AUJOURD’HUI, LA FIN DE NOTRE CIVILISATION

Ce qu’on a pu lire dans les livres de fiction sur les pandémies, et voir dans les films à scénario catastrophe sur le même sujet, est devenu aujourd’hui une réalité. Le Coronavirus ou SARS-COV2 se répand sur le monde comme un tsunami, avec près de 4 milliards de personnes qui vivent maintenant recluses chez elles, en proie à la peur, voire à la psychose.

Le monde tel qu’on le connait semble s’écrouler tout autour de nous. Nul ne peut prédire les conséquences de ce désastre sanitaire, financier, économique, social… Mais tout le monde s’accorde pour dire qu’il y aura un avant et un après Coronavirus.

Pourquoi tout cela nous arrive-t-il aujourd’hui ? Qu’est ce qui va changer après que ce virus nous aura laissé reprendre une vie « normale » ?


Cette pandémie n’est pas le fruit du hasard, nous les êtres humains, en sommes à l’origine, comme toutes celles passées et celles à venir. (I - NOUS SOMMES RESPONSABLES)

Dans cette course en avant vers le toujours plus, il nous est aussi donné de faire une pause, quelle que soit notre condition sociale, petit ou grand, riche ou pauvre, puissant ou faible, pour prendre conscience du changement de paradigme que nous devons opérer. (II – NOUS DEVONS CHANGER DE PARADIGME)


I - NOUS SOMMES RESPONSABLES

Si Dieu a créé la Terre pour que l’homme y habite, et qu’il « domine » sur les poissons, les oiseaux, sur le bétail, etc… (Genèse 1.26 : « Dieu dit : Faisons l’homme de sorte qu’il soit à notre image, qu’il nous ressemble. Qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. »), c’est pour qu’il en prenne soin, comme Dieu Lui-même l’aurait fait s’Il ne nous en avait pas délégué la responsabilité. (Genèse 2.15 « Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder. »)

Mais c’est plutôt le contraire qui s’est passé.

Dans ce contexte, la multiplication des pandémies liées au contact entre humains et animaux, risque de se poursuivre ces prochaines années car elles sont la conséquence directe des excès de l’activité humaine.

Ainsi, les déforestations massives dans le monde sont à l’origine non seulement du dérèglement climatique et de l’extinction des espèces, mais encore des pandémies. En effet, les zones déboisées augmentent le contact entre la faune sauvage et l’homme, sachant que 70 % des maladies infectieuses transmises par les animaux à l’homme sont propagées par des animaux sauvages.

Lorsque l’être humain détruit les habitats naturels des animaux sauvages les contraignant à s’installer à proximité de notre habitat (les chauves-souris vont trouver refuge dans les arbres de nos jardins publics, privés), et qu’il les chasse de manière massive pour les exploiter ou les manger, ce qui a aussi pour effet d’entraîner leur extinction, il ne faut pas s’étonner ensuite qu’il soit contaminé par les virus que véhiculent ces animaux sauvages.

Le virus Ebola dont le taux de létalité moyen est de 50% qui est apparu pour la première fois en 1976 en République Démocratique du Congo et qui continue à faire des ravages en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, se transmet à l’homme à partir d’animaux sauvages tels que chauves-souris, chimpanzés, antilopes ou porcs-épics.

Lors de l’épidémie de SRAS en 2002-2003, également causée par un coronavirus, la civette a été le petit mammifère vecteur de la transmission du virus à l’homme. N’oublions pas aussi que les chimpanzés et gorilles du Cameroun, du Gabon de la RDC et d’Ouganda sont à l’origine de la pandémie du SIDA.

Quant au COVID-19, les premiers cas d’infection ont été signalés en décembre 2019 par la Chine et concernaient des personnes qui travaillaient ou se rendaient fréquemment sur le marché de gros de Wuhan, où des mammifères sauvages encore vivants, dont le pangolin, étaient vendus pour être mangés, un marché qui a été fermé dès le 1er janvier 2020.

