LA FOI SANS ÉGLISE : EST-CE BIBLIQUE ?
- LibrAccess Academy

- 27 févr.
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Jésus est-il vraiment suffisant ?
La majorité des chrétiens connaît le passage de Jean 14.6, dans lequel Jésus affirme avec force : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Ce verset constitue une base théologique essentielle, et si l’on interroge les croyants à ce sujet, la réponse est généralement unanime : Il n’y a qu’un seul chemin, et ce chemin c’est Jésus ! Pourtant, si cette affirmation semble faire consensus sur le plan théorique, la réalité vécue par beaucoup diffère sensiblement. Dans la pratique, de nombreux chrétiens recourent à d’autres moyens pour tenter de se rapprocher de Dieu. Cette contradiction entre la doctrine confessée et les habitudes concrètes mérite d’être examinée.
Quand la pratique contredit la confession
Parmi les pratiques les plus courantes, deux se distinguent particulièrement. Premièrement, il s’agit de se soumettre à l’autorité d’un pasteur. Deuxièmement, on retrouve l’importance accordée au fait d’aller régulièrement au culte de l’église. En effet, beaucoup ne conçoivent pas leur vie spirituelle sans une participation active à une église locale, où il leur semble indispensable d’écouter régulièrement le sermon du pasteur et de suivre ses orientations.
La question de la soumission à l’autorité d’un pasteur a déjà été abordée dans plusieurs études, notamment à travers trois vidéos : « Le Mythe de l’Homme de Dieu », « La Fin des Médiateurs Humains » et « Un Seul Médiateur…Alors Pourquoi Tant d’Intermédiaires ? ». Dans ces études, j’ai expliqué que les ministères spécialisés, tels qu’ils étaient pratiqués auparavant, n’existent plus depuis l’entrée dans la dispensation du mystère évoquée par l’apôtre Paul dans Éphésiens 3.6-9 et Colossiens 1.25-27.
L’Eglise agit comme Israël
Ce changement d’administration spirituelle est particulièrement difficile à accepter pour la majorité des chrétiens. De la même manière que le peuple d’Israël, à la fin de la période des Juges, désirait ardemment qu’un roi règne sur lui, les croyants d’aujourd’hui tiennent à ce que des individus, ordonnés apôtres, prophètes, pasteurs ou prêtres, exercent une autorité sur leur vie spirituelle. Cette tendance révèle un attachement profond aux modèles traditionnels de direction religieuse, malgré la transformation opérée dans l’administration spirituelle selon les textes bibliques.
Appel divin ou simple aspiration ?
Il est important de rappeler que Dieu n’appelle plus personne à une fonction ministérielle telle que celles mentionnées dans Éphésiens 4.11. Ce changement est souligné par la règle exposée dans 1 Timothée 3.1 (Segond 21) : Si quelqu’un aspire à la charge de responsable, c’est une belle tâche qu’il désire. Ainsi, lorsque l’on observe des personnes qui exercent le rôle de prédicateur dans une communauté, il est important de comprendre que leur engagement ne résulte pas d’un appel particulier de Dieu. Au contraire, ils s’investissent dans cette tâche parce qu’ils en ont le désir. Il peut être tentant, pour flatter son ego, de prétendre : « J’ai été appelé, et je n’ai pas pu résister ! » Cependant, cette affirmation confond deux notions bien distinctes : l’appel et l’aspiration. La réalité est que le fait d’exercer une responsabilité spirituelle découle d’une motivation personnelle et non d’une désignation surnaturelle.
Pourquoi je ne suis pas pasteur
Il m'arrive souvent que des personnes s'adressent à moi en utilisant le titre de « pasteur ». Pourtant, il est important de préciser que ce n'est pas mon cas. Je ne suis ni pasteur, ni enseignant, ni apôtre, ni prophète. Certaines personnes insistent cependant, en me demandant : « Mais vous êtes quand même un ministre de l’Évangile ? » Là encore, la réponse est non. Ce que je suis réellement, c’est tout simplement un étudiant passionné de la Bible. J’ai fait le choix de partager avec d’autres ce que j’apprends progressivement au fil de mes recherches dans les textes sacrés. Cela se limite à ceci, sans prétention à un titre ou une fonction reconnue.
Il est vrai que j’ai exercé la fonction de pasteur dans le passé, mais cela fait désormais plusieurs années que j’ai renoncé aussi bien à ce rôle qu’au cadre dans lequel il s’exerce, à savoir : l’église institutionnelle. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que si j’ai été pasteur, ce n’était pas parce que j’avais été appelé par Dieu, mais parce que j’aspirais à exercer cette fonction. À l’époque, je pensais sincèrement que c’était la manière logique de servir Dieu.

Le danger de placer sa confiance dans un homme
Je suis désolé pour ceux qui persistent à croire que Dieu les a appelés de manière souveraine, et encore plus pour ceux qui apprécient d'être appelés « pasteur », « apôtre » ou « prophète ». Ils vivent dans l’illusion qu’ils sont des êtres particuliers, et que les fidèles dépendent de leur ministère pour avancer dans leur foi. Le problème ne réside pas seulement dans le fait qu'ils se trompent eux-mêmes, mais surtout qu'ils induisent en erreur les croyants qui pensent trouver une protection au travers de leur soi-disant autorité spirituelle. Lorsque l’on considère un homme avec un titre comme sa protection spirituelle, cela pose un réel souci. Jérémie 17.5 nous met en garde contre une telle attitude : Ainsi parle l'Éternel : Maudit soit l'homme qui se confie dans l'homme, Qui prend la chair pour son appui, Et qui détourne son cœur de l'Éternel !
Un seul Père, un seul Chef !
Je tiens à rappeler une réalité fondamentale : Dieu n’a établi aucun homme ni aucune femme pour exercer une autorité sur votre vie en Christ. Cette conception, qui voudrait placer des individus au-dessus des autres croyants pour les diriger, n’est rien d’autre qu’une construction issue de la religion chrétienne. En vérité, le croyant n’a qu’un seul chef spirituel, et c’est Jésus. Même si nous pouvons apprendre les uns des autres, partager nos expériences et nos connaissances, cela ne confère à personne un pouvoir ou une autorité particulière sur les autres. Le fait d’être reconnu publiquement par un rite d’ordination ne donne pas une légitimité pour exercer un contrôle spirituel sur ses frères et sœurs en Christ.
Jésus, dans Matthieu 23.9, délivre un message sans ambiguïté concernant l’autorité spirituelle : N'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux . Cette parole rappelle que toute forme de reconnaissance d’une autorité humaine comme « père » spirituel est contraire à la volonté de Dieu. Jésus insiste sur la singularité de la paternité divine, refusant ainsi que des hommes reçoivent ce titre et cette position sur terre.
Le modèle du monde… ou celui de Jésus ?
De même, dans Luc 22.25-26, il met en lumière la différence entre le système du monde et celui qu’il propose à ses disciples : 25 Jésus leur dit : Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. 26 Qu'il n'en soit pas de même pour vous. Jésus dénonce le modèle dans lequel des dirigeants dominent et sont qualifiés de bienfaiteurs par ceux qu’ils gouvernent. Il souligne l’écart profond entre ce modèle et celui qu’il veut pour ses disciples. La domination, même présentée comme un bienfait, ne correspond pas à l’esprit du Royaume de Dieu.
Cette mise en garde de Jésus révèle un décalage évident : ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. En réalité, un dominateur ne saurait être un véritable bienfaiteur, mais c’est l’opinion des autres qui lui attribue ce titre. Ce constat rejoint ce qui se vit aujourd’hui dans le christianