L’ENGAGEMENT DES MEMBES

Ac 16.6 -15 : Lecture biblique


Nous voici arrivés à la dernière partie de notre étude sur les 5 ingrédients indispensables à la (vraie) naissance d’une (vraie) église. Laissez-moi vous les citer encore une fois :

1) La direction du Saint-Esprit.

2) L’obéissance d’hommes consacrés.

3) La fidélité au message approprié.

4) La grâce souveraine de Dieu.

5) L’engagement des membres.

Nous avons déjà vu les quatre premiers, nous concluons aujourd’hui avec le cinquième ingrédient. Mais avant de nous pencher sur ce qui constitue l’engagement en lui-même, disons quelques mots sur la notion de « membre ». Pourquoi parle-t-on de « membre » lorsqu’on aborde le sujet de l’église ?


Vous vous souvenez que nous avons dit que l’église est un organisme spirituel vivant, et non pas une organisation religieuse, même si pour son fonctionnement, l’église a besoin d’être organisé parce que Dieu est un Dieu d’ordre (cf. 1Co 14.33). En raison de sa nature, l’église est désignée dans la Bible comme étant un corps composé de membres. Il faut bien sûr prendre cette désignation dans un sens spirituel.


1 Co 11.27 : Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.

Donc collectivement, une église est le corps de Christ, mais individuellement, chaque chrétien est un membre. Et il faut rappeler que cela est une action souveraine de la grâce de Dieu.


1 Co 12.18 : Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu.

C’est Dieu qui décide qui et où il place les membres dans le corps de Christ. Ce n’est pas une œuvre humaine. L’homme peut inscrire un individu dans le registre d’une église, mais il ne peut écrire son nom dans le livre de vie (cf. Ph 4.3).


Quand nous avons parlé du 4ème ingrédient, nous avons découvert que c’est par sa grâce souveraine que Dieu amène quelqu’un à la conversion à Jésus-Christ. C’est lui qui place cet individu qu’il a fait naître de nouveau dans l’église de son Fils. Nous ne pouvons pas accomplir cette œuvre. Quand nous essayons de le faire, en oubliant la souveraineté de Dieu, nous désobéissons à ce que Jésus a clairement dit dans Lu 5.37-38 :

37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se répand, et les outres sont perdues ;

38 Il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.


S’il y a une vérité que nous devons absolument inscrire dans notre conscience, c’est qu’une église locale n’existe pas pour plaire au monde, mais pour édifier les membres du corps de Christ. Il est de plus en plus fréquent que certaines églises acceptent des fonctionnements qui s’appuient sur le modèle du monde, afin que les non-chrétiens se sentent à l’aise : les styles de musique, les modes vestimentaires, les techniques marketing, etc.


Tout cela est enrobé d’un discours chrétien, qui donne l’impression à ces non-convertis, non régénérés et non sanctifiés, qu’ils ont une relation avec Jésus et qu’ils sont en route vers le ciel. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces gens ne marchent pas dans la foi, et qu’ils gardent un pied dans le monde. La raison est simple : nous avons essayé de mettre du vin nouveau dans de vieilles outres.


Dieu seul peut faire d’une personne une outre neuve et un membre du corps de Christ. Et lorsque cette personne naît de nouveau pour être incorporée dans l’église de Jésus-Christ, elle voudra s’engager. C’est ce qui s’est passe avec Lydie. Nous nous souvenons que le v.14 s’est terminé ainsi : Le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu’elle fût attentive à ce que disait Paul.


Comme nous l’avons dit, cela signifie que Dieu a agi souverainement dans son cœur en la rendant capable de comprendre et d’assimiler la vérité de l’évangile que Paul prêchait. Et la suite du récit déclare : Lorsqu’elle eut été baptisée, avec sa famille, elle nous fit cette demande : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous pressa par ses instances (Ac 16.15)


Nous sommes subitement mis en face d’un état dans lequel Lydie était entrée : elle avait été baptisée. Mais que s’est-il passé pour qu’elle passe d’un état d’écoute attentive à l’état de baptisée ? En d’autres mots, que s’est-il passé entre le v.14 et la v.15 qui a eu pour résultat que Lydie soit baptisée ? Nous trouvons la réponse dans Ac 2.37-41 :

37 Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ?

38 Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.

39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.

40 Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.

41 Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes.


Dans ce texte, nous avons le modèle de ce qui a pu se produire avec Lydie. Je ne prétends pas que les choses se sont passées exactement de cette façon, mais les mêmes principes ont dû être présents.


