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LE DIEU DE JESUS-CHRIST

Dans un précédent article j’ai souligné le fait que Jésus visait un but bien précis dans tout ce qu’il faisait et disait : apporter à l’humanité entière une révélation plus profonde de Dieu, afin que chaque individu puisse le connaître personnellement et intimément. C’est ce qui ressort des deux déclarations suivantes :

Jn 14.6 : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Jn 17.6 : J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde.

N’oublions pas que la destination c’est le Père. C’est lui que nous devons connaître. Bien sûr, cette connaissance passe par Jésus car il est le chemin, mais c’est le Père que nous sommes invités à connaître. Jésus nous a sauvés pour que nous connaissions Dieu. Le salut, que la Bible qualifie de « vie éternelle », ne consiste pas avant tout à échapper à l’enfer, mais se caractérise par la connaissance expérimentale de Dieu en tant que Père. C’est pourquoi Jésus a dit dans Jn 17.3 : Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.


Tout disciple de Christ est appelé à connaître Dieu. Les chrétiens ont trop tendance à se limiter à la connaissance de Jésus – connaissance hautement louable – alors qu’ils ont été sauvés pour entrer dans l’infinie connaissance de Dieu le Père. Il y a, dans ce domaine précis, une grande lacune à combler. Nous devons nous appliquer à connaître Dieu grâce aux révélations que transmettent les Saintes Écritures. En agissant ainsi, nous devenons solidaires du cri que nous trouvons dans Os 6.3 : Connaissons, cherchons à connaître l'Éternel. Et cela est possible même si nous ne possédions que l’Ancien Testament…


Revenons à une autre parole de Jésus, et pas n’importe laquelle, car il s’agit de celle qu’il a prononcée dans son enseignement sur la prière. Nous lisons ceci dans Lu 11.1-2 :

1 Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu'il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l'a enseigné à ses disciples.

2 Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père !


Notez ce qu’il déclare au v.2 : Quand vous priez, dites : Père ! Par ces mots, Jésus fait découvrir à ses disciples une toute nouvelle dimension de la prière. Bien sûr, il ne faut pas en conclure que les disciples ne savaient pas prier – même si nous pourrions le penser d'après leur demande au v.1 : Seigneur, enseigne-nous à prier – car en tant que Juifs, leurs journées étaient rythmées par différentes prières. La foi d'Israël était une foi priante, et les disciples de Jésus appartenaient à un peuple dont le quotidien était accompagné par des prières et des louanges. L'objet de leur demande semble plutôt avoir été : « Seigneur, apprends-nous à prier comme toi tu pries… »


Il est clair que la vie de prière de Jésus allait au-delà de ce que les disciples connaissaient eux-mêmes, ou même de ce qu'ils avaient observé chez les experts du Judaïsme de l’époque, à savoir : les lévites, les sacrificateurs ou les pharisiens, qui étaient tous des professionnels de la prière. Une dimension majeure de la vie de prière de Jésus, et je parle là de quelque chose qui les a probablement surpris, déroutés et peut-être choqués, était la familiarité avec laquelle Jésus s'adressait à Dieu en tant que Père (Cf. Mt 11.25-26). Ils voyaient bien que Jésus avait une relation unique et profonde avec Dieu, le Dieu auquel il s'adressait en utilisant un mot réservé à l’intimité familiale : « Abba » (Cf. Mc 14.36).


Mais cette manière d'entrer en relation avec Dieu et de lui parler aussi intimément dans la prière, pouvait-elle être également accessible à ses disciples ? Avec le modèle de prière qu’il nous a laissé, et que prient des millions de chrétiens chaque jour, Jésus dit que c'est non seulement possible, mais que cela doit être la norme pour tous les croyants aux cours des générations. Depuis ce jour-là, c'est ainsi que les millions de disciples de Jésus de par le monde, sont entrés sans effort dans la richesse relationnelle illimitée qui consiste à appeler Dieu « Père », même si parfois cela est fait de manière routinière et sans y réfléchir…


