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LA GRANDEUR DU NOM DE DIEU

Ps 76.2 : Dieu est connu en Juda, Son nom est grand en Israël.

Nous avons entamé une étude sur les Noms de Dieu dans le but de mieux le connaître et de l’honorer comme il en est digne. Nous devrions pouvoir témoigner comme le psalmiste « Son nom est grand ! », mais pour cela, il faut connaître ses noms. Nous avons établi que les Noms de Dieu se divisent en deux catégories : les Noms fondamentaux et les Noms d’alliance. Ce sont ceux de la première catégorie qui retiennent notre attention en ce moment, et ils sont au nombre de trois. Nous avons déjà dit quelques mots sur le premier : ELOHIM qui souligne la souveraineté et la puissance absolue du créateur. Considérons les deux derniers dans cet article.

ADONAÏ


Le second nom de Dieu est ADONAÏ, et apparaît plus de 420 fois dans l’Ancien Testament. Comme ELOHIM, il n’est pas un nom propre, mais s’apparente plutôt à un titre. Il signifie « Seigneur » et exprime la soumission que l’homme doit avoir vis-à-vis de son créateur tout-puissant et souverain. Nous lisons dans Ge 18.1-3 :

1 L’Eternel lui apparut parmi les chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.

2 Il leva les yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au–devant d'eux, depuis l'entrée de sa tente, et se prosterna en terre.

3 Et il dit : Seigneur (Adonaï), si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe point, je te prie, loin de ton serviteur.


Abraham expérimente ici ce qui est communément appelé une Théophanie, c'est-à-dire une apparition de Dieu sous forme humaine. Il est intéressant de voir que Dieu se tient à quelque distance d’Abraham, qui dû se lever et courir jusqu’à lui (v.2). Comment Abraham a-t-il reconnu Dieu, alors accompagné de deux anges qui apparaissaient eux aussi sous forme humaine ? Je propose deux réponses possibles :

a) Les trois personnes sont soudainement apparues debout devant Abraham, alors qu’il n’y avait personne la seconde d’avant. Le caractère spontané de cette apparition a convaincu Abraham que ces visiteurs venaient du ciel.

b) Dieu s’étant déjà révélé à Abraham par le passé, celui-ci connaissait l’effet que sa présence produisait quand il se manifestait, et il l’a subitement ressentie dans son esprit. Pour lui, il n’y avait aucun doute : Dieu lui rendait visite !


Quelle que soit l’explication, Abraham prenait conscience du privilège qui lui était accordé de recevoir la visite du Tout-Puissant. Il saisit l’occasion et courut se prosterner à ses pieds, en l’appelant Seigneur, ou ADONAÏ. Notons qu’il se qualifie personnellement de serviteur (v.3), un mot qui en hébreux (‘ebed) désigne également un adorateur de Dieu. En agissant ainsi, Abraham montrait à Dieu qu’il l’adorait, lui était soumis et était entièrement à son service. Retenons également qu’ADONAÏ est la forme pluriel d’ADON qui signifie « maître d’un esclave ». Nous comprenons donc que pour Abraham, sa relation avec Dieu était une relation de maître à esclave. Il n’en avait pas honte. Cela ne la gênait nullement, d’autant plus qu’à l’époque, cette notion était normale.


Si nous venons dans le Nouveau Testament, nous découvrons que ce terme d’ADONAÏ a un équivalent : KURIOS, « Seigneur » en grec, et qu’il est largement appliqué à Jésus-Christ qui le revendique lui-même d’ailleurs. C’est ainsi que nous lisons dans Jn 13.19 : Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis. Jésus est donc notre ADONAÏ, notre Maître et Seigneur, c'est-à-dire qu’il est digne d’être adoré. Cela implique que Jésus est en droit d’attendre de nous une entière soumission, que nous pouvons recevoir de lui des ordres auxquels il faudra obéir. Mais comment Jésus est-il devenu notre Seigneur ? Tout d’abord, il faut savoir que Jésus-Christ est Seigneur, indépendamment de notre attitude vis-à-vis de lui. Paul dit dans Ph 2.8-11 :

8 Ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui–même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.

9 C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au–dessus de tout nom,

10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre,

11 et que toute langue confesse que Jésus–Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.