Premièrement, Lydie a probablement eu le cœur vivement touché. C’est-à-dire qu’elle a été profondément convaincue de la nécessité d’être sauvée de ses péchés et de faire la paix avec Dieu.


Deuxièmement, Lydie a voulu savoir ce qu’elle devait faire pour répondre à l’appel au salut que la prédication de l’évangile adressait à son cœur. C’est le signe distinctif que manifestent ceux qui viennent à Jésus : ils veulent savoir quoi faire pour obéir au Seigneur.


Troisièmement, Lydie a appris qu’elle devait se repentir et se faire baptiser pour le pardon de ses péchés et la réception du don du Saint-Esprit. Elle a compris que Dieu exigeait d’elle deux actes précis qui produiraient l’accomplissement d’une promesse.


Quatrièmement, Lydie a découvert que le salut dont elle devenait la bénéficiaire, était aussi disponible pour ses enfants et ses proches, si Dieu les appelait. Elle a ainsi tout de suite compris que le salut des autres, tout comme le sien, dépendait de la souveraineté de Dieu.


Cinquièmement, Lydie a compris que Dieu lui demandait de se séparer de la génération perverse dans laquelle elle vivait, c’est-à-dire qu’elle devait maintenant adopter une nouvelle façon de vivre qui prenne en compte la volonté et les valeurs de Dieu.


Sixièmement, Lydie a accepté la parole et fut effectivement baptisée, en obéissance à l’évangile, et elle est devenue un disciple de Jésus-Christ.


Comme les trois mille âmes du jour de la Pentecôte, elle a répondu à l’appel au salut en s’engageant par le baptême. C’est ce que confirme l’apôtre Pierre : Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ (1 P 3.21).


Ici, Pierre nous dit deux choses concernant le baptême : ce qu’il n’est pas et ce qu’il est. Tout d’abord, le baptême n’est pas la purification des souillures du corps. C’est-à-dire que le baptême ne possède aucun pouvoir pour purifier une vie. Le baptême ne sauve pas. Il ne communique aucune grâce, comme l’enseigne la religion. Quand Pierre dit dans ce verset « et qui maintenant vous sauve », le sujet de l’action ce n’est pas le baptême, mais c’est Dieu : « envers Dieu, et qui maintenant vous sauve ».


Et comment Dieu sauve-t-il ? Par la résurrection de Jésus-Christ, et non par le baptême. Pourquoi est-ce par la résurrection de Jésus que nous sommes sauvés ? Parce que sa résurrection est la preuve que sa mort a vraiment servie d’expiation pour nos péchés et que Dieu nous déclare justes devant lui.

Ensuite, le baptême est l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. Le mot engagement signifie en grec « un désir intense et une demande sincère ». Il désigne l’attitude de quelqu’un qui est extrêmement sérieux dans sa recherche de vivre avec Dieu.


Personnellement, j’émets de gros doute sur les chrétiens « minimalistes ». Qu’est-ce qu’un chrétien « minimaliste » ? C’est le croyant auquel il ne faut pas demander grand-chose. Il ne fait que le « minimum syndical », à savoir : venir à l’église quand il peut...


Que penser d’un chrétien qui ne cherche pas sérieusement à savoir ce que demande le sauveur, ni à mettre en pratique ce qu’il dit ? Laissons Jésus lui-même répondre dans Luc 6.46 : Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ?


Voyons la situation d’un autre point de vue. Qu’est-ce qu’une vraie église locale ? C’est l’ensemble des disciples de Jésus qui se réunissent dans une région donnée. Mais alors, qu’est-ce qu’un disciple ? Encore en fois, laissons Jésus répondre :

Mt 28.19 : Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.


Un disciple, c’est quelqu’un qui s’engage comme apprenant du Christ (disciple = élève), et cet engagement commence par le baptême. C’est pourquoi notre texte termine ainsi :

Ac 2.41 : Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes.


Et à Philippes, tout près d’une rivière, Lydie est devenue un disciple de Jésus en étant baptisée. Nous reviendrons sur la doctrine du baptême dans un autre enseignement, mais j’aimerai relever un point important dans le cas de Lydie.

Ac 16.15 (a) : Lorsqu’elle eut été baptisée, avec sa famille...


Est-ce que cela signifie que si un chef de famille se convertit, il entraîne automatiquement tous les autres membres dans le salut avec lui, si bien que tous doivent être baptisés ? Certaines personnes sont arrivées à cette conclusion en lisant ce qui est arrivé au geôlier dans Ac 16.30-31, 33 :

30 Il les fit sortir, et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?

31 Paul et Silas répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille...

33 Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens.


