CHRÉTIEN : ES-TU EN TRAIN DE LAVER TA ROBE ?

Imaginez que nous ayons rendez-vous pour déjeuner au restaurant, et que j’arrive avec une heure de retard. Je suis légèrement essoufflé mais dans mon état normal, et je justifie mon retard par l’excuse suivante : « Je suis vraiment désolé d’être en retard, mais figures-toi qu’une des roues de ma voiture a crevé. Pendant que je changeais de pneu sur le bord de la route, j’ai été percuté par un camion qui roulait à 120 km/h. J’ai eu mal, mais je me suis relevé et j’ai pu achever de changer mon pneu. Et me voici enfin... »


Si vous croyez à mon excuse, de deux choses l’une : soit vous êtes d’une naïveté absolue, soit je vous ai séduit au point où vous acceptez tout ce que je raconte. Pourquoi est-ce que je parle ainsi ? Eh bien parce que quelqu’un qui est percuté par un camion qui roule à 120 km/h ne peut plus être dans son « état normal ». Un changement radical est obligé de se produire. De la même façon, lorsqu’on est « percuté » par Dieu, on n’en ressort pas comme on était avant d’avoir vécu cette expérience : un changement radical résulte d’une rencontre avec le Seigneur tout-puissant.


D’après vous, pourquoi Paul dit-il dans 2 Co 5.17 : Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ? Parce qu’il fait référence à une rencontre percutante avec Jésus. Nous pourrions mieux comprendre l’impact de cette rencontre, en lisant le même verset dans la version Parole Vivante : Si quelqu’un entre en communion vivante avec le Christ, il devient un homme nouveau, il est recréé. L’ancien état est dépassé. Ce qu’il était autrefois a disparu. La nouvelle création a déjà commencé ; voici : tout est devenu nouveau.


Disons-le clairement : toute rencontre avec Jésus fait d’un individu une personne très différente de ce qu’il était avant que cette rencontre ait lieu. S’il n’y a pas de différence, alors la rencontre avec le Christ n’a pas eu lieu. Je crois que nous avons besoin de revenir aux fondamentaux de l’évangile, surtout à notre époque où le flou et la confusion la plus totale font croire à des millions de croyants qu’ils sont sauvés, alors qu’ils ne le sont pas.


Mais pourquoi tant de gens se croient-ils sauvés ?


D’une part, parce qu’ils vivent dans une culture dite « chrétienne », où les grandes vérités bibliques circulent par le biais de la religion. Mais d’autre part, parce que les églises favorisent l’adhésion à ces grandes vérités, ce qui est considéré comme le signe que l’on est sauvé et en route vers le paradis.


L’Evangile est clair : la foi en Jésus et l’obéissance à sa volonté sont les conditions sine qua none du salut. Le salut ne repose pas sur une tradition d’église, sur les émotions, sur les idées personnelles ou sur la sincérité d’un individu. Le salut repose sur la vérité révélée par l’Evangile, et toute désobéissance à cette vérité, qu’elle soit basée sur la tradition, les émotions, les idées personnelles et la sincérité, sera sanctionnée par la condamnation. C’est ce que Paul dit dans 2 Th 2.10, 12 :

10 Et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés...

12 Afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.


Notons qu’ici Paul annonce sans aucune ambiguïté que c’est l’amour et la foi dans la vérité qui sauve de la condamnation. Rien d’autre ne peut faire cela. C’est pourquoi des millions de gens se croient en règle avec Dieu, mais ne le sont pas. La religion chrétienne se croit au-dessus de ce que Dieu a clairement déclaré dans sa Parole. Aucune église ne peut sauver. Aucun rituel ou sacrement ne peut sauver. Aucun prêtre ou pasteur ne peut sauver. Jésus seul sauve.


L’Evangile proclame la vérité, et si nous contestons cet Évangile, en faisant confiance davantage aux hommes et la tradition qu’à Dieu, les conséquences seront dramatiques. C’est ce que Jésus dit en substance dans Mt 7.21 : Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.


Mais revenons à notre image de départ : être percuté par Dieu opère une profonde transformation dans la vie d’un croyant. Ce changement se situe à plusieurs niveaux :

  • La manière de penser : le croyant se met à penser en accord avec la vérité. Il commence à voir Dieu tel qu’il est réellement, et non comme il se l’imaginait.

  • La volonté : le croyant éprouve le profond désir de faire ce que Dieu demande, et n’est pas en paix tant qu’il ne s’est pas soumis à la volonté divine.

  • Les désirs : l’attrait de la terre et du monde diminue de plus en plus, et les choses de Dieu prennent de plus en plus de place dans l’affection du croyant.

  • Les relations : le croyant revoit la nature et l’impact de ses relations à la lumière de la vérité, et cherche à y mettre de l’ordre pour la gloire de Dieu.