Parce que Jésus s’est humilié jusqu’à la mort de la croix pour le salut de l’humanité, le Père ADONAÏ l’a élevé au-dessus de tout et l’a déclaré Seigneur, Adonaï. Que cela nous plaise ou pas, que nous le voulions ou non, Jésus-Christ est Seigneur ! Mais cela n’implique pas automatiquement qu’il soit expérimentalement notre Seigneur, c’est-à-dire que nous le connaissions comme Seigneur. Que doit-il se passer pour que cela devienne une réalité ? L’apôtre Paul nous donne la réponse dans Col 1.12-14 :

12 Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière,

13 qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour,

14 en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés.


Il est nécessaire que nous acceptions la rédemption, si nous voulons expérimenter Jésus comme Seigneur. Ce mot vient du grec Apolutrosis qui signifie « libération par le paiement d’un prix ». Il était utilisé pour parler du rachat d’un esclave par un maître, afin d’être à son service. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous a libérés de nos péchés et il est devons lui donner tout ce que nous sommes, et le servir de tout notre cœur, en l’adorant en esprit et en vérité.


De son côté, le Seigneur prend soin de nous, car c’est ce que fait tout maître avec son esclave, qui dépend totalement de lui pour vivre. Ainsi, si le nom ELOHIM nous conduit dans une relation intime avec le Tout-Puissant, ADONAÏ est le nom qui nous introduit dans une vie de soumission et d’adoration au Seigneur. Les deux sont liés : il n’y a pas de communion sans obéissance, et il n’y a pas d’adoration sans communion. Si nous comprenons la révélation contenue dans ces deux Noms, Elohim et Adonaï, et que nous l’intégrons à notre vie quotidienne, nous avons déjà fait un grand pas ! Mais il y a un autre Nom qu’il faut impérativement comprendre, et tous les trois ensemble constituent la fondation de notre relations avec Dieu.

YAHVE

Si d’un point de vue grammatical, ELOHIM et ADONAÏ étaient des noms communs pointant vers la divinité d’une manière générale, par opposition à l’humanité, YAHVE est le premier nom propre de Dieu que nous trouvons dans le Bible. Il est aussi le plus fréquent, car il est employé plus de 6400 fois dans l’Ancien Testament. Il est habituellement traduit par « l’Eternel » (Bible Segond) ou « Seigneur » (Bible TOB). Il est malencontreusement traduit par « Jéhovah » dans certaines versions anglaises ou certaines Bible Catholiques, comme celle de l’abbé Crampon. Mais il est intéressant de noter que nulle part dans l’original hébreu, Dieu ne s’est révélé sous le nom propre de Jéhovah...


Voici, en quelques mots, l’origine de cette appellation qui ne se trouve pas dans l’hébreu : Dieu s’est fait connaître sous le nom de YAHVE, qui est un tétragramme, soit quatre consonnes sans voyelles « YHWH ». Les juifs le considéraient trop sacré pour le prononcer, et le remplaçaient systématiquement par ADONAÏ. Ce n’est que vers le 12ème siècle après J.C. que des juifs pieux intellectuels ont trouvé le moyen de prononcer le nom sacré sans le profaner, en combinant les voyelles d’ADONAÏ aux consonnes de YHWH, ce qui a donné le nom Jéhovah. Il s’agit dons d’une initiative humaine, mais à aucun moment d’une révélation divine, comme ce fut le cas pour YAHVE ou ADONAÏ et ELOHIM. Nous lisons dans Ex 3.13-15 :

13 Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous. Mais, s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ?

14 Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : Celui qui s’appelle "je suis" m’a envoyé vers vous.

15 Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : L’Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’envoie vers vous. Voilà mon nom pour l’éternité, voilà mon nom de génération en génération.


Lorsque Moïse demande à Dieu quel est son nom, en hébreux la question implique non pas une simple déclinaison d’identité, mais une explication détaillée du sens de son nom. Etant donné que dans le langage biblique, le nom n’est pas une simple désignation, mais renvoie à la réalité, au caractère, et à l’essence de celui qui le porte, en demandant à Dieu des précisions sur son nom, Moïse voulait en fait savoir quels étaient les intentions profondes du Seigneur en l’envoyant vers les enfants d’Israël.


