LES CHRETIENS ET LA FÊTE DES MORTS

Ce dimanche c’était 1er Novembre, un jour que le calendrier désigne comme étant la Toussaint, c’est-à-dire la fête de tous les saints. Son origine est très ancienne, car elle remonte au 4ème siècle. Elle fût d’abord instituée pour commémorer les martyrs morts pour leur foi, mais par la suite cette commémoration s’est étendue à tous les saints, c’est-à-dire à tous ceux et celles que l’église catholique romaine a officiellement déclarée comme saints et saintes (suite au processus de canonisation), en raison de leur vie exemplaire. Toujours sur le calendrier, juste après la toussaint, c’est-à-dire le 2 novembre, nous trouvons le jour des défunts que l’on désigne habituellement comme étant la fête des morts.

C’est à partir du 10ème siècle, en l’an 998, que l’on a commencé à commémorer tous les défunts, en priant pour eux le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint. C’est là qu’est née la tradition d’aller fleurir les tombes lors d’une visite au cimetière et de prier en souvenir des êtres chers disparus. Par la suite, on a commencé à demander aux défunts d’intercéder pour les vivants et de leur venir en aide.


Bien sûr, ces trois traditions n’ont pas de fondements bibliques. S’il n’est nullement interdit d’aller fleurir la tombe de nos défunts, et ce, n’importe quel jour de l’année, il n’est cependant pas biblique d’adresser des prières à des saints, comme s’ils avaient le moindre pouvoir, ni de prier pour les morts et encore moins de demander aux morts d’intercéder auprès de Dieu en notre faveur. Ce genre de pratique n’est pas soutenu par la Bible.


La fête de la Toussaint et la fête des morts (ou défunts sur le calendrier), sont l’occasion de vérifier ce que la Parole de Dieu nous enseigne sur la mort. Nous pouvons, en même temps, voir quelle attitude conforme à la volonté de Dieu, nous devons adopter sur le sujet. Nous le ferons en répondant à quatre questions :


1. Qu’est-ce que la mort physique ?

La première chose qu’il faut rappeler, c’est que la mort physique est la conséquence du péché selon Ro 5.12 : C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché.

Cela signifie que la mort physique, telle que l’expérimente l’homme, ne faisait pas partie du plan initial de Dieu. Sa vie terrestre devait prendre fin d’une autre façon, mais le péché a tout changé. La question demeure : qu’est-ce que la mort physique ? Ce n’est un secret pour personne, la mort physique intervient lorsque notre vie terrestre arrive à son terme. Cependant, la Bible parle d’une « après-vie », d’un « au-delà », où même si la vie physique est terminée, l’existence, elle, continue. En d’autres mots, la mort physique n’est pas la fin de tout, mais la transition vers un mode différent d’existence.


Comment savons-nous qu’il y a autre chose après la mort ? Eh bien c’est parce que la Bible dit : Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement (He 9.27). Si la mort était la fin de tout, pourquoi il y aurait-il un jugement ? Si l’extinction était totale à la mort, pourquoi la Bible parlerai-t-elle d’un jugement, car cet évènement indique une activité au-delà de la mort ?


Il est important aussi de savoir, que pour nous chrétiens, la mort, malgré son aspect effrayant et dramatique, n’est pas une punition de Dieu. Jésus a subi la condamnation à notre place, et Ro 8.1 déclare : Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Gloire au Seigneur ! La mort physique marque seulement la fin d’une vie naturelle dans un monde déchu.


Il y a différentes bénédictions qui découlent de la rédemption accomplie par Christ, et Dieu, dans sa sagesse infinie, applique ces bénédictions de façon progressive. C’est pourquoi Paul dit dans 1 Co 15.26 : Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. Dieu ne fait pas disparaître tout mal de la terre en même temps, mais il attend le jugement dernier et la création des nouveaux cieux et de la nouvelle terre pour compléter l’application des bénéfices acquis par la rédemption de Christ. Pour résumer, la mort physique est inévitable, en raison du monde déchu dans lequel nous vivons, mais ce n’est pas une punition divine pour le chrétien qui est uni à Jésus. C’est juste un passage vers un monde meilleur.


2. Les morts peuvent-ils intervenir pour les vivants ?

La réponse à cette seconde question concerne directement le culte des saints et la demande d’intercession de morts en notre faveur. Sur ce sujet, nous pouvons relever trois choses :


1) Aucun contact n’est possible entre ceux qui sont déjà morts et les vivants.

