DISCIPLINE DE LA PIÉTÉ - 1ère PARTIE

Mis à jour : avr. 25

Je vous invite à lire avec moi dans 1 Ti 4.8 où l’apôtre Paul écrit ces paroles tellement importantes en ces temps troublés que nous sommes en train de vivre : Exerce-toi à la piété ; car l’exercice corporel est utile à peu de chose, tandis que la piété est utile à tout : elle a la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir.


Dans ce verset, Paul nous exhorte à l’exercice, mais il en précise la nature : Exerce-toi à la piété. Il ne nie pas l’utilité de l’exercice corporel, c’est-à-dire du sport, mais il fait une mise en garde : l’utilité du sport est de courte durée, car elle dépend de nos capacités physiques qui diminuent avec l’âge, tandis que la piété est utile pour la vie présente, ainsi que pour la vie future dans l’éternité.


En d’autres mots : si utile que puisse être le sport, la piété l’est davantage, et nous ne devrions pas la négliger... Attention, je ne suis pas entrain de dire de ne plus faire de sport, je dis juste que la piété est plus importante ! Bien évidemment, prenez soin de votre corps en lui réservant du temps pour l’exercice physique, tout comme vous veillez à le nourrir correctement, mais sachez mettre les choses à leur place. Respectez l’ordre des priorités : la piété doit être en première position, ensuite vient le reste.


Quand Paul parle d’exercice, il utilise le mot grec qui désigne la discipline et les efforts que fournit un athlète dans sa préparation en vue d’une compétition. Ce mot grec a donné en français « Gymnase » et « Gymnastique », ce qui indique la nécessité de la discipline que nous devons fournir dans notre marche avec Christ. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un véritable chrétien, si ce n’est un disciple de Jésus ? Or, qui dit disciple, dit discipline. Un vrai disciple est soumis à la discipline de son maître, nous sommes bien d’accord ?


Aussi étrange que cela puisse paraître, la notion de « discipline » n’a pas trop la côte dans certains milieux chrétiens. Je parle bien sûr de discipline personnelle. Je parle de cette attitude qui consiste à veiller sur les actions que nous entreprenons au quotidien. Par exemple, certains croyants prient quand ils en ont envie uniquement... Je peux comprendre qu’il n’est pas facile, ni agréable, de prier quand on n’en a pas envie. Et pourtant... Jésus a dit « Quand vous priez » (Mt 6), et non « Si vous priez ».


Vous savez, il est facile de vivre la vie chrétienne en dilettante, avec superficialité, sans réel engagement, mais celui qui vit ainsi ne peut pas être considéré comme un disciple. Il faut dire les choses comme elles sont, et ne pas se voiler la face. Un disciple sans discipline, ce n’est pas un disciple ! Qui va chez un boulanger qui ne fait pas de pain ? Ce que je veux dire c’est : à quoi sert un boulanger qui ne l’est que dans le titre, mais pas dans les faits ? Que chacun s’examine personnellement pour s’assurer qu’il se comporter comme un disciple de Jésus, et non comme un simple adhérent de la foi chrétienne.


Dans notre texte, l’apôtre Paul est on ne peut plus clair : le chrétien doit faire les efforts nécessaires pour vivre dans la discipline de la piété. Peut-être devrions-nous dire un mot sur la piété. L’expression grecque pour piété fait référence à l’attitude de dévotion, de révérence et de soumission envers la personne de Dieu. Je crois nécessaire de faire une mise en garde : il ne faut pas confondre piété et spiritualité ou mysticisme, ce sont trois choses différentes.


Aujourd’hui, tout le monde parle de spiritualité, surtout depuis que certaines pratiques orientales ont envahi l’occident. C’est ainsi que faire du Yoga, c’est pratiquer une forme de spiritualité. Vous noterez que dans cette spiritualité, Dieu est absent. C’est à peu près la même chose concernant le mysticisme : quelqu’un peut suivre un courant mystique quelconque, sans que la personne de Dieu soit présente. Je sais de quoi je parle, j’ai exploré ces deux pistes pendant ma traversée du désert. N’oubliez jamais que satan est tout-à-fait d’accord avec toutes les spiritualités existantes, aussi longtemps qu’elles vous retiennent loin du Christ. Je vous en prie, ne soyez pas impressionnés par l’étalage de « spiritualité » qu’offre notre société...


Donc, contrairement à la spiritualité et au mysticisme, la piété met Dieu au centre de sa discipline. Pour être plus exact encore, la piété met Jésus-Christ au centre de sa discipline. Il m’arrive parfois d’utiliser le mot spiritualité lorsque je parle de la relation avec le Seigneur Jésus, mais je l’associe toujours à la piété biblique, c’est-à-dire à l’attitude de dévotion, de révérence et de soumission envers la personne de Dieu. Et même si je ne le précise pas verbalement, il est toujours implicite. Ne l’oubliez pas.


