LA QUINTESSENCE DE L’ÉVANGILE

Mis à jour : avr. 8

Avant toute chose, je dois vous donner une définition du mot « quintessence » qui, avouons-le, ne fait pas partie de notre vocabulaire au quotidien. Qu’est-ce que la quintessence ? La quintessence c’est ce qu'il y a de principal, de meilleur et de plus précieux dans une chose. La quintessence désigne ce qui est au cœur de cette chose.



Donc la quintessence de l’Évangile, c’est le principal ou ce qu’il y a de plus précieux dans l’Évangile. Pour découvrir de quoi il s’agit, nous allons survoler neuf moments clés de la vie de l’apôtre Pierre. Les 8 premiers moments clés nous enseignent sur le contenu de l’Évangile, mais le 9ème nous conduit vers la découverte de la quintessence de l’Évangile. Nous classons ces 9 moments clés par groupe de 3 (= donc 3X3), et portant chacun un nom différent :


I. les indispensables :

Ce nom désigne ce que nous pouvons appeler les trois expériences authentiques et incontournables du salut en Christ. Disons quelques mots sur chacune d’entre elles :


1) Dans l’Évangile, il y a l’appel de Jésus à le suivre et à le servir.

Mt 4.19 : Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.

Pierre n’a pas été appelé à seulement croire en Jésus, mais il a aussi été appelé à le suivre, afin de devenir un pêcheur d’hommes, c’est-à-dire un témoin qui gagne des âmes pour le Royaume. Un Évangile où il n’y a pas d’engagement à suivre Jésus, ce n’est pas le vrai Évangile, tout comme un chrétien qui ne suit pas Jésus, n’est pas un vrai chrétien, c’est juste un adhérent de la religion chrétienne.


2) Dans l’Évangile, il y a la prise de conscience de notre état de pécheur et de la nécessité d’être pardonné par christ.

Lu 5.8 : Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur.

Les sept versets qui précèdent montrent que Jésus a permis à Pierre et aux autres pécheurs avec lui, de vivre l’expérience que nous connaissons sous l’appellation de « pêche miraculeuse ». Cela a eu pour résultat de convaincre Pierre de sa condition de pécheur perdu qui se trouve en présence d’un être tellement plus saint que lui. Mais au v.10, Jésus lui dit : « Ne crains point ». Cela signifie que Jésus pardonne à Pierre ses péchés, sinon il ne lui aurait pas dit de ne pas craindre. C’est l’image de tout individu qui est convaincu de péché et qui est pardonné par Jésus.


3) Dans l’Évangile, il y a la compréhension de qui Jésus est vraiment, et la confession de la foi en sa personne.

Mt 16.16 : Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.

Quand l’Évangile agit chez un individu, celui-ci comprend que Jésus est plus qu’un simple homme, plus qu’un philosophe ou plus qu’un fondateur de religion, mais qu’il est le Fils de Dieu, le Seigneur et le sauveur. Tout véritable chrétien qui a une expérience de salut avec Jésus, est rendu capable de croire et de confesser qui est Jésus, et ce qu’il a fait pour le sauver (Cf. Ro 10.9-10). Même si la forme ne revêt pas celle de Pierre, le fond doit rester le même : nous sommes appelés à suivre et servir Jésus, nous découvrons que lui seul pardonne nos péchés, et nous comprenons qui il est.


II. les improbables :

Ce nom désigne des expériences qui ne se produisent pas forcément, mais qui surprennent par leur aspect surnaturel. Par exemple, Pierre est le seul disciple à avoir marché sur l’eau (Mt 14.29). Il fut aussi témoin de la Transfiguration de Jésus (Mt 17.1-6) et était présent lors de la résurrection de la fille de Jaïrus (Mc 5.37-42). La conversion peut ou non être accompagnée d’interventions miraculeuses qui changent totalement la vie et le destin du croyant : il échappe à la mort, résout un problème insoluble, etc. Mais, personne ne peut affirmer qu’elles auront effectivement lieu : elles sont improbables...


III. Les regrettables :

Ce nom désigne les expériences qui, comme les improbables, ne se produisent pas forcément, mais qui montrent les points faibles du croyant. Pierre est comme un prototype de ce qui peut arriver, mais cela ne signifie pas que nous devons forcément passer par les mêmes expériences que lui, mis à part les « indispensables », bien sûr... Quelles sont les expériences « regrettables » de l’apôtre Pierre ?


Tout d’abord, juste après sa révélation de qui est Jésus dans Mt 16.16, il est sévèrement repris par le Seigneur, car il refusait l’idée de son sacrifice.

Mt 16.23 : Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.


Puis, lors de l’arrestation de Jésus dans le jardin de Gethsémané, Pierre se servira de son épée pour agresser le serviteur du grand prêtre qui était présent, au point où Jésus a dû le reprendre (v.11).

Jn 18.10 : Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus.

Et finalement, Pierre avait une trop haute opinion de lui, car lorsque Jésus annonça que tous ses disciples allaient l’abandonner, il certifia que jamais, lui Pierre, il ne chuterait, qu’il est plus fort que ça. Mais nous savons qu’après l’arrestation de Jésus, Pierre a effectivement renié Jésus à trois reprises, comme Christ l’avait prédit. C’est ce que nous lisons dans Mt 26.74-75 :

74 Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta.

75 Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite : Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.


