COMMENT DIEU S’OCCUPE DE NOS BESOINS

Mt 17.24-27 :

24 Lorsqu’ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient les deux drachmes s’adressèrent à Pierre, et lui dirent : Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes ?

25 Oui, dit-il. Et quand il fut entré dans la maison, Jésus le prévint, et dit : Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts ? de leurs fils, ou des étrangers ?

26 Il lui dit : Des étrangers. Et Jésus lui répondit : Les fils en sont donc exempts.

27 Mais, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra ; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi.

J’ai un jour reçu une question en rapport avec ce passage de l’Evangile qui, reconnaissons-le, fait rarement l’objet d’une prédication, car il peut sembler sans grand intérêt. Mais c’est une erreur de penser ainsi, car Paul dit dans 2 Ti 3.16 : Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice.


Ce passage est donc utile pour nous enseigner des vérités spirituelles qui pourraient nous échapper, et la question qui m’a été posée, a été bénéfique car elle m’a forcé à réfléchir à ce qui s’y trouve. Voici la question : « Sauriez-vous pourquoi jésus utilise un POISSON pour récupérer le statère afin de payer l’impôt du temple ? ». Franchement, je n’aurais pas pensé à poser une telle question, mais comme je devais y répondre, j’ai demandé au Seigneur de me guider dans ma réflexion. En y réfléchissant, je me suis tout d’abord demandé : « De quoi parle notre texte exactement ? »


Il présente un épisode du ministère de Jésus, lequel ministère, comprenait de nombreux déplacements. Ici, Jésus accompagne probablement Pierre dans sa maison à Capernaüm, là où il habitait. Ils sont seuls, car les autres disciples ont dû aller se loger ailleurs. C’est en entrant à Capernaüm que Pierre est interpellé par ceux qui étaient chargés de percevoir les deux drachmes.


Il faut savoir qu’à cette époque, tout juif âgé de 20 ans et plus devait, chaque année, payer un impôt de deux drachmes pour l’entretien du Temple, et les percepteurs du Temple parcouraient tout le pays pour le récolter. Il semble que Jésus ne l’avait pas encore payé, et c’est pourquoi les percepteurs fait un rappel à l’ordre à Pierre qui annonce que Jésus paiera bien l’impôt exigé. Mais avant que Pierre n’explique à Jésus l’interpellation des percepteurs, ce dernier montre qu’il est déjà au courant de l’incident, en posant une question pleine de sens :

25 ...Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts ? de leurs fils, ou des étrangers ?

26 Il lui dit : Des étrangers. Et Jésus lui répondit : Les fils en sont donc exempts.


Jésus veut dire à Pierre qu’en tant que « Fils du Dieu pour qui le Temple a été construit », il ne devrait pas payer l’impôt du Temple, tout comme les fils des rois ne paient pas les impôts. Puis Jésus ajoute au 27 : Mais, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra ; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi.


En d’autres termes, Jésus se soumet à l’autorité civile qui exige le paiement de cet impôt pour l’entretien du Temple, même s’il aurait dû en être exempté, car il est le véritable propriétaire du Temple. Jésus demande donc à Pierre d’aller à la pêche, car il attrapera un poisson dans la bouche duquel se trouvera un statère, ce qui équivaut à quatre drachmes, afin de payer l’impôt pour tous les deux.


Et c’est cette parole énigmatique de Jésus qui a motivé la question qui m’a été posée : « Pourquoi Jésus utilise un poisson pour récupérer le statère afin de payer l’impôt du temple ? ». En y pensant, je me suis dit : « Mais c’est simple : Jésus utilise un poisson pour avoir de quoi payer l’impôt ! ». Ce n’était pas la première fois qu’un animal était utilisé par Dieu pour accomplir une mission, cat déjà dans l’Ancien Testament, Dieu s’était servi d’une ânesse pour parler à un faux prophète, comme nous pouvons le lire dans No 22.28 : L’Eternel ouvrit la bouche de l’Ânesse, et elle dit à Balaam : Que t’ai-je fait, pour que tu m’aies frappée déjà trois fois ?


Dans notre texte, Jésus se sert d’un poisson pour récupérer de quoi payer l’impôt. Mais pourquoi n’a-t-il pas accompli un miracle en créant la pièce d’argent nécessaire au paiement de l’impôt ? Pour la même raison qu’il n’a pas transformer les pierres en pains lorsque le diable le lui a suggéré lors de la tentation au désert (Cf. Mt 4.3) : utiliser gratuitement sa puissance pour ses besoins personnels !