Vous me demanderez peut-être pourquoi j’aborde un tel sujet aujourd’hui ? Tout d’abord sachez qu’il n’existe pas d’occasion particulière pour acquérir, améliorer ou ajuster les habitudes de piété dans notre marche avec Jésus, nous pouvons et devons le faire dès que nous en ressentons le besoin. D’ailleurs, n’avons-nous pas besoin qu’on nous rappelle régulièrement l’importance de la piété ? Il est si facile de s’en éloigner, qu’un rappel en la matière est vraiment salutaire.


Mais il y a une deuxième raison à cette nécessité. Le confinement de 2020, et les possibilités de confinement futurs, constituent pour moi une claire indication que certains chrétiens n’ont jamais développer une discipline de piété. Comment je le sais ? Eh bien parce que plusieurs d’entre eux ont ressenti un profond flottement dans leur dévotion : ils se sentaient vides spirituellement, ils n’étaient pas motivés à communier avec Dieu en étant seuls devant lui avec leur Bible. Ils se sentaient orphelins sans leurs réunions d’église. Ils n’arrivaient pas à adorer Dieu sans leur équipe de louange du culte. Ils ne parvenaient pas à se nourrir spirituellement sans le sermon de leur pasteur. Je parle de ces choses dans la vidéo « Alerte au Christianisme Placebo » que je vous invite à visionner, si cela n’a pas été fait.


Lisez bien ce qui suit : Un chrétien ne doit pas dépendre du programme de son église locale pour sa subsistance spirituelle. Lisez-le encore une fois s’il vous plait : Un chrétien ne doit pas dépendre du programme de son église locale pour sa subsistance spirituelle. Hélas ! C’est bien ainsi que vivent de nombreux croyants : ils dépendent totalement et exclusivement de ce que leur apporte leur congrégation et leur pasteur pour être en bonne santé spirituelle. Vivre ainsi, c’est vivre par procuration ! Vivre ainsi, c’est dépendre de l’homme, et non de Dieu ! Vivre ainsi, c’est vivre contrairement à l’enseignement du Nouveau Testament !


Cette situation a été accentuée par le fait que depuis quelques décennies, des « prophètes » et des « apôtres » ont imposé leur gouvernance. Il n’est pas rare de rencontrer des chrétiens qui dépendent exclusivement de ce que disent ou font leurs apôtres ou leurs prophètes. Et pendant tout ce temps, alors qu’on leur rabâche combien ils doivent être soumis à l’autorité apostolique ou prophétique, ils ne se rendent même pas compte qu’ils ont lâché la main du Seigneur Jésus depuis longtemps, si tant est qu’ils l’aient jamais tenu une fois dans leur vie...


Les dysfonctionnements dont souffre l’Eglise ont produit plus que jamais des croyants qui sont convertis, non à Jésus-Christ et à la simplicité de l’Evangile, mais à des hommes et à leurs titres de responsables de communautés chrétiennes. Je crois que ce genre de croyants correspond à ce que Paul dit dans Ep 4.14, lorsqu’il parle « des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction ».

Est-ce que je rejette le ministère d’apôtre et de prophète ? Absolument pas ! Même s’il n’y a plus d’apôtres de fondation, comme l’ont été ceux dont les écrits constituent le Nouveau Testament, je veux bien sûr parler de Pierre, Jean, Jacques et Paul, la Bible indique que tant que l’Eglise sera sur terre, il y aura des apôtres qui établiront et consolideront des œuvres dans une région donnée. Croire et dire le contraire, se serait aller au-delà des Ecritures...


De la même façon, même s’il n’y a plus de prophètes comme ceux que nous trouvons dans l’Ancien Testament, tels qu’Esaïe, Jérémie, Ezéchiel, etc. tant que l’Eglise sera sur terre, il y aura des prophètes qui apporteront, sur ordre de Dieu, des avertissements précis et clairs, comme l’a fait Agabus dans Ac 11.28. Admettons toutefois que ces prophètes sont rares... Oh ! Les prétendants ne manquent pas, mais ce ne sont que des prétendants, les vrais prophètes comme Agabus sont rares.


Ls récentes élections américaines ont démontré l’illusion prophétique de certains individus. Juste avant et juste après les élections, plusieurs personnes ont proclamé la victoire de Donald Trump aux élections. Même après qu’il ait quitté la Maison Blanche, certains ont continué d’affirmer qu’il va revenir. Je n’entre pas dans les considérations politiques, mais je note juste que ces fausses prophéties ont jeté le discrédit sur mouvance charismatiques aux Etats-Unis. Certains ont vraiment manqué l’occasion de se taire...


Je crois que le Seigneur est toujours actif dans son Eglise par l’intermédiaire de ses serviteurs, cependant, je crois aussi que nous devrions rester sur le terrain de la Parole de Dieu, et ne pas donner des titres à quiconque avec légèreté. D’ailleurs, est-ce que le titre est important ? Je ne le crois pas. Ce qui compte, ce n’est pas le titre, mais les fruits.


