DE LA VIE A LA VIE

Avant d’aller plus loin dans cet article, je vous recommande vivement de lire le récite de la guérison de la femme à la perte de sang dans Mc 5.25-29, car c’est sur lui que va reposer notre étude.


« De la vie à la vie » : qu’est-ce qui se cache derrière ce titre ?

Pour vous donner une meilleure idée, je vais employer la même formulation, mais en remplaçant le mot « vie » par d’autres mots :


« De Paris à Marseille », ou pour rester plus local : « De Saint-Pierre à Saint-Denis ». Quelle est votre conclusion ? Il est facile de déduire que je parle de l’itinéraire qui sépare deux villes. Le titre de mon message indique que nous allons réfléchir à la notion d’itinéraire.


Tout d’abord, un itinéraire comporte différentes choses, telles que :

  • La distance entre deux endroits.

  • Le temps que l’on met à franchir cette distance.

  • Le moyen utilisé pour y parvenir.

  • Les étapes nécessaires (déjeuner, ravitaillement, pause, péages, etc.)

  • Les imprévus (déviation, accident, bouchons, etc.)


Pour résumer, un itinéraire désigne le parcours entre un point de départ et un point d’arrivée, ainsi que les points intermédiaires qui jalonnent ce parcours.


Ne pourrions-nous pas dire que la vie humaine est aussi un parcours, dont l’itinéraire a pour point de départ la naissance, et pour point d’arrivée la mort ? Et ne pourrions-nous pas ajouter qu’entre le départ et l’arrivée, il y a également des points intermédiaires qui réservent quelques surprises, parfois bonnes, parfois mauvaises ?


Si vous recevez cet enseignement, cela signifie que vous n’êtes ni au point de départ, ni au point d’arrivée. Vous avez donc déjà entamé votre parcours de vie. La question est : à quelle étape vous trouvez-vous ? A quel point intermédiaire êtes-vous arrivé à ce moment précis ?


Pour vous aider à faire « le point » (justement !), penchons-nous sur le récit que nous venons de lire, car il nous présente un itinéraire que nous pouvons nommer « De la Vie à la vie ». Pourquoi le nommons-nous ainsi ?


Parce que si nous réfléchissons à l’histoire de cette femme, nous pouvons dire que tout a commencé par la VIE où régnait la santé. Et puis, cette santé à fait place à une terrible maladie qui a occasionné une pénurie de VIE. Et enfin, cette femme a expérimenté un retour à la VIE par le moyen d’une guérison miraculeuse.


Donc, nous avons dans ce récit l’illustration d’un itinéraire entre la santé et la santé, avec au milieu l’étape de la maladie, ainsi que les différents points intermédiaires qui ont permis à cette femme de retrouver sa santé.


Nous avons ici l’image des situations désastreuses dans lesquelles nous pouvons tous nous trouver un jour ou l’autre. Il serait utile que nous comprenions les étapes qui ont jalonnées la vie de cette femme pour qu’elle connaisse un tel itinéraire.


Dans l’itinéraire de cette femme nous découvrons 5 points intermédiaires qui éclairent les différentes étapes qui ont composé son parcours « De la Vie à la vie ».


1) LE POINT DE RUPTURE


Mc 5.25 : Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans.

Au moment où se situe notre récit, ce point de rupture a eu lieu il y a douze ans. Jusque-là, tout allait bien pour elle, mais il y a douze ans, sa vie a changé. Quelque chose s’est passé qui a provoqué chez elle une hémorragie qui n’a jamais cessé depuis : elle était atteinte d’une perte de sang depuis douze ans.


Or, perdre son sang, c’est perdre sa vitalité en quelque sorte, si bien que sa maladie a causé une rupture de vie en elle. Ce point de rupture a eu pour conséquence, non seulement une altération de sa santé, mais aussi un bouleversement de sa vie sociale.


En effet, selon Le 15.25-33, elle était rituellement impure, donc tout le monde l’évitait, donc son lot quotidien c’était : perte d’énergie, douleur, honte, rejet, solitude, confusion…


Application : quand nous faisons le bilan de notre vie, où se situe nos points de rupture avec la vie ? De quelles natures sont-ils ? Physiques (maladies, accident) ? Familiales (divorce, veuvage) ? Professionnelles (chômage, faillite) ? Comment se manifestent-ils (échec à répétition, incapacité de rebondir, dépression, etc.) ?


2) LE POINT DE NON-RETOUR


Mc 5.26 : Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant.


Notons les expressions : « beaucoup souffert », « dépensé tout » et « aucun soulagement » qui mettent en relief la pénibilité de sa situation. Aux différents problèmes que nous avons déjà cités, nous pourrions ajouter :

  • La lourdeur et la difficulté des divers traitements médicaux inefficaces qu’elle a expérimentés.

  • La perte financière que ces traitements ont occasionné à une femme ne bénéficiant d’aucune couverture sociale.

Quelque part pendant ces douze ans, peut-être même assez tôt, au lieu de s’améliorer, « était allée plutôt en empirant », et elle a atteint le point de non-retour.


Cela signifie qu’humainement parlant, tout avait été fait et rien d’autre ne pouvait être fait pour que son état change positivement. Elle faisait face à un terrible constat : elle était condamnée ! Elle était perdue ! il n’y avait plus de retour possible à une vie normale et une bonne santé…


Application : Comment a évolué notre situation ? Quelles sont les perspectives ? Existe-t-il une solution ? D’où peut venir la solution ? Qu’est-ce que nous pouvons espérer ? Nous sentons-nous dans une impasse ?


