PLAIDER NOTRE CAUSE DEVANT DIEU

Nous faisons tous face à des situations difficiles et imprévues, mais il y a une chose que nous devons apprendre à faire : plaider notre cause devant Dieu ! En employant cette expression, je fais référence à une action juridique spirituelle où nous faisons appel à la législation divine dans le domaine de la prière.

« Plaider notre cause devant Dieu », cela signifie que nous présentons notre requête à Dieu, en l’appuyant par des arguments murement réfléchis qui sont en accord avec la vérité révélée du Seigneur dans sa parole. Abraham nous en fournit un bel exemple dans Gn 18 : 22-26, lorsque Dieu envoie deux anges détruire la ville de Sodome, en raison de ses terribles péchés. Devant la nouvelle, Abraham se souvient de son neveu Lot qui habite dans la ville impie, et il décide de plaider sa cause en présence de Dieu :

22 Les hommes s’éloignèrent, et allèrent vers Sodome. Mais Abraham se tint encore en présence de l’Eternel.

23 Abraham s’approcha, et dit : Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant ?

24 Peut-être y a-t-il cinquante justes au milieu de la ville : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui sont au milieu d’elle ?

25 Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ?

26 Et l’Eternel dit : Si je trouve dans Sodome cinquante justes au milieu de la ville, je pardonnerai à toute la ville, à cause d’eux.


Notons qu’Abraham ne se contente pas de juste demander à Dieu d’épargner Lot, mais il argumente avec Dieu en lui rappelant sa nature juste et sa façon d’agir avec justice, sans jamais punir l’innocent avec le coupable (v. 25). Son argument repose sur le fait que s’il se trouve dans la ville 50 justes, Dieu ne les fera pas mourir avec tous les autres méchants ; et qu’à cause de ces 50 justes il épargnera la ville. Devant une telle argumentation qui correspond parfaitement à la nature de Dieu, ainsi qu’à sa façon de réagir, le Seigneur répond par l’affirmative.


Devant le succès de sa plaidoirie en faveur des 50 justes, Abraham présente la cause des 45 justes. La même réponse affirmative le motive à baisser le nombre de plus en plus. Après 45, il descend à 30, puis à 20, et finit par arriver à 10 justes. C’est ainsi qu’Abraham réussit à obtenir la clémence de Dieu pour la ville, même s’il ne s’y trouve que 10 justes. Hélas, il n’y avait pas 10 justes dans la ville de Sodome ! Mais cela Abraham ne le savait pas. Il pensait que toute la famille de Lot totalisait au moins 1 juste, si ce n’est plus... Seulement, il n’y avait que trois juste à Sodome, et la ville était donc condamnée à la destruction. Toutefois, les trois justes de la ville furent épargnés. Il s’agit de Lot et de ses deux filles. Tous les trois, ils doivent la vie sauve à Abraham qui a plaidé leur cause devant Dieu. La Bible dit dans Ja 5.16 : La prière agissante (ou fervente) du juste a une grande efficacité.


Quelqu’un a dit qu’aujourd’hui, quand les chrétiens font face à problème, ils sont plus rapides à prendre leur téléphone pour demander de l’aide, que de se tourner vers Dieu dans la prière ! Nous dirions que nous composons plus facilement le 06 92... que Je 33.3 qui déclare : Invoque-moi, et je te répondrai. Nous avons bien sûr le droit de demander de l’aide, mais il est important que nous apprenions aussi à prier selon Es 43.25-26 :

25 C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, Et je ne me souviendrai plus de tes péchés.

26 Réveille ma mémoire, plaidons ensemble, Parle toi-même, pour te justifier.


Dans ce passage Dieu nous dit deux choses : tout d’abord ce qu’il a fait pour nous ; ensuite, ce que nous devons faire devant lui. De ces deux choses dépendent la victoire ou les bénédictions que nous souhaitons obtenir dans notre vie. Passons-les en revue rapidement.


1) Dieu efface nos péchés et ne s’en souvient plus.

Cela signifie que si nous voulons nous approcher de Dieu avec confiance et obtenir de lui qu’il intervienne en notre faveur, nous devons venir devant lui en étant libres de tout sentiment de condamnation. Pourquoi est-ce important ? Eh bien parce que 1 Jn 3.21 déclare : Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu.


Or, comme nous le savons bien, le moindre sentiment de culpabilité suite à un péché, sape notre assurance à nous approcher de Dieu. C’est pourquoi, nous devons régler la question du péché lorsque nous nous approchons de Dieu. En d’autres mots, Jésus doit être notre sauveur, et nous devons confesser nos péchés chaque fois que c’est nécessaire.


Il y a deux vérités à garder présent à l’esprit. La première vérité, c’est que Dieu ne pardonne que ceux qui acceptent Jésus comme Seigneur et sauveur. Il est paradoxal de le dire, mais c’est la vérité : Dieu ne pardonne pas les pécheurs qui n’acceptent pas le salut en Jésus ! Les seuls pécheurs que Dieu pardonne, ce sont ceux qui se soumettent à Jésus et qui entrent dans le salut qu’il a accompli pour eux, en mourant à leur place. La seconde vérité, c’est que tout chrétien a besoin d’être pardonné régulièrement de ses péchés. Ce pardon régulier n’est pas le pardon judiciaire que nous recevons une fois pour toute lors de notre conversion, mais c’est le pardon paternel qui nous est nécessaire dans la vie quotidienne. Voyez-vous, à la conversion, c’est Dieu le juge qui nous pardonne, mais dans notre marche chrétienne, c’est Dieu le Père qui nous pardonne. Et il le fait sur la base de notre confession selon 1 Jn 1.9 : Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.