Cela est confirmé par Lu 16.26 : il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. C’est ce qu’Abraham a répondu au riche qui lui demandait d’envoyer quelqu’un du séjour de morts pour prévenir les membres de sa famille encore vivants sur terre, afin qu’ils se repentent et soient sauvés.


2) La Bible interdit que l’on tente d’établir ce contact par différents moyens.

Personne ne peut lire la Bible avec un minimum d’honnêteté, et passer outre l’interdiction du spiritisme que l’on rencontre dans De 18.10-12 :

10 Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien,

11 d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts.

12 Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Eternel…

Le verbe traduit par « interroger »au v.11 signifie « demander, réclamer et avoir recours ». C’est pourquoi prier les saints est une abomination aux yeux de Dieu, parce qu’en le faisant, on « interroge un mort » ou on a « recours à un mort », qui de toute façon, ne peut nous répondre. C’est exactement la même chose lorsqu’on va prier sur la tombe d’un défunt... Comprenez-moi bien, se recueillir devant une tombe et parler à Dieu est tout à fait légitime : on peut prier en demandant la consolation et le secours de Dieu pour soi ou pour les autres qui ont été affectés par la perte d’un proche. Cependant, on ne doit pas adresser ses prières au défunt lui-même, cet acte est « en abomination » à Dieu, c’est écrit noir sur blanc au v.12.


A ce sujet, lorsqu’une personne pense entrer en communication avec un défunt, il établit le contact avec une entité démoniaque qui peut donner des informations sur un mort en se faisant passer pour lui. La Bible appelle ce genre de démon : l’esprit d’un mort. Regardez ce que dit Lé 20.27 : Si un homme ou une femme ont en eux l’esprit d’un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux.


Dans la King James version (la version du roi Jacques), l’expression « l’esprit d’un mort » est traduite par « esprit familier », un terme qui désigne ainsi un esprit démoniaque qui est familier (qui connait bien) d’une personne décédée ou d’un domaine précis, et qui est capable de communiquer une foule d’informations à leur sujet. Tout fantôme ou esprit de défunt soi-disant présent sur terre, n’est rien d’autre qu’une entité démoniaque. Il faut absolument couper tout contact avec cette entité, sous peine d’attirer une malédiction sur sa vie.


3) Jésus est le seul intermédiaire et intercesseur entre Dieu et nous.

Ce qui est important de souligner, c’est que seul Jésus nous permet de communiquer avec Dieu selon 1 Ti 2.5 : Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. Le mot médiateur signifie « intermédiaire de communication ». C’est aussi pour cette raison qu’il est le seul intercesseur possible en notre faveur selon Hé 7.25 : C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.


Ces trois points nous rappellent que les morts n’ont aucun pouvoir pour intervenir en faveur des vivants. Lorsque nous avons l’impression que c’est le cas, restons dans les limites que nous imposent la Parole de Dieu, sinon, nous courons le risque d’être trompés par l’esprit d’un mort ou un esprit familier. Ne prenez pas ces choses à la légère, je vous en supplie...


3. Comment considérer la mort de nos proches qui sont chrétiens ?

S’il n’est pas interdit de fleurir la tombe d’un proche, il ne faut pas pratiquer le culte des morts, nous l’avons déjà dit. Il faut aussi se rappeler que les morts ne sont pas là. Ou plus exactement ils ne sont plus là. Ceci ci est vrai autant pour un non chrétien que pour un chrétien. Mais alors, où sont nos proches décédés qui étaient chrétiens ? La Bible affirme qu’ils sont avec le Seigneur, car l’apôtre Paul déclare dans Ph 1.21-23 :

21 Car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain.

22 Mais s’il est utile pour mon œuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer.

23 Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur.


Le gain dont parle l’apôtre Paul, c’est de se retrouver avec Christ une fois qu’on a quitté la terre. Il est évident que, la perte d’un être proche, même si en tant que chrétien il va avec le Seigneur, occasionnera de la tristesse chez nous. C’est normal. C’est une perte, et cela occasionne un deuil, et toutes les douleurs qui l’accompagnent.