3) LE POINT DE BASCULE


Mc 5.27(a) : Ayant entendu parler de Jésus…


De son point de rupture avec la santé, elle suivait un itinéraire qui menait à une mort certaine et prématurée. C’était inexorable ! Il n’y avait plus d’issue, d’un point de vue strictement naturel et humain. Elle était entraînée par le courant de la fatalité.


Et puis quelque chose s’est passé, qui aurait pu paraître banal, mais qui était loin de l’être : elle a entendu parler de Jésus. Au début, ce n’était peut-être que des rumeurs, des brides de conversation qu’elle saisissait ici et là, lorsque sa présence non désirée passait inaperçue.


Puis, petit à petit, cela s’est précisé et s’est amplifié : un homme nommé Jésus guérit toutes sortes de malades, même les plus gravement atteints ! Les témoignages de guérisons circulaient par centaines et concernaient de grosses pathologies comme la surdité, la cécité, la lèpre, l’infirmité, etc.


Elle a entendu que, sans qu’il y ait besoin de recourir à des rituels et de dépenser le moindre argent, qu’un simple contact avec Jésus, suffisait à guérir de n’importe quelle maladie. Elle percevait la puissance illimitée du Christ.


L’espoir renaissait dans son cœur, jusqu’au jour où elle est passée du point de non-retour à un point de bascule : elle avait la certitude qu’elle pouvait enfin être guérie de son hémorragie ! Elle savait que Jésus pouvait transformer son existence.


Alors qu’habituellement on bascule dans le désespoir d’une situation insurmontable, après avoir entendu parler de Jésus, cette femme a basculé dans l’espoir d’une guérison inévitable si elle allait à la rencontre du Seigneur.


Application : Quelles sont les informations que nous avons au sujet de Jésus ? Savons-nous qu’il peut y avoir une alternative divine à notre situation ? Savons-nous que Jésus peut tout faire ? Avons-nous entendu l’évangile du salut que le Christ offre ?


4) LE POINT DE RENDEZ-VOUS


Mc 5.28 : Car elle disait : Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie.


Ayant basculé du désespoir à l’espoir, elle savait que les choses pouvaient changer. Plus elle entendait parler de Jésus, plus la foi grandissait dans son cœur. Son âme s’est réveillée et elle a atteint le point de rendez-vous avec sa guérison, parce qu’elle se disait à elle-même : Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie.


Elle savait qu’il y avait une condition à remplir pour être guérie et elle se disait : si je touche…je serai guérie. En y réfléchissant, elle posait un rendez-vous avec son retour à la vie après douze ans de maladie.


Il faut relever que c’est la femme qui fixe le rendez-vous avec le retour à la vie, et non Dieu qui a fait sa part en envoyant Jésus comme celui qui donne la vie ! Cela nous rappelle que beaucoup attendent que Dieu fasse ce qu’eux seuls sont en mesure de faire, à savoir : choisir la vie qui est disponible en Jésus-Christ !


Application : Qu’avons-nous décidé maintenant que nous savons de quoi Jésus est capable ? Sommes-nous disposés à accepter les conditions posées par Dieu dans l’évangile ? Quel chemin allons-nous prendre à la lumière de l’évangile ?


5) LE POINT DE CONTACT


Mc 5.27(b) : Elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement.


Au point de rendez-vous succède tout naturellement le point de contact, qui en est l’aboutissement logique. C’est en allant au bout de sa démarche de contact avec Jésus que les perspectives de son cœur sont devenues une réalité.


Elle devait toucher Jésus et elle l’a effectivement touché, ce qui a eu pour résultat ce qui est décrit plus loin dans le récit.


Mc 5.29 : Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.


Grâce à un contact avec Jésus, le processus de mort s’arrêta, et la vie reprit son cours ! Mais de quel genre de contact s’agit-il ? C’est important pour nous, car si la nature de ce contact n’est que physique, alors cela nous sera impossible car Jésus n’est plus présent physiquement…


La suite du récit nous informe sur le genre de contact qui a produit le retour à la vie pour cette femme.

Mc 5.34 : Mais Jésus lui dit : Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix, et sois guérie de ton mal.

Ce contact était principalement un contact de foi !


Application : Sommes-nous disposés à nous engager envers Jésus-Christ ? Sommes-nous prêts à lui obéir ? Voulons-nous faire le pas de la foi ? Avons-nous le désir d’établir un contact vivant et réel avec Jésus par la foi ?


L’histoire de cette femme est une image de ce qui est arrivé à tout homme et toute femme. Chaque être humain a quitté la sphère de la vie avec Dieu pour tomber dans la sphère de la mort spirituelle qui le sépare de la présence du Seigneur.


Rm 6.23 : Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.


L’évangile nous propose le même itinéraire : « De la Vie à la Vie », grâce à la rédemption que Jésus a accomplie pour nous.


Après un point de rupture et un point de non-retour avec la mort spirituelle en raison du péché, l’évangile nous propose un point de bascule qui produit la foi, un point de rendez-vous avec le Christ et un point de contact où nous pouvons recevoir la vie éternelle. La décision nous appartient.


A bientôt...