Appeler Dieu « Père » dans la prière est comme une seconde nature pour les chrétiens, cela fait partie d’eux maintenant, mais il semble que cela ait été surprenant pour les premiers disciples de Jésus, il y a deux mille ans de cela. Pourquoi ? Eh bien pour une raison toute simple : ce n'était pas la façon habituelle de s'adresser à Dieu dans la vie cultuelle d'Israël. Non pas que les anciens Hébreux ne connaissaient pas Dieu en tant que Père, car le concept et la terminologie existaient bel et bien dans le Tanakh, que nous appelons l'Ancien Testament. D’ailleurs j’en dirai quelques mots un peu plus loin. Mais « Père » n'est pas la forme commune ou normale de s’adresser à Dieu dans l'Ancien Testament. Par exemple, il n'est pas utilisé dans le livre de louanges et de prières des Juifs d’autrefois, et je parle bien sûr du livre des Psaumes.


La question que l’on est en droit de se poser est : comment peut-on connaître Dieu le Père dans l'Ancien Testament ? N'est-ce pas un peu forcé de prétendre connaître Dieu le Père à travers l'Ancien Testament ? Il s'agit certainement d'un sujet que nous ne pouvons aborder qu'à la lumière du Nouveau Testament et de la révélation plus complète de Dieu par son Fils Jésus-Christ. En effet, c'est en connaissant Jésus comme le Fils de Dieu que nous connaissons plus clairement le Père, comme Jésus lui-même l'a dit à ses disciples dans Jn 14.7 : Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. C’est à partir de la connaissance initiale de Jésus notre Seigneur, que nous progressons vers une connaissance plus profonde de Dieu en tant que Père.


Mais il n’en demeure pas moins vrai que l'Israël de l'Ancien Testament connaissait certaines choses sur le Dieu vivant, et qu'il lui arrivait d'appeler Dieu « Père », même si d'autres titres et formes d'appellations étaient beaucoup plus courants à l’époque. Nous pouvons même dire que les hébreux ont utilisé des aspects du rôle, des attentes et des responsabilités des pères humains pour parler de certaines facettes de Dieu. En d'autres termes, il existe dans le Tanakh des portraits et des métaphores paternelles de Dieu, même si celui-ci n'est pas directement appelé « Père ».


Il y a une autre façon de formuler notre question « Comment peut-on connaître Dieu le Père dans l'Ancien Testament ? » Nous parlons du Dieu que l'Ancien Testament a révélé, le Dieu qu'Israël connaissait sous le nom de Yahvé – bien qu'à l'époque de Jésus, les juifs avaient probablement déjà cessé de prononcer ce nom, et lui avaient substitué soit Adonaï que l’on traduit par « Seigneur », soit Hachem, un substitut pour le tétragramme et qui signifie « le Nom ». C’est d’ailleurs ainsi que les Juifs aujourd’hui parle de Dieu : ils l’appelle « Hachem » par respect pour le nom sacré qu’ils ne veulent pas profaner.


Donc, Une autre façon de formuler notre question pourrait être : « Ce Dieu ou Hachem, est-il le même que celui que nous appelons Père ? » En d'autres termes, pouvons-nous assimiler le Yahvé de la foi d’Israël et de la révélation de l'Ancien Testament, à Dieu le Père du Nouveau Testament ? Yahvé ou Hachem est-il le même que celui que nous prions selon notre compréhension trinitaire de Dieu ? Je crois que nous pouvons répondre « oui », avec toutefois quelques prudentes réserves.


Il est important de souligner que les chrétiens ne croient pas en trois dieux, comme le pensent certains. L'essence même de la confession trinitaire est que « Dieu est Un ». Nous croyons en cette vérité tout aussi fermement que les Juifs lorsqu'ils confessent le « Shema » de De 6.4 : Écoute, Israël ! l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Le Dieu du Tanakh est le seul vrai Dieu vivant, celui que nous connaissons maintenant par la révélation finale de son Fils Jésus de Nazareth, et par l'effusion de son Esprit à la Pentecôte. Nous affirmons que les trois personnes de la divinité sont « contenues » dans l'identité personnelle du Dieu unique qui a choisi d'être connu sous le nom de l’Eternel dans nos versions françaises de l'Ancien Testament selon De 4.35 ; 39 :

35 Tu as été rendu témoin de ces choses, afin que tu reconnusses que l'Éternel est Dieu, qu'il n'y en a point d'autre…

39 Sache donc en ce jour, et retiens dans ton cœur que l'Éternel est Dieu, en haut dans le ciel et en bas sur la terre, et qu'il n'y en a point d'autre.