Cependant, il s’agit quand même d’un miracle, car le Seigneur a décidé que le poisson qui avait avalé un statère, et qui était resté coincé dans sa bouche, morde à l’hameçon de Pierre. Notons qu’il s’agissait en plus du premier poisson qui mordait à l’hameçon de Pierre, donc c’était une pêche miraculeuse, même si elle ne concernait qu’un seul poisson. Mais pas n’importe quel poisson : c’était le poisson qui avait avalé le statère dont Jésus et Pierre avaient besoin pour payer leur impôt. C’est la preuve de la providence miraculeuse de Dieu.


Voici ce que j’ai répondu à mon interlocuteur : « Il est probable que Jésus ait voulu nous enseigner que la providence de Dieu passe par ce que nous savons ou sommes capables de faire. Comme Pierre était pêcheur de métier, Jésus l’invite à faire ce qu’il sait faire pour trouver de quoi payer l’impôt : aller à la pêche. C’est ainsi que Dieu pourvoit à nos besoins : il se sert de ce que nous sommes capable de faire. Notre naturel est alors imprégné du surnaturel divin. Mais le naturel vient avant, et le surnaturel s’en suit... »


J’ai terminé ma réponse en ajoutant que, dans cet épisode, « Je n’y vois que la providence pleine de bon sens de notre Seigneur ». Pas de sensationnalisme, mais du bon sens ! Et en réfléchissant à ce texte, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à d’autres passages de la Bible où le même principe est appliqué, comme par exemple, le miracle de la multiplication des pains dans Mc 6.37-38 :

37 Jésus leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent : Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger ?

38 Et il leur dit : Combien avez-vous de pains ? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent : Cinq, et deux poissons.


Pour nourrir une foule de 5000 personnes, Jésus va utiliser ce que les disciples avaient à leur disposition : cinq pains et deux poissons ! Le miracle fut accompli à partir de ce qui était connu et disponible. Nous avons aussi l’exemple de la veuve qui était endettée et qui risquait de tout perdre, même ses deux enfants qui pouvaient devenir esclaves. Mais nous voyons comment Elisée l’a aidée dans 2 R 4.2-5 :

2 Elisée lui dit : Que puis-je faire pour toi ? Dis-moi, qu’as-tu À la maison ? Elle répondit : Ta servante n’a rien du tout à la maison qu’un vase d’huile.

3 Et il dit : Va demander au dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n’en demande pas un petit nombre.

4 Quand tu seras rentrée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants ; tu verseras dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins.

5 Alors elle le quitta. Elle ferma la porte sur elle et sur ses enfants ; ils lui présentaient les vases, et elle versait.


Notons la question d’Elisée : « Qu’as-tu à la maison ? », ce qui indique que le miracle de provision se fera à partir de ce que cette femme a de disponible, de ce qu’elle a en sa possession et de ce qu’elle peut faire. Et c’est seulement lorsqu’elle se mit à transvaser l’huile qu’elle possédait dans les vases vides récupérées chez ses voisins, que le miracle de la multiplication eu lieu et qu’elle pût payer ses dettes.


Qu’est-ce que Paul dit à Timothée qui souffrait de l’estomac, parce que l’eau qu’il consommait était impropre, et lui causait du tort ? Lui dit-il qu’il va exercer le don surnaturel de guérison en sa faveur ? Non, n’en déplaise à ceux qui le croient ! Il lui donne plutôt ce conseil dans 1 Ti 5.23 : Ne continue pas à ne boire que de l’eau ; mais fais usage d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions.


Paul recommande à Timothée l’usage d’un peu vin à des fin purement médicales, et non pour mettre du piquant dans ses apéritifs ou ses repas familiaux. Il est clair ici que La provision pour la santé de Timothée passe par un moyen naturel. A ce sujet, le même apôtre Paul nous rappelle un principe que de nombreux croyants ne veulent pas accepter dans 1 Co 15.46 : Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est naturel ; ce qui est spirituel vient ensuite.


Notons que le naturel vient en premier, le spirituel ne vient qu’ensuite. Certains croyants inversent l’ordre : ils essaient de trouver une raison spirituelle à toutes choses. Connaissez-vous ces gens qui spiritualisent tous les problèmes qui surviennent dans leur vie ? Un jour, j’ai même entendu parler d’un chrétien qui aurait lié l’esprit qui avait provoqué la crevaison d’un des pneus de sa voiture ! Il était persuadé qu’un démon était à l’origine de cet incident mécanique. Heureusement que le ridicule ne tue pas...


