin d’appartenir à Dieu pour l’éternité. Cela se passe dès l’instant où nous croyons en Jésus, et l’acceptons comme Seigneur et sauveur de notre vie. Dès cet instant, nous sommes sauvés de nos péchés et prêts pour le ciel éternel. Que le nom du Seigneur soit béni !


Oui, mais...


Même si nous sommes libérés de l’emprise des ténèbres, le Seigneur nous laisse sur la terre, et nous continuons de vivre dans un monde déchu et corrompu par le péché. Avouons-le : tout sauvés que nous sommes, nos conditions de vie sur terre, restent difficiles. Vous l’avez remarqué ? Même si nous sommes en paix avec Dieu et sauvés de la condamnation éternelle, nous continuons de vieillir, d’être fatigué, de tomber malade, de souffrir d’une manière ou d’une autre, etc. Nous sommes bien d’accord ?


Mais pourquoi ? Pourquoi, alors que Paul déclare que nous avons été bénis de toute sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux céleste en Christ (Ep 1.3), sommes-nous encore confrontés à tant de souffrance ? La réponse vient du même Paul qui dit dans Ro 8.24 : C’est en espérance que nous sommes sauvés. Cela signifie que nous avons bien été sauvés, mais nous attendons toujours la totalité de notre salut.


En d’autres mots, Dieu nous a réellement sauvés, mais tant que nous restons sur cette terre, nous ne pouvons vivre qu’une partie de la totalité de notre salut, mais pas la totalité elle-même. C’est cette « non-totalité » qui qualifie notre salut d’espérance, tout en étant réel !


Et c’est dans cet optique que l’expression « les arrhes de l’Esprit » revêt toute son importance : Cela signifie que le Saint-Esprit verse dans notre vie aujourd’hui, un acompte de ce que nous recevrons totalement au ciel ! S’il vous plait, relisez cela une nouvelle fois : le Saint-Esprit verse dans notre vie aujourd’hui, un acompte de ce que nous recevrons totalement au ciel.


Cela veut dire que la communion du Saint-Esprit dont nous jouissons aujourd’hui, tous les effets de sa présence en nous ou son action dans notre vie, constituent un avant-goût de la gloire du ciel. Si nous nous référons au triple rôle des arrhes dans le domaine commercial, cela signifie que :

1) Le Saint-Esprit en nous, est la preuve que nous avons été rachetés par Dieu, et que nous somme le lieu de son habitation. Cela est confirmé par 1 Jn 3.24 : Nous connaissons qu’il demeure en nous par l’Esprit qu’il nous a donné.


2) Le Saint-Esprit en nous, signifie que Dieu ne va pas changer d’avis, qu’il ira au bout de son œuvre de salut en nous et pour nous. L’apôtre Paul l’atteste dans Ph 1.6 : Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ, et 2 Cor 3.18 : Nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur.


3) Le Saint-Esprit en nous, peut nous communiquer une partie de la totalité de notre salut, et qui soit de la même nature que cette totalité elle-même. Nous avons pour cela le témoignage d’He 2.4 : Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté.


Chers amis, la totalité qui nous attend au ciel, c’est la gloire divine, c’est-à-dire la plénitude de la vie illimitée de Dieu ! Pensons-y : dès que nous entrerons dans la gloire céleste, nous gouterons à un salut complet. Mais sur cette terre, le Saint-Esprit peut déjà nous donner un avant-goût de cette vie divine. Et lorsqu’il le fait, lorsqu’il verse les arrhes de la vie divine dans notre vie, He 2.4 appelle cela « signes », « prodiges », miracles » et « dons du Saint-Esprit ».


Qu’est-ce que cela représente ? Eh bien, ce sont des évènements qui sortent de l’ordinaire, qui transcendent les capacités humaines limitées, et qui permettent à la vie divine céleste de faire irruption dans notre existence terrestre.


Le mot « dons » ici n’est pas « charisma » comme dans 1 Co 12.7, où il est question de la manifestation de l’Esprit, mais c’est le mot « merismos » qui signifie « partage et distribution ». Cela veut dire que le Saint-Esprit prend la totalité de la vie divine, et la partage en différentes quantités ou portions, pour ensuite nous les distribuer sous forme de signes, de prodiges et de miracles, en fonction de nos besoins.


Les mots utilisés ici, nous rappellent que notre Dieu est pour l’éternité le Dieu qui agit ! Je suis désolé pour ceux qui croient davantage les théologiens que la Bible... Si l’on dépose les différents systèmes théologiques, et que l’on s’en tient à ce que dit la Bible, cela devient une évidence : Dieu agit encore, il accomplit encore des signes, des prodiges et des miracles.


Le mot « signes » désigne un fait inhabituel qui transcende le cours naturel des choses. Le mot « prodiges » se rapporte à un miracle exécuté par quelqu’un. Non pas que l’individu soit la source du miracle, mais il en est l’instrument, celui par lequel Dieu agit. Gloire à Dieu, le Seigneur se sert encore d’individus pour manifester sa présence ! Et enfin, le mot « miracles » signale un acte de puissance de la part de Dieu.


Notons que le Saint-Esprit les distribue selon sa volonté. Il est souverain en la matière, nous ne pouvons pas le commander. Mais dans sa grâce et son amour parfait, le Saint-Esprit sait nous donner ce qui nous est nécessaire, au moment opportun. Comment peut-on croire que Dieu a cessé de se servir des croyants depuis la disparition des apôtres ? A part les hypothèses théologiques, rien dans la Bible ne laisse entendre que la disparition des apôtres a mis un terme aux manifestations miraculeuses du Saint-Esprit par l’intermédiaire d’individus...


Oui, le Saint-Esprit accorde des arrhes à l’Eglise !


Par exemple, parmi ces arrhes (ou avances) du Saint-Esprit, il y a un bien précieux, qui est tellement important pour notre vie sur terre : la guérison et la santé de notre corps. Que dit la Bible ? Lisons dans 1 P 2.24 : Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. Que dit l’apôtre ici ?


Eh bien il affirme que Jésus a acquis légalement la guérison pour notre corps en mourant à la croix. Cependant, force est de constater que nous sommes encore fragiles et sujets à la maladie, parce que nous attendons le rachat complet de notre corps. C’est pourquoi, Paul dit dans Ro 8.23 : Nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.


Mais écoutez la bonne nouvelle : selon la volonté de Dieu, et si nous le lui demandons avec humilité et soumission, le Saint-Esprit peut nous donner un avant-goût de la rédemption complète de notre corps en le guérissant !


Attention, je ne prétends pas que cela va se produire ! Je ne vous fait aucune promesse. Je dis juste que la guérison pour nos corps malades, fait partie des arrhes de l’Esprit. Je vous invite à le croire simplement. Si la Bible le dit, cela doit être vrai. Et si nous osions croire la Bible ? Que nos cœurs soient ouverts et humbles devant Dieu : il peut déverser dans notre vie les arrhes de l’Esprit. Et pourquoi pas la guérison de votre corps ?


A bientôt...



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