Cela signifie non seulement que l’Eternel est le seul Dieu qui existe, mais aussi que l’Eternel est la totalité ce qu'il y a de Dieu. Il n'y a pas de divinité supérieure qui soit au-dessus de lui, ni de divinité meilleure qui puisse venir après lui. Non ! Il est à jamais ce qu’il a toujours été. Il n’y a pas de réalité divine ultime en plus de l’Eternel. Dieu est tel qu'il se révèle être en la personne de l’Eternel. Dès lors, tout ce que nous nous efforçons d'exprimer au sujet de Dieu par le moyen de la doctrine de la Trinité, tout est déjà encapsulé dans le Dieu transcendant et unique qu'est l’Eternel.


Cela signifie qu'en définitive, il est inutile de demander à quelle personne de la Trinité se réfère tel ou tel verset de l'Ancien Testament lorsqu’apparaît l’Eternel. Bien sûr, dans certains passages l'Esprit de Dieu est clairement indiqué, et dans des textes messianiques le Fils pré-incarnée est nettement identifié. Il est donc vrai que le Dieu de l'Ancien Testament, l’Eternel, « contient » en un certain sens le Fils et le Saint-Esprit.


Toutefois, dans la plupart des cas il est probablement plus approprié de dire que lorsque nous sommes en présence de l’Eternel, cela se rapporte plutôt à Dieu le Père. Lorsque les Israélites de l'Ancien Testament affirmaient avec force l'unicité de l’Eternel, ils l'associaient fréquemment à des rôles ou à des fonctions majeurs qui lui étaient attribués.


Le premier rôle est que l’Eternel seul est le Créateur de tout ce qui existe. Par exemple, nous lisons dans Es 42.5 : Ainsi parle Dieu, l'Éternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent.


Le second rôle est que l’Eternel est le seul Roi. Il est le chef suprême, non seulement d'Israël, mais aussi de toutes les nations et de la création tout entière, comme le proclame le Ps 47.3 : Car l'Éternel, le Très Haut, est redoutable, Il est un grand roi sur toute la terre.


Le troisième rôle est que l’Eternel est le Juge ultime d’absolument tout ce qui existe selon Jé 11.20 : Mais l'Éternel des armées est un juste juge, Qui sonde les reins et les cœurs. Son jugement englobe toutes les attitudes humains, car cela va du microcosme de la plus petite pensée et action individuelle au macrocosme des relations internationales tout au long de l'Histoire humaine, comme cela est indiqué dans le Ps 33.13-15 :

13 L'Éternel regarde du haut des cieux, Il voit tous les fils de l'homme ;

14 Du lieu de sa demeure il observe Tous les habitants de la terre,

15 Lui qui forme leur cœur à tous, Qui est attentif à toutes leurs actions.


Voilà qui est le Dieu unique du Tanakh : Créateur, Roi et Juge. Dans toutes ces sphères, la souveraine universelle de L'Éternel est affirmée encore et encore. Cependant, il faut souligner que ce sont des rôles typiquement associés à la personne de Dieu le Père. C’est pourquoi le Credo des Apôtre nous invite à affirmer avec les croyants de toutes les confessions chrétiennes : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre


Bien entendu, nous devons convenir que l'une des principales façons dont le Nouveau Testament affirme l'identité de Christ avec le Dieu de l’Ancien Testament, est d'attribuer également ces trois rôles divins à Jésus, et d'en ajouter un autre : celui de Sauveur, qui était bien évidemment une autre caractéristique majeure de L'Éternel, comme le fait ressortir Es 43.3 : Car je suis l'Éternel, ton Dieu, Le Saint d'Israël, ton sauveur.