Mais comment en est-t-on arrivé à soupçonner le pangolin, petit mammifère sauvage à écailles, solitaire et nocturne qui vit dans les forêts tropicales d’Asie et d’Afrique australe, d’avoir transmis le coronavirus à l’homme ? Théoriquement, les contacts entre le pangolin et l’homme sont rares, et donc la probabilité qu’il nous transmette un virus est faible.

Sauf que le pangolin est l’une des espèces les plus braconnées au monde au point d’entraîner son extinction. Son commerce est strictement interdit, pourtant plus de 20 tonnes sont saisies chaque année dans le monde, ce qui montre un trafic total d’une ampleur colossale.

S’il doit y avoir un responsable du COVID 19, ce n’est donc pas le pangolin, mais l’homme, parce qu’il n’y a aucune raison naturelle d’avoir des relations étroites entre cette espèce sauvage et les humains. Si on ne les avait pas autant chassés et rassemblés dans les marchés, la transmission du coronavirus à l’homme n’aurait jamais eu lieu. Si l’épidémie s’est transformée rapidement en pandémie, c’est aussi parce que le SARS-COV2, particulièrement contagieux, a voyagé à la vitesse des avions de ligne.

Les premiers cas de COVID-19 ailleurs qu’en Chine n’ont été connus qu’à la mi-janvier 2020. Agnès BUZIN, alors ministre de la santé, déclarait alors le 21 janvier 2020 que « le risque d’introduction en France était faible mais qu’il ne pouvait pas être exclu… ». Quand on pense à la vitesse à laquelle on a assisté à la propagation de ce virus dans le monde, on prend alors conscience du rôle qu’a joué le transport aérien dans cette pandémie.

Si aujourd’hui les aéroports ferment les uns après les autres, faute d’avions à faire décoller et de voyageurs à transporter, près de 150 personnes prenaient l’avion chaque seconde avant la crise du coronavirus, ce qui représente sur une année, plus de 4 milliards de passagers transportés et plus de 40 millions de vols.

Mais si l’épidémie du SRAS n’avait fait « que 800 morts » en 2003 et s’était surtout limitée à la Chine, tel n’est pas le cas du COVID-19 dont l’impact est planétaire, et les conséquences sur le plan sanitaire, économique et sociale autrement plus désastreuses.

Cette situation inédite d’arrêt total des transports aériens, de blocage de l’économie marchande, de confinement de près de 4 milliards de personnes nous donne aujourd’hui l’opportunité de prendre conscience que le mode de fonctionnement de notre monde tel que nous l’avons toujours connu nous mène « droit dans le mur » et qu’il est peutêtre encore temps de changer de paradigme.


II – NOUS DEVONS CHANGER DE PARADIGME

Dans un précédant article « Demain, la fin de notre civilisation » écrit en août 2018, nous avions évoqué les causes d’un probable effondrement systémique de notre monde, lié à la surexploitation des ressources naturelles entraînant leur disparition, au dérèglement climatique, et à l’explosion du système financier qui pourrait être l’élément déclencheur de cet effondrement.

A l’époque, nous ne pouvions pas imaginer que la propagation d’un virus dans le monde entier provoquerait non seulement le confinement de la moitié de la population mondiale et l’arrêt de l’ensemble des activités sur toute la planète mais encore le krach boursier que bon nombre d’économistes nous prédisaient pour 2020.

Devant cette situation inédite, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur le sens de toutes ces choses qui nous arrivent et si possible, nous poser les bonnes questions. Une prise de conscience s’impose, notamment sur le fait que notre mode de vie actuel basé sur une croissance infinie, une course effrénée vers le toujours plus de consommation, de surexploitation des ressources, de déforestation, n’est plus possible sur une planète finie.