Après les hauts sommets, Pierre passe par la vallée profonde. En effet, après la transfiguration, la résurrection de la fille de Jaïrus, et la révélation sur l’identité de Christ, Pierre renie Jésus trois fois... Conscient de son échec, il s’en va en pleurant amèrement. Nous avons ici l’image du chrétien qui est mis en face de sa faiblesse, de sa petitesse, et de son incapacité à bien agir par ses propres forces.


Pierre est alors brisé. Tout son monde s’écroule. Il est dans la confusion, et n’a plus aucune confiance en lui. Il perd tout repère, et ne trouve rien d’autre à faire que de retourner à son métier de pêcheur. Mais Jésus va mettre en œuvre un plan de restauration pour Pierre, et c’est là que nous trouvons la quintessence de l’Évangile, c’est là que se trouve le cœur de l’Évangile, ce qu’il y a de plus précieux.


Dans Jn 21, Jésus apparaît à ses disciples confus, et renouvelle l’expérience de la pêche miraculeuse (1-14) comme pour leur montrer que c’est un nouveau départ pour eux, après qu’ils l’aient abandonné. Puis, il y a un échange entre Jésus et Pierre, afin de montrer à ce dernier que malgré son reniement la restauration et le renouveau sont possibles aussi pour lui. Cette restauration et ce renouveau pour Pierre ont pour condition la quintessence de l’Évangile. C’est ce que nous voyons clairement dans Jn 21.15-17 :

15 Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux.

16 Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis.

17 Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis.


Pour faire court, Jésus ne pose qu’une seule condition à la restauration de Pierre, et il le fait en lui posant à trois reprise la même question : « M’aimes-tu ? ». La triple répétition de la question avait peut-être pour but de compenser les 3 reniements de Pierre, car face à chaque « je ne connais pas cet homme » (Mt 26.74), il y a un : « Tu sais que je t’aime ».


La quintessence de l’Evangile, c’est l’amour que nous avons pour Jésus ! Nous avons peut-être échoué comme Pierre, nous sommes peut-être déçus de nous-mêmes, et n’avons plus confiance en nous. Peu importe, car si nous voulons revenir à Jésus et marcher avec lui, il ne nous demande qu’une seule chose : « M’aimes-tu ? ».


En définitive, qu’est-ce qu’un chrétien ?

Un chrétien, c’est quelqu’un qui aime Jésus...

1 Co 16.22 : Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur, qu’il soit anathème ! Maranatha.

Sur ceux qui n’aiment pas Jésus, même s’ils prétendent croire en lui, la Bible prononce une malédiction. Mais pour ceux qui aiment Jésus avec sincérité, voici les promesses qui leurs sont faites :

Ep 6.24 : Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d’un amour inaltérable !

Ja 1.12 : Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment.


Ceux qui resterons fidèles au Seigneur, ceux qui résisteront à la vague de l’apostasie, ceux qui seront debout lorsqu’il reviendra, ceux que Jésus attend dans la maison du Père, ce sont ceux qui l’aiment. La quintessence de l’Evangile consiste à aimer avec passion celui qui nous a aimés le premier et qui nous a sauvés. Souvenez-vous du reproche de Jésus à l’église d’Ephèse, à la fin du 1er siècle :

Ap 2.4 : Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour.


Notre relation avec Jésus doit être empreinte d’amour et d’affection pour lui. Mieux nous le connaissons, plus nous l’aimons. Voici les raisons qui devraient nous motiver à aimer Jésus de tout notre cœur :

« Il est le Fils unique de Dieu (Jn 1.14 ; 18) ; la plénitude de la divinité habite corporellement en lui (Col 2.9) ; il est l’héritier de toutes choses (He 1.2) ; il a tout créé, et tout a été fait par lui et pour lui (Col 1.16) ; il soutient tout par sa parole puissante (Col 1.17 ; He 1.3) ; il est le premier-né de toute la création (Col 1.15) ; il est l’exacte représentation de Dieu (He 1.3).


Il est le médiateur entre Dieu et les hommes ; il est le soleil qui éclaire tout, le médecin qui guérit, la muraille protectrice, l’ami qui réconforte, la perle qui rend riche, le rocher capable de résister aux plus fortes pressions ; il est assis à la droite de Dieu dans les cieux (He 8.1). Il est supérieur aux anges (He 1.4) ; il est plus grand que satan et plus fort que la mort (1 Co 15.55).


Il n’a ni commencement ni fin (Ap 1.17-18) ; il est l’Agneau sans défaut de Dieu ; il est notre paix (Ep 2.14), notre espérance (1 Ti 1.1), notre vie (Col 3.4), il est le fidèle et véritable (Ap 19.11) ; il est celui qui suscite notre foi et la mène à la perfection (He 12.1-2), le prince de notre salut (He 2.10).


Il est la lumière, le fils de l’homme (Mt 20.28), le vrai cep, le pain de vie, la porte, le Seigneur (Ph 2.10-13) ; il est notre repos de sabbat (He 4.9) ; il est notre justice (Je 23.6) ; il est l’admirable conseiller, le Dieu puissant, le Père éternel, le prince de la paix (Es 9.5) ; il est le Créateur et le consolateur, le Messie ; il est le grand « Je Suis » (Jn 8.58) ! »


Notre amour pour Jésus a la capacité de transformer notre vie, car c’est dans cet amour pour le Seigneur que se trouve la quintessence de l’Évangile !


A bientôt...



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