Si Dieu nous purifie de nos péchés, ceux-ci disparaissent, ils sont effacés. Ils n’existent plus aux yeux de Dieu comme le dit le Ps 103.12 : Autant l’orient est éloigné de l’occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions. Si Dieu ne s’en souvient plus, nous aussi nous ne devons plus y penser. C’est pourquoi, nous devons venir devant Dieu au travers du sang de Jésus qui nous purifie de tout péché. C’est pourquoi il est dit dans He 10.19 : Ainsi donc, frères, nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire. Donc, voilà ce que Dieu fait pour nous : il nous pardonne, nous purifie de tous nos péchés et ne s’en souvient plus. Gloire au Seigneur ! Maintenant, examinons ce que nous devons faire.


2) Nous devons plaider notre cause.

J’attire votre attention sur ce verset dans Es 43.26 : Réveille ma mémoire, plaidons ensemble, Parle toi-même, pour te justifier. Qu’est-ce que nous apprenons ici ? Eh bien une fois que nous nous approchons de Dieu recouvert par le sang de Jésus, nous sommes invités par Dieu lui-même à plaider notre cause. Notre problème, c’est que nous ne le faisons pas comme cela devrait être fait. Comment un avocat plaide-t-il la cause de son client ? En suppliant le juge d’avoir pitié de son client ? Bien sûr que non ! que fait-il ? Il monte un dossier en présentant des arguments en faveur de celui qu’il représente. Relisez cette phrase s’il vous plait : Il monte un dossier en présentant des arguments en faveur de celui qu’il représente.


Trop souvent nous venons devant Dieu « sans dossier et sans arguments ». Nous ne préparons pas notre plaidoirie. Nous nous jetons dans la prière, en espérant que Dieu aura pitié de nous. Mais plaider notre cause dans la prière demande au moins deux choses que nous devons faire si nous voulons que Dieu intervienne :

a) Réveiller la mémoire de Dieu

b) Parler pour justifier notre requête.


Premièrement, quand Dieu dit : « Réveille ma mémoire », cela signifie que nous devons lui rappeler les promesses qu’il nous a faites concernant nos besoins. Mais prenons-nous le temps de rassembler les promesses de Dieu ayant trait à notre situation ?


Les chrétiens devraient lire et étudier la parole afin de connaître quelle est la volonté de Dieu concernant les différentes situations de la vie et les problèmes qui surgissent. Cette volonté divine devient la promesse sur laquelle nous prions.


1 Jn 5.14 : Nous avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute.


Nous devons lire et étudier sérieusement la Parole de Dieu afin de connaître la volonté et les promesses de Dieu pour les besoins variés qui surgissent dans notre vie. Mieux nous connaissons la Parole, mieux nous sommes équipés pour la prière.


Jn 15.7 : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.


Lorsque nous sommes en communion avec le Seigneur et avec sa parole, nous savons instinctivement quoi demander, et notre prière est exaucée. Plaider notre cause constitue une demande légale qui doit être soutenue par la Parole de Dieu.


Deuxièmement, quand Dieu dit « Parle toi-même, pour te justifier », cela signifie que nous devons argumenter nos demandes non seulement en nous appuyant sur sa parole, mais aussi en présentant les raisons objectives qui nous poussent à prier.


Le verbe hébreu traduit par « parle » signifie aussi « énumérer ». Il est bon de faire la liste et de présenter à Dieu des raisons objectives pour lesquelles nous lui demandons de nous accorder un miracle. Il ne s’agit pas de mériter l’intervention de Dieu, mais de plaider intelligemment notre cause. Faisons valoir nos droits avec humilité. Sachons présenter nos demandes à Dieu en connaissance de cause.


Ps 32.9 : Ne soyez pas comme un cheval ou un mulet sans intelligence ; On les bride avec un frein et un mors, dont on les pare, Afin qu’ils ne s’approchent point de toi.


Dieu attend nos arguments. D’ailleurs, Jésus en personne illustre ce principe dans Mc 7.26-29 :

26 Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit :

27 Laisse d’abord les enfants se rassasier ; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.

28 Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.

29 Alors il lui dit : à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.


Cette femme a su argumenter sa requête en se servant de l’objection de Jésus qui, en apparence, semblait ne pas vouloir guérir sa fille. Son argument est le suivant : si elle fait partie des petits chiens, les miettes qui tombent de la table des enfants lui suffisent pour la délivrance de sa fille.


Par la foi en Jésus, nous sommes dans une alliance avec Dieu et il est prêt à nous rendre justice, si nous nous appliquons à plaider notre cause devant Dieu en lui rappelant ses promesses et en présentant des arguments objectifs, selon Lu 18.7-8 :

7 Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ?

8 Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?


Apprenons à construire une vie de prière intelligente. Développons un contact avec Dieu où la prière devient une interaction avec lui. Soyons connu au ciel comme des hommes et des femmes qui plaident leur cause devant Dieu.


A bientôt...