Dans le Nouveau Testament, Jésus est donc présenté comme le Créateur, le Roi, le Juge et le Sauveur, ce qui démontre l'unité entre le Père et le Fils dans toutes les actions de Dieu. Paul associe à la fois Dieu le Père et Jésus son Fils unique dans 1 Cor 8.6, que nous pouvons considérer comme une remarquable expansion du Shema d’Israël : Néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes.


Néanmoins, la manière la plus courante de différencier les fonctions de Dieu au niveau conceptuel, est d'associer à Dieu le Père celles se rapportant à la création, au maintien, au gouvernement et au jugement de la terre et de ses habitants. Pour cette raison, il est naturel d'associer le nom et le caractère de l’Eternel dans l'Ancien Testament principalement, mais pas exclusivement, au Père.


Jésus était pleinement humain. Il a grandi dans un foyer juif pieux, et était sans aucun doute un adorateur, aussi bien en tant qu’enfant, qu’en tant que jeune homme et adulte. Ses habitudes de prière quotidienne, dont parlent les Évangiles, ont dû être ancrée en lui dès l'enfance. Ainsi, lorsque Jésus adorait et priait, chez lui ou à la synagogue de Nazareth, à qui s'adressait-il ? Qui était le Dieu de Jésus-Christ, celui dont il confessait le nom dans toutes les Écritures qu'il récitait, et dans tous les chants qu'il chantait ? À qui Jésus a-t-il adressé ses prières lorsqu'il était enfant, sous la direction de sa mère Marie, puis tout au long de sa vie ? La réponse est, bien sûr, à l'Éternel, c’est-à-dire à Yahvé, à Adonaï ou Hachem.


Jésus a probablement récité le Shema chaque jour avec ses compatriotes Juifs, et il savait que l'Éternel était le Dieu de son peuple, le Dieu de ses parents humains et son Dieu à lui. La perception que Jésus avait de Dieu était donc entièrement façonnée par les Écritures que nous appelons l'Ancien Testament. Lorsque Jésus pensait à Dieu, parlait de Dieu, réfléchissait aux paroles et à la volonté de Dieu, entreprenait d'obéir à Dieu, c'était l'Éternel qui était dans son esprit. Pour Jésus, Dieu était l'Éternel, le Saint d'Israël. Lorsque Jésus et ses disciples parlaient ensemble de Dieu, c'est l’appellation qu'ils utilisaient.


Mais bien sûr, Jésus connaissait aussi le Dieu des Écritures au plus profond de sa conscience comme Abba, comme son Père si intime. Luc nous dit que cette conscience se développait déjà dans son enfance, et qu'elle a été scellée lors de son baptême, lorsqu'il a entendu la voix de son Père, accompagnée de l'Esprit Saint, confirmer son identité de Fils bien-aimé de Dieu (3.21-22) :

21 Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé ; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit,

22 et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection.


Ainsi, dans la conscience de Jésus, l'identité de Dieu en tant que l’Eternel et son intimité personnelle avec lui en tant que Père, ont dû se confondre. Le Dieu qu'il connaissait dans le Tanakh comme Yahvé, était le Dieu qu'il connaissait dans la prière comme son Père. Puisque notre compréhension de Dieu en tant que Père doit commencer par la connaissance de Jésus, il est logique que nous considérions également l’Eternel, le Dieu d'Israël dans l'Ancien Testament, car c’est précisément lui que Jésus identifie comme son Père et notre Père.


Voici l’hypothèse fondamentale qui va retenir notre attention pendant quelques temps : la connaissance de Dieu en tant que Père puise ses racines dans l'Ancien Testament. La connaissance de Dieu est d’ailleurs l'un des principaux thèmes de l'Ancien Testament. Elle est stimulante, effrayante parfois, et certainement encourageante. Elle est sans doute intime et dévotionnelle, mais elle est aussi profondément pratique et éthique. Cette connaissance s'applique aux individus et aux nations. Elle se tourne vers le passé, mais remplit aussi les intentions de Dieu pour l'avenir. Connaître le Dieu de Jésus-Christ à partir de l’Ancien Testament, est un voyage de découverte passionnante et stimulante que je vous propose. Serez-vous de la partie ?


A bientôt…

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