Dieu révèle qu’il est « Je suis » (v.14). Ce nom insiste non seulement sur la nature personnelle de Dieu qui le fait entrer en contact avec l’homme, contrairement à la notion d’abstraction ou d’entité impersonnelle des philosophes, mais également sur son immuabilité, sur le fait qu’il ne change pas. Le terme « l’Eternel », dans les version françaises, est donc très appropriée à ce nom de Dieu. Cela fait aussi référence à sa fidélité dans ses rapports avec l’homme, qui lui, se montre très souvent infidèle et inconstant. Combien nous avons besoin de réaliser que notre survie dépend cette immuabilité et fidélité divine...

Mal 3.6 : Car je suis l’Eternel, je ne change pas ; Et vous, enfants de Jacob, vous n’avez pas été consumés.


Voilà l’essence du nom YAHVE : il entretient un rapport constant avec nous, car il ne change pas. Il EST, et non pas « a été » ou « sera peut-être » ! Cela est confirmé par des passages importants du Nouveau Testament :

Ja 1.17 : Toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation.

He 13.8 : Jésus–Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement.

2 Tm 2.13 : Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui–même.


Qu’est-ce-que Moïse a compris exactement quand Dieu lui a donné l’explication demandée ? Eh bien il comprenait que les promesses qu’il avait faites aux trois pères fondateurs de la nation – Abraham, Isaac et Jacob – Dieu était sur le point de les accomplir, car il demeure fidèle à ce qu’il a dit. Cela ressort d’Ex 3.16-17 :

16 Va, rassemble les anciens d'Israël, et dis-leur : L'Eternel, le Dieu de vos pères, m'est apparu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Il a dit : Je vous ai vus, et j'ai vu ce qu'on vous fait en Egypte,

17 et j’ai dit : Je vous ferai monter de l’Egypte, où vous souffrez, dans le pays des Cananéens, des Héthiens, des Amoréens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébusiens, dans un pays où coulent le lait et le miel.


Moïse savait que Dieu avait conclu une alliance (ou contrat), avec Abraham, Isaac et Jacob, une alliance selon laquelle il serait leur Dieu à jamais, qu’ils auront une grande descendance, et qu’ils recevront le pays de Canaan en héritage. Les deux premières promesses s’étaient accomplies : ils ne furent jamais abandonnés par Dieu, et leur famille de 70 personne était devenue un peuple nombreux en l’espace de 400 ans. Mais la troisième promesse devait maintenant se réaliser : il était temps pour Israël de quitter l’Egypte où il était retenu en esclavage, pour monter prendre possession de la terre promise. Dieu l’avait annoncé plusieurs fois au temps des trois patriarches, comme par exemple dans Ge 15.13-14 :

13 Et l’Eternel dit à Abram : Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans.

14 Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses.


La même promesse est renouvelée dans Gn 50.24 : Joseph dit à ses frères : Je vais mourir ! Mais Dieu vous visitera, et il vous fera remonter de ce pays-ci dans le pays qu'il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob.


Ainsi, nous voyons que Dieu n’a pas oublié sa promesse et qu’il a décidé de l’accomplir à ce moment précis de l’histoire. Rien n’allait l’arrêter, car sa fidélité surpasse tout obstacle qui viendrait contre sa promesse. Il avait promis un héritage à son peuple élu, et il allait le lui donner ! Si ELOHIM nous entraîne dans une communion personnelle avec Dieu, et ADONAÏ nous conduit à la soumission et à l’obéissance, YAVHE nous rappelle que nous avons un héritage spirituel qui commence ici-bas, et se poursuivra dans la perfection de l’éternité. Notez les passages suivants qui parlent de notre héritage :

Ro 8.17 : Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui.


Col 1.12 : Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.


1 P 1.3-4 :

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus–Christ d'entre les morts,

4 pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux,


Cet héritage, c’est la vie éternelle qui commence dès ici-bas et repose sur l’accomplissement des promesses de Dieu. Afin de pouvoir l’adorer pour l’appropriation de cet héritage, nous devons connaître la nature de l’alliance de Dieu avec nous par la mort et la résurrection de Jésus. Or, nous pouvons comprendre la nature de cette alliance en découvrant ce que l’on nomme les Noms d’alliance de Dieu dans l’Ancien Testament, et en sachant qu’ils se réalisent pleinement dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, notre Seigneur. C’est ce que nous verrons dans les prochains articles. En attendant, proclamons avec révérence : « Son Nom est grand ! »


A bientôt...



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