Certains chrétiens ont une vision de la vie chrétienne ou de la marche par la foi, qui ressemble plus à un film de science-fiction qu’à la réalité quotidienne. Certains voient des démons là où il n’y a qu’un problème difficile à comprendre au premier abord. Certains croient que Dieu leur a donné un rêve, là où leur subconscient ne fait qu’exprimer leurs craintes et leurs espoirs...


Certains refusent la médecine conventionnelle, et essaient de manipuler Dieu par ce qu’ils pensent être la foi, mais qui n’est rien d’autre que de la présomption, laquelle consiste à surestimer sa capacité à croire. Ils vivent avec des fantasmes spirituels qu’ils ne gèrent pas, en croyant que la vie avec Christ est une vie où tout est sensationnel et magique. Ils se créent en fait une vie faite de superstitions chrétiennes.


Ils ont un mauvais réflexe : abandonner le bon sens, la réflexion et l’analyse, et se cacher derrière une attitude mystique en s’imaginant que la prière et la confession de la foi vont tout régler. Nous devons regarder les choses en face, les analyser avec l’aide d’un professionnel, réfléchir à des solutions adéquates, passer à l’action, et quand nous agissons ainsi, Dieu nous vient en aide.


Par exemple, si vous êtes malades, consulter votre médecin et prenez en compte ce qu’il vous dit. Cherchez le meilleur remède médical et appliquez-le, en priant pour que Dieu se serve de votre traitement pour restaurer votre santé. Alors que vous agissez avec du bon sens dans le domaine naturel, Dieu interviendra dans le domaine spirituel, et accompagnera votre traitement médical de sa puissance et de sa fidélité.


Ce principe est valable pour tout besoin qui se présente à nous : tout d’abord, nous prenons des dispositions au niveau naturel, en agissant comme il le faut, ensuite, Dieu intervient au niveau spirituel. Vous souvenez-vous du combat qui opposa David à Goliath ? Comment le jeune David a-t-il été vainqueur dans le combat singulier qui l’opposait au terrifiant géant ? Nous savons que David avait une foi inébranlable en Dieu, mais il est intéressant de noter qu’il a agi tout d’abord au niveau naturel, car nous lisons dans 1 S 17.40 : Il prit en main son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres polies, et les mit dans sa gibecière de berger et dans sa poche. Puis, sa fronde à la main, il s’avança contre le Philistin.


Le bon sens voulait que David agisse en fonction de ce qu’il savait. Or, que savait-il ? Il savait utiliser sa fronde. Il a pris ses dispositions au niveau naturel, et a laissé à Dieu s’occuper du domaine spirituel. La suite du récit nous montre que David a eu raison de mettre le naturel à la première place, en s’appliquant à faire ce qu’il savait faire : utiliser sa fronde, car voici ce que nous lisons dans 1 S 17.48-50 :

48 Aussitôt que le Philistin se mit en mouvement pour marcher au-devant de David, David courut sur le champ de bataille à la rencontre du Philistin.

49 Il mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde ; il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans le front du Philistin, qui tomba le visage contre terre.

50 Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin ; il le terrassa et lui ôta la vie, sans avoir d’épée à la main.


Avec ce qu’il connaissait et ce qu’il savait faire, David a terrassé Goliath. Pourquoi ? Parce qu’il a agi avec bon sens dans la naturel, et a laissé Dieu intervenir au niveau spirituel. C’est simple. C’est du bon sens, et ça porte du fruit. Comment Dieu s’occupe de nos besoins ? Tout d’abord par ce que nous sommes capables de faire au niveau naturel, ensuite et seulement ensuite par son intervention au niveau spirituel.


Vous faites face à des besoins ? Pas de panique : Dieu s’occupe de nos besoins. Asseyez-vous et analysez votre besoin. Que pouvez-vous y faire à votre niveau ? Est-ce conforme à l’Evangile ? Il y a-t-il une action que vous devriez entreprendre et qui n’irait pas à l’encontre de l’éthique chrétienne ? Alors pesez le pour et le contre pour vous assurer que vous faîtes le bon choix, puis passez à l’action. Utilisez le BON SENS en vous en remettant au Seigneur dans la foi, et ensuite laissez Dieu faire le reste car il sait exactement comment s’occuper de vos besoins...


A bientôt...

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