Notre mode de vie agit comme un cancer dont l’humanité subit aujourd’hui les effets des métastases à travers cette pandémie actuelle et la crise financière, économique et sociale qui en découle. Bien que bon nombre de spécialistes nous disent qu’il est déjà trop tard, nous sommes peut-être arrivés à un moment de l’histoire de l’humanité où il nous faut dire stop, et si nos dirigeants en sont incapables (ce qui sera probablement le cas), Dieu s’en chargera peut-être à notre place (Psaume 46.11 : « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu : je domine sur les nations, je domine sur la terre. »).

L’homme entouré de tous ses moyens matériels et technologiques développe plus que jamais sa propre force destructrice. Aujourd’hui dépouillé de tout cela et réduit à tourner en rond chez lui comme tous ces animaux qu’il met en cage, il lui faudrait apprendre qu’il y a une puissance au-dessus de la sienne, et qu’il y a lieu de respecter et de préserver le monde dans lequel il vit et non pas le détruire, car la catastrophe est déjà là !

Nous sommes tous conscients de vivre dans des sociétés de surconsommation. Ce phénomène consumériste est lié à nos pulsions accumulatrices qui nous poussent à vouloir toujours plus et à ne jamais manquer de rien. En cette période de confinement, cela se traduit alors par l’accumulation de produits bon marché qui ne se périment pas, comme le papier toilette.

Dans d’autres sphères, celles qui gouvernent réellement notre monde, l’argent virtuel est devenu le maître, le livre de l’Ecclésiaste nous le rappelle : « celui qui aime l’argent n’est jamais rassasié d’argent. » (Ecclésiaste 5.10), et Jésus-Christ lui-même nous en avait mis en garde : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Mathieu 6.24)

Hélas, l’avidité de tous ceux qui nous ont conduits à la crise financière de 2008, risque fort de nous conduire vers une crise économique dont il nous sera difficile de nous relever.

L’ampleur de cette crise économique à laquelle nous devons faire face témoigne de la fragilité de la situation économique déjà existante dans le monde, dont nous avions décrits les éléments caractéristiques dans notre article précédent.

Douze ans après le krach de 2008, le système financier mondial est certainement au bord d’un effondrement aux conséquences économiques et sociales dévastatrices. Pour rappel, en réponse à la panique financière de 2008 qui a rendu beaucoup de grandes institutions financières insolvables, les banques centrales ont injecté plus de 4000 milliards de dollars dans le secteur bancaire.

Mais cette manne financière n’a profité qu’aux marchés financiers et servi à alimenter les bulles spéculatives qui sont sur le point d’exploser aujourd’hui, alors qu’elle aurait pu et dû être orientée vers l’économie réelle et la satisfaction des besoins sociaux.

Aujourd’hui, afin de maintenir à flot l’activité économique et limiter les effets de la récession, puisque d’aucuns parlent maintenant d’une situation semblable à celle du krach boursier de 1929 qui a provoqué la plus grande crise économique du XXème siècle, les Etats n’ont pas d’autre choix que d’augmenter leur dette publique. Or, il faut savoir que les Etats ne créent pas ex nihilo de l’argent, et vont devoir emprunter comme les entreprises et les particuliers, auprès du secteur bancaire, en créant notamment des obligations d’Etat (Bons du Trésor).

Les banques ne disposant pas de cet argent (nos dirigeants évoquent aujourd’hui le chiffre de 5000 milliards de dollars), ce sont alors les banques centrales qui vont créer cet argent et acheter aux banques privées l’ensemble de ces actifs publics. C’est le mécanisme du Quantitative Easing.

Dans quelques mois, toutes les banques et autres institutions financières privées vont aussi se retrouver à la tête de quelques 5000 milliards de dollars qu’elles vont chercher à faire fructifier en finançant l’économie, directement par l’octroi de crédit aux entreprises et aux particuliers et indirectement par la création et achat d’autres titres qui vont alimenter les marchés financiers.

Or, lorsque l’on sait qu’à peine quelques pourcents des milliers de milliards de dollars qui s’échangent quotidiennement sur les marchés financiers correspondent à des biens et services réels, on se doute que ce ne sont pas les particuliers, les petits épargnants, les PME… qui verront la couleur de cet argent qui restera dans les poches des géants de la finance et servira à nouveau à renflouer leurs pertes sur les marchés boursiers.