D’après cette expression « toi et ta famille », certaines personnes déduisent qu’ils peuvent croire en Jésus et que cela aura pour résultat le salut des membres de leur famille. En s’appuyant sur le v.33, certains prétendent que la seule conversion du chef de famille, permet à tout le monde d’être baptisé, ce qui fait que toute la famille est vraiment sauvée.


Cependant, n’oublions pas que le salut n’est pas collectif, mais qu’il est individuel ! Personne ne peut être sauvé « par procuration ». Ce n’est pas un groupe qui est sauvé, mais un individu, après qu’il ait entendu personnellement l’évangile. Cela est confirmé par :

Ac 16.32 : Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison.


Paul n’a pas dit au geôlier : « OK, tu crois ? C’est bon, vous êtes tous sauvés. Réunis ta famille : nous allons tous vous baptiser ». Non ! Paul a annoncé la parole du Seigneur au geôlier ainsi qu’à toute sa maison. Et c’est la foi de chacun qui les a conduits au baptême.


Cela a dû être la même chose avec Lydie : elle a entendu l’évangile, et peut-être que sa famille était avec elle au bord de la rivière, où l’a-t-elle réunie plus tard avec Paul et que chacun s’est également converti, au point où ils ont tous été baptisés au même moment.


Si l’engagement de Lydie a commencé par le baptême, cela ne s’est pas arrêté là, car le verset continue ainsi : ...Elle nous fit cette demande : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous pressa par ses instances (Ac 16.15).


Qu’est-ce que cela nous apprend ? Tout simplement que Lydie ne s’est pas contentée du baptême, mais qu’elle s’est aussi engagée dans une vie d’église. Nous savons que c’est dans sa maison que l’église de Philippe se réunissait, comme cela apparaît dans Ac 16.40 : Quand ils furent sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie, et, après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent.


Que signifie « s’engager dans une église locale » ? La réponse nous est fournie encore une fois dans le second chapitre des Actes des Apôtres, où nous avons découvert qu’à l’issue de leur baptême, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes (v.41) ; et qu’ensuite, selon Ac 2.42 : Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.


Tout d’abord, il faut relever que les disciples persévéraient dans des activités spirituelles qui signalaient leur identité en tant qu’église locale. Le verbe grec signifie « être assidu et entièrement appliqué à une chose ».


Cette attitude de persévérance est la preuve d’une réelle régénération spirituelle de la part des croyants. C’est la confirmation de ce que Jésus a dit dans Jn 8.31 : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples.


Il y a donc une continuité et une régularité dans la pratique d’activités spirituelles qui contribuent à édifier, à fortifier, à mobiliser et à encourager dans la vie de la foi. Notre verset en nomme quatre. Voyons-les brièvement pour conclure :


1) L’enseignement des apôtres : c’est-à-dire l’étude des doctrines révélées aux apôtres dès le commencement de l’église. Il ne s’agit pas tant d’être dans une église où prêcherai un apôtre, que de recevoir l’enseignement de ce que les apôtres ont mis par écrit.

1 P 2.2 : Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut.

Ce n’est pas la présence d’un apôtre que nous devons désirer, mais être convenablement nourri du lait spirituel et pur de la Parole.


2) La communion fraternelle : c’est-à-dire la présence physique d’autres personnes qui marchent dans la foi comme nous. Cette communion est décrite dans le nouveau Testament par une expression qui revient très souvent : « les uns les autres ». Le meilleur exemple est peut-être He 10.24-25 :

24 Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres.

25 N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.


3) La fraction du pain : c’est-à-dire « le repas du seigneur » ou « sainte cène ». Il s’agit de la commémoration du sacrifice de Jésus à la croix. C’est une activité capitale dans la vie de l’église locale, car Jésus a expressément ordonné de la pratiquer selon 1 Co 11.24-25 :

24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.

25 De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.


4) Les prières : le fait que le mot soit au pluriel, semble indiquer qu’il y a plusieurs sortes de prières que l’église doit pratiquer. Cela est confirmé par :

Ep 6.18 : Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.


Maintenant que ces 5 ingrédients sont présents, l’église de Philippes commence à vivre. Je conclurai par une question : « Qu’en est-il de votre église locale ? Ces 5 ingrédients sont-ils présents ? ».


A bientôt...

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