Certains chrétiens disent qu’un croyant ne devrait pas pleurer lorsqu’un autre chrétien décède, parce qu’il va rejoindre le Seigneur. Cependant, il n’y a aucun mal à exprimer son chagrin devant la perte d’un proche. Nous en avons plusieurs exemples dans la Bible, dont celui qui concerne Etienne, le premier martyr chrétien, dans Ac 8.2 : Des hommes pieux ensevelirent Etienne, et le pleurèrent à grand bruit. Par ailleurs, les Ecritures disent dans Ro 12.15 : Pleurez avec ceux qui pleurent. Faisons attention à ce que nous disons. Les chrétiens ont parfois besoin d’apprendre à faire preuve d’humanitude devant le chagrin des autres.


Il y a aussi cette parole de l’apôtre dans 1 Th 4.13 : Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Ici, Paul n’interdit pas les croyants de pleurer la mort d’un proche, mais il leur rappelle qu’ils n’ont pas besoin de tomber dans le désespoir comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Donc, la tristesse et les larmes sont naturelles et légitimes, mais il ne faut pas oublier l’espérance de la résurrection pour la vie éternelle. Ceci nous amène à notre dernière question :


4. Que se passe-t-il lorsqu’une personne meurt ?

Tout d’abord, concernant le vrai chrétien, celui qui est dans une relation vivante avec Jésus, dès que son esprit quitte son corps au moment de sa mort, il va directement au ciel dans la présence du Seigneur. Jésus en personne l’affirme dans Lu 23.43, en s’adressant au brigand repentant qui a été crucifié en même temps que lui : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.


Ensuite, concernant celui ou celle qui n’est pas dans une relation vivante avec Jésus, donc qui n’est pas sauvé spirituellement, lorsqu’il meurt, son esprit va dans le séjour des morts loin de la présence du Seigneur. C’est ce que nous apprenons dans Lu 16.22-23 :

22 Le pauvre mourut et fut porté par les anges auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi et fut enterré.

23 Dans le séjour des morts, en proie à une grande souffrance il leva les yeux et vit de loin Abraham, avec Lazare à ses côtés.


L’au-delà du l’incroyant est un lieu de « grande souffrance » que la version latine de la Bible a traduit par « infernus », ce qui a donné « enfer » en français. A ce sujet, je vous renvoie à mes deux vidéos sur YouTube intitulées « CARTOGRAPHIE DE L’AU-DELA » qui détaille les 5 départements de l’après-vie. Il n’y a que ces deux destinations dans l’au-delà : le ciel ou l’enfer. Il n’y a aucune autre alternative. Il n’y a pas de seconde chance. Le Christ a payé le prix de notre salut, et c’est sur terre que nous y accédons. Une fois que nous sommes de l’autre côté, ce ne sera plus possible.


Je tiens à préciser que la parole que Jésus a prononcé au brigand sur la croix, prouve qu’il n’y a pas de purgatoire. Pourquoi ? Tout d’abord, le purgatoire est le lieu où une âme se rend pour parfaire sa purification, afin de pouvoir accéder au ciel dans la sainte présence de Dieu. S’il y a quelqu’un qui avait besoin de compléter sa purification après une vie de crime et de péchés notoires, c’est bien ce criminel exécuté en même temps que Jésus. Si le purgatoire était une réalité nécessaire, Jésus lui aurait dit : « Après un temps passé au purgatoire pour parfaire ta purification, tu me rejoindras au paradis ». Non, ce n’est pas ce qu’il lui dit ! Mais il lui annonce plutôt : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » !


Il n’y a pas eu de période probatoire pour ce brigand, il fut immédiatement admis dans le paradis, sans passer par une phase de purification préalable. La parole de Jésus, fondée sur son œuvre expiatoire, était suffisante pour que le brigand ait accès au ciel ce même jour. C’est aussi pour cela que nous ne pouvons pas prier pour les morts, car leur destinée éternelle est réglée, et il n’y a rien que nous ne puissions faire pour changer quoi que ce soit.


Alors, pouvez-vous fleurir la tombe de votre défunt ? Bien sûr, il n’y a aucun problème. Par contre, gardez-vous de lui adresser la moindre prière, celle-ci n’est réservée qu’à Dieu seul, par Jésus-Christ. Un dernier mot : Avez-vous fait la paix avec Dieu, et êtes-vous prêt à rejoindre Jésus-Christ au paradis ? Pensez-y, c’est la question la plus importante de toute votre existence.


A bientôt...