Les indices boursiers étant considérés comme des révélateurs de la bonne santé des économies, nos dirigeants politiques, vont aussi tout mettre en œuvre pour que les marchés financiers survivent à cette crise, mais à quel prix ?

Si la crise financière de 2008 n’a pas entraîné chez nous une crise économique majeure, tel ne sera pas le cas de cette crise actuelle. Les banques qui étaient déjà frileuses à accorder des crédits aux entreprises compte tenu du risque important d’insolvabilité des débiteurs et parce que cela ne leur rapportait rien, les taux d’intérêt étant inférieur à l’inflation, elles seront encore moins enclines à le faire (même s’il s’agit de crédits garantis par l’Etat), en cette période de grande instabilité économique.

Dans ce contexte, l’arrêt forcé de l’économie mondiale qui nous est imposé par le confinement généralisé dans presque tous les pays et l’inertie des banques qui préfèreront déverser les milliards de dollars et d’euros qu’elles vont recevoir des banques centrales, dans la sphère financière beaucoup plus rentable, plutôt que dans l’économie réelle, aura pour effet d’entrainer la faillite de bons nombres d’entreprises, et la mise au chômage d’un grand nombre de salariés.

L’écart entre les 0.1 % les plus riches et les plus pauvres va s’accentuer dans quelques mois, et il est à craindre que la crise économique que l’on va traverser, précède une crise sociale qui se traduira par un accroissement des tensions sociales (manifestations, grèves, mouvements sociaux, émeutes…) dont la crise des gilets jaunes n’aura été qu’un léger avant-goût.

Et cette crise sociale risque de dégénérer si elle est suivie à son tour d’une crise alimentaire. L’Organisation des nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) nous mettent en garde aujourd’hui contre une possible pénurie alimentaire.

D’une agriculture traditionnelle où les ressources humaines étaient nombreuses, la biodiversité élevée, les cultures diversifiées et de saison sur une même unité foncière, nos sociétés sont passées à une agriculture industrielle intensive caractérisée par le remplacement des moyens humains par des machines, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, toxiques pour l’homme et détruisant au passage la vie dans les sols, la disparition du foncier agricole au profit de l’urbanisation réduisant un peu plus chaque jour notre autonomie alimentaire, un système d’élevage intensif due à la surconsommation de viande dans le monde entraînant la déforestation en Amazonie, l’usage démesuré d’huile de palme responsable de la déforestation en Indonésie…

Les petites exploitations paysannes se sont raréfiées au profit des fermes-usines ultra mécanisées si bien qu’aujourd’hui, 80 à 95 % de la production agricole est issue de systèmes intensifs, destructeurs de notre environnement.

Nous oublions alors trop facilement que la terre (la nature, la biodiversité…) est un cadeau précieux, fragile, et que l’homme qui en est responsable doit la respecter. En détruisant notre planète comme nous le faisons, nous nous détruisons nous-mêmes. Or la création et l’humanité sont intimement liées et l’apôtre Paul dans son épître aux Romains prête à la création un désir d’être délivrée un jour des souffrances que nous lui causons (Romain 8.22 : « Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. »).

Jésus-Christ, lorsqu’il dit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » (Matthieu 6.25) , veut nous faire comprendre que le Dieu créateur qui a créé toute chose et qui nous a donné la vie, nous donnera tout ce qui est nécessaire à notre subsistance, mais à la condition que nous nous comportions comme de bons gestionnaires des ressources de notre planète si belle mais tellement fragile, et non pas comme des pilleurs « écervelés », comme cela est le cas de certains dirigeants et ceux qui sont à la tête de ce monstre devenu incontrôlable qu’est la finance.

Nous ne nous faisons pas trop d’illusions, à moins d’un miracle, notre système financier pris dans cette spirale infernale qui le condamne à survivre sous perfusion constante d’argent virtuel, ne tiendra pas longtemps de la sorte.