Personne ne peut se prétendre sauvé s’il n’est pas transformé dans sa façon de vivre, selon 1 Co 6.9-11 :

9 Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes,

10 ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu.

11 Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu.


J’attire votre attention sur cette expression du v.11 « vous avez été lavés ». Avant d’être accepté dans le royaume de Dieu, un individu doit être lavé spirituellement. Nul ne peut prétendre avoir accès au royaume de Dieu s’il continue dans le style de vie décrit dans les v.9-10. Si un individu veut voir le royaume de Dieu et y vivre, il a une condition à remplir : être spirituellement lavé. Jésus a dit à Nicodème dans Jn 3.3 : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Toutes les pratiques religieuses ne servent à rien si cette nouvelle naissance n’a pas lieu. C’est ce que Paul proclame dans Ga 6.15 : Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis ; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature.


Cependant, cette transformation ne se produit pas une seule fois au début de notre vie en Christ, mais elle doit être continuelle jusqu’à ce que nous quittions cette terre. Et c’est là où de nombreux croyants entretiennent une fausse espérance. Certains disent : « Je suis née de nouveau quand j’étais enfant ou il y a 15 ans, donc je suis sauvé et en route vers le ciel pour retrouver Jésus ». Mais penser ainsi, c’est montrer que l’on ne connait pas ou ne comprend pas l’Evangile...


En effet, selon l’Evangile, ce n’est pas une transformation initiale qui assure le salut (= un peu comme quand on est inscrit sur une liste d’abonnés !), mais c’est une constante transformation, qui nous ouvre la porte du ciel. Jean dit dans Ap 22.14-15 :

14 Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville !

15 Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge !


« Ceux qui lavent leurs robes », ce sont ceux qui ne s’appuient pas sur une nouvelle naissance qui s’est produite il y a 15 ans, mais qui s’appliquent avec crainte à se sanctifier et à être transformés de jours en jours. C’est ce qui ressort de 2 Co 3.18 (Sg 21) : Nous tous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur. Paul dit ici que tout véritable chrétien doit être transformé de gloire en gloire. Cela signifie que le changement qui s’opère dans le chrétien a pour résultat de le faire passer d’un niveau de gloire à un autre niveau de gloire, et ceci constamment.


C’est cela « laver sa robe » : être constamment transformé à l’image de Jésus en délaissant de plus en plus la chair, le péché, la corruption et les forteresses démoniaques qui se sont emparées de nos pensées au fil du temps. Alors ma question est simple : « Chrétien : es-tu en train de laver ta robe ? ». Ce n’est pas quelque chose que l’on fait une fois, mais c’est une action permanente, régulière et soutenue. Elle se situe dans le présent, et non dans le passé seulement.


Mais comment lave-t-on sa robe, c’est-à-dire comment sommes-nous constamment transformés de gloire en gloire ? Notre verset nous donne la réponse : c’est lorsque nous « contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur ». Maintenant, que signifie « contempler la gloire du Seigneur » ? Cela veut dire : avoir régulièrement un face à face avec Dieu, afin d’être percuté par sa présence, ce qui aura pour effet de transformer notre caractère, notre personnalité, nos dispositions, nos projets, notre comportement, etc. Bref, toute notre vie ! Si nous constatons un manque et un besoin de changements dans notre vie, nous devons faire comme Jacob dans Gn 32.24-31 :

24 Jacob demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore.

25 Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l’emboîture de la hanche ; et l’emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui.

26 Il dit : Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. Et Jacob répondit : Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni.

27 Il lui dit : Quel est ton nom ? Et il répondit : Jacob.

28 Il dit encore : ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur.

29 Jacob l’interrogea, en disant : Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là.

30 Jacob appela ce lieu du nom de Peniel : car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée.

31 Le soleil se levait, lorsqu’il passa Peniel. Jacob boitait de la hanche.


J’attire votre attention sur le v.30 : Jacob appela ce lieu du nom de Peniel : car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée. C’est son face à face avec Dieu qui a sauvé l’âme de Jacob. En guise de conclusion et sans étudier en détails ce passage, nous allons relever les trois principes qui permettent d’avoir un face à face transformateur avec Dieu.


1. LA RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE

24 Jacob demeura seul...

Le salut ou la sanctification par procuration n’existe pas : personne ne peut obtenir ma transformation, cela relève de ma responsabilité personnelle. Il en est de même pour vous. Personne ne peut se substituer à vous pour être transformé, c’est une expérience que vous devez vivre vous-mêmes. Notez que Jacob a dû vivre ce face à face en étant seul !