Il y a, à ce propos, tout et n’importe quoi sur la scène chrétienne contemporaine. Trop de gens sont nommés à des fonctions auxquelles Dieu ne les a pas appelées ! Restons vigilants. Ne soyons pas naïfs. Ne soyons pas ces « enfants flottants et emportés à tout vent de doctrine » dont parle l’apôtre Paul. Soyons disciples de Jésus, et non disciples des apôtres, des prophètes ou des pasteurs. Développons notre attachement à Jésus et notre dépendance du Seigneur lui-seul. Pour y parvenir, il nous faut comprendre la discipline de la piété.


Dans cet article, je vous invite à renouveler votre intérêt pour les réalités éternelles du Royaume de Dieu. Je le fais avec comme perspective ce que Paul dit dans 1 Co 7.35 : Je dis cela dans votre intérêt ; ce n'est pas pour vous prendre au piège, c'est pour vous porter à ce qui est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction.


L’expression « sans distraction » signifie « sans être détourné ou entraîné ailleurs ». Que notre cœur reste focalisé sur Jésus. Mais comment reconnait-on qu’un croyant a été détourné du Seigneur ? Lorsqu’il se réfère davantage à l’apôtre, au prophète ou au pasteur de son église, qu’à Jésus-Christ. Si vous voulez garder vos yeux sur Jésus et vivre une vie de disciple attaché à son maître, il y a sept aspects de la discipline de la piété que vous devez incorporer à et développer dans votre vie. Je vous propose de les passer en revue.


1. Nourrissez-vous abondamment de la parole de Dieu.

Savez-vous que Dieu vous donne un rendez-vous quotidien pour vous parler ? Tout comme il descendait dans le jardin d’Eden pour communier avec l’homme chaque jour, Dieu vous attend dans le jardin de sa parole pour communier et communiquer avec vous de façon intime et personnel.


Je vais enfoncer une porte ouverte peut-être, mais il faut le rappeler encore et encore : lisez votre Bible chaque jour ! Lisez-la systématiquement et en entier. Je vous conseille de vous procurer un Bible d’étude pour bénéficier des notes explicatives en bas de page, et qui peuvent vous aider à comprendre les versets difficiles.


Personnellement, je recommande la Bible d’étude le Semeur, mais il y en a d’autres, à vous de faire votre choix. Ce n’est pas une obligation, mais j’avoue que c’est utile. Ce qui importe, c’est que vous lisiez la Bible. Et si en plus vous bénéficiez d’une aide pour mieux la comprendre, profitez-en. Paul dit dans Col 3.16 :

Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce.


Ici Paul parle d’une seule chose : se nourrir de la parole de Dieu. Cela signifie que même les chants que nous écoutons ou chantons doivent être remplis de la parole. Nos chants doivent véhiculer la parole de Dieu avant tout. C’est une des raisons pour lesquelles, je privilégie les hymnes chrétiens.


Il est vrai qu’en français, ils sont parfois encore vieillots dans leur interprétation, mais je note quand même que sur YouTube, on trouve certaines versions rafraîchies. Bien sûr, c’est en anglais que le choix est plus riche, mais tout le monde ne comprend pas l’anglais. Je prie pour que des croyants ayant des dons musicaux s’appliquent à actualiser musicalement ces hymnes tellement riches de la parole de Dieu en français...


Notons que Paul dit aussi dans Col 3.16 que nous devons nous instruire et nous exhorter par la parole de Dieu lorsqu’elle s’exprime par les chants de louange. Attention, il dit « Exhortez-vous » et non pas « excitez-vous » ! J’ai vraiment du mal avec ses séances de louange dans certaines églises qui ressemblent davantage à un concert de musique pop américaine, qu’à un moment d’adoration où Jésus est au centre. On recherche le frisson, et non la personne de Christ.


Je suis personnellement sensible au thème des chants. J’ai remarqué qu’il y a de plus en plus de chants qui mettent le chrétien en avant, plutôt que Dieu. Récemment, j’ai entendu un chant dans lequel il était dit « Nous sommes des personnes d’influence » (ou quelque chose comme ça). Je ne l’ai pas chanté, je l’ai trouvée « indécent ».


Comment pouvons-nous chanter à notre sujet, en nous élevant ainsi ? Le chant sert à élever Jésus et son si grand salut, dont nous sommes les gracieux bénéficiaires, et non à nous élever, nous les croyants ! Chrétiens, ne soyez pas séduits par une simple mélodie, veillez à ce que vous dites lorsque vous chantez. Lorsqu’il s’agit de louange, que la parole de Dieu en soit le fondement. N’oubliez pas : nourrissez-vous abondamment de la parole de Dieu.


Voilà pour le premier aspect de la discipline de la piété, mais il y en a six autres. Je vous en parlerai dans le prochain article. Méditez déjà sur celui-là, et vérifiez votre régime alimentaire spirituel. Je vous donne rendez-vous pour la suite dans quelques jours.


A bientôt...




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