Et ce qui se passe au Venezuela, qui est passé en 20 ans de pays le plus riche d’Amérique latine grâce à sa manne pétrolière, à 94 % de pauvreté où l’eau et l’électricité sont devenues un luxe, ou bien en Argentine placé en état d’urgence alimentaire le 19 septembre 2019 par son gouvernement, risque de frapper à notre porte et devenir un jour notre réalité…

Beaucoup n’y croient pas. Pourtant ce qui nous semblait si lointain et inimaginable que cela puisse nous arriver à nous aussi, comme cela a été le cas lorsque nous avons vu les premières images du confinement imposé aux 11 millions d’habitants à WUHAN, est très vite devenu notre réalité aujourd’hui.

Alors, que faire ?

Si nos élites politiques et économiques continuent à être plus promptes à sauver le monde de la finance plutôt que notre planète, il nous appartient d’imaginer un autre paradigme que celui basé sur une croissance exponentielle sans limite et une addiction consumériste sans frein. Cette période de confinement a cela de bon que nous avons appris à vivre sans avoir à acheter de nouveaux vêtements alors que nos armoires en sont pleines, d’articles de mode, de nouvelles chaussures, de biens de consommation de toute sorte d’une utilité contestable…

A bien y regarder, ce que nous recherchons en accumulant tous ces biens matériels, c’est essentiellement à nous procurer un plaisir bien éphémère et de combler un vide intérieur. Sauf que l’homme ne peut pas remplir ce vide intérieur en possédant le monde, si cela avait été le cas, nous n’aurions eu que des sages aux commandes de ce monde.

Nous aimerions pouvoir dire comme l’apôtre Paul : « J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. » (Philippiens 4.11-12)

Mais tout le monde n’est pas l’apôtre Paul, néanmoins, nous pouvons à notre échelle, apprendre à remplir nos vies avec d’autres choses que cette accumulation sans fin de biens matériels et nos estomacs avec autre chose que de la viande. Car il est évident aussi que nous devons changer nos habitudes alimentaires.

Le réchauffement de la planète que nous ne pouvons plus ignorer maintenant, la désertification, la dégradation des terres, de l’eau, la destruction de la biodiversité sont dues en grande partie à l’élevage bovin. Un rapport de Greenpeace publié en juin 2009, soit il y a 11 ans déjà, affirmait que l’élevage bovin était responsable à 80 % de la déforestation amazonienne (pâturage des bovins et culture de céréales fourragères). L’homme devrait manger moins de viande, il s’en porterait beaucoup mieux, mais cela ferait du bien également à notre planète.

Dès lors que 60 % des terres agricoles dans le monde sont consacrés à l’élevage, réduire notre consommation de viande entraînerait non seulement un arrêt de la déforestation, mais aussi la libération de vastes territoires pour le reboisement, le développement d’exploitations qui œuvrent en faveur d’une agriculture qui préserve la qualité des sols et dépense moins en engrais chimiques et pesticides.

Cependant, apprendre à l’homme à manger moins de viande, c’est comme lui apprendre à vouloir acheter moins de biens de consommation ou à investir dans le spirituel plutôt que dans le matériel. Il s’agit là d’une « mission impossible » que même l’agent Ethan HUNT ne saurait remplir.

En définitive, si cette pandémie actuelle aura eu pour effet de faire prendre conscience à nos dirigeants de la fragilité de nos systèmes sanitaires, la crise financière, économique et sociale qui va s’en suivre risque de mettre en lumière la fragilité voire la dangerosité de nos pratiques agricoles et alimentaires.

Dans ces conditions, il est peut-être encore temps de réfléchir à ce que nous pourrions avoir dans nos assiettes si les circuits d’approvisionnement actuels et globalisés venaient à disparaître, et que nous nous retrouvions à devoir compter sur ceux qui à proximité pourront nous procurer notre nourriture, mais ceci est une autre histoire…


Eric HAN KWAN

Avril 2020

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