C’est le même principe avec la prière : trop de croyants se reposent sur la prière des autres croyants, sans faire l’effort eux-mêmes de chercher Dieu. Cela ne marche pas comme ça, et c’est pourquoi beaucoup de chrétiens n’obtiennent pas la victoire : parce qu’ils comptent trop sur les autres pour prier pour eux... Attention ! Je ne dis pas que demander de l’aide dans la prière soit une mauvaise chose. Pas du tout. Nous devons prier les uns pour les autres. Toutefois, chacun doit assumer la responsabilité d’une vie de prière individuelle.


2. LA LUTTE ACHARNÉE

24 ... Alors un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore.

Le second principe fait intervenir ce que Watchman Nee nomme « la guerre à genoux ». Jacob se retrouva au milieu d’un combat dont l’issu allait donner à sa vie une nouvelle dimension. Ce combat dura toute la nuit, ce qui indique que Jacob s’est vraiment acharné pour obtenir la victoire. Il n’a pas agi avec timidité et mollesse, mais il a fait preuve d’assurance et de ferveur.


Trop de chrétien font preuve de tiédeur dans leur prière et leur recherche de Dieu. Ils se contentent de « faire leur prière » chaque jour, comme pour s’acquitter de leur devoir et avoir la conscience tranquille. Mais ils devraient être tenaces comme Jacob, et agir avec dynamisme, endurance et vitalité lorsqu’ils prient. Nous lisons au v.26 : Il dit : Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. Et Jacob répondit : Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. Il est de la plus haute importance que nous apprenions la prière assidue, celle qui persévère avec ferveur et zèle afin d’obtenir de Dieu ce qu’il a promis. Notons ce que Dieu déclare à Jacob suite à cette lutte acharnée, dans le v.28 : Il dit encore : ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur. Non seulement Jacob savait lutter avec les hommes, mais il savait aussi lutter avec Dieu. Pas contre Dieu, mais avec Dieu, c’est-à-dire qu’il a persisté jusqu’à ce qu’il reçoive ce qu’il désirait.


I. LE BRISEMENT DE L’EGO

25 Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l’emboîture de la hanche ; et l’emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui.

Notons que Dieu frappa Jacob et lui démit la hanche. C’est Dieu en personne qui infligea cette douleur à Jacob, ce qui eut pour résultat un handicap qui a peut-être duré toute sa vie. Le v.31 déclare : Le soleil se levait, lorsqu’il passa Peniel. Jacob boitait de la hanche. Mais derrière ce handicap, qu’il fût passager ou permanent, c’est l’ego de Jacob qui a été brisé. Il fut dépouillé de sa confiance en lui et de l’image positive qu’il avait de sa personne. Il a perdu ses faux espoirs.


Cette remise en question et ce dépouillement de la chair, c’est le prix à payer pour être transformé et recevoir la bénédiction. Les changements de situations dépendent la plupart du temps d’une transformation personnelle, à l’instar de Jacob. Le v.29 poursuit ainsi : Jacob l’interrogea, en disant : Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là. Jacob avait lavé sa robe. Il avait été transformé et avait atteint un autre pallier de gloire : ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël. La question est : Sur les 2.18 milliards de chrétiens dans le monde (soit 1/3 de la population), combien sont en train de laver leur robe en ce moment ?


Hélas ! Trop de chrétiens s’appuient sur leur expérience de conversion d’il y a plusieurs années en arrière, et ont cessé d’être transformés de gloire en gloire à l’image de Jésus. Ils sont dans un Statu Quo spirituel où rien ne se passe. Ils oublient que leur conversion ne compte pas si leur vie n’est pas sanctifiée constamment. Ils oublient que celui qui ne lave pas sa robe, et permet au péché de régner dans sa vie, ne pourra pas entrer dans le royaume éternel.


Être sauvé, ne veut pas dire être inscrit sur une liste d’abonnés à la religion chrétienne, mais être sauvé, c’est être constamment changé à l’image de la sainteté de Jésus, en lui ressemblant de plus en plus, afin qu’il nous accepte dans son royaume. Alors je répète ma question : CHRÉTIEN : ES-TU EN TRAIN DE LAVER TA ROBE ? Ou perds-tu ton temps à regarder ta vieille robe sale qui date de 15 ou 30 ans en arrière, et qui maintiendra la porte du ciel fermée pour toi ? Le péché, la chair et le monde doivent être vaincus par le chrétien. Ne pensez pas que le Seigneur acceptera le compromis avec ces trois choses. Je crois que c’est le moment idéal pour rappeler ce que dit 2 Co 6.17-7.1 :

17 C'est pourquoi, Sortez du milieu d’eux, Et séparez-vous, dit le Seigneur ; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je vous accueillerai.

18 Je serai pour vous un Père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant.

1 Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu.


Que dire de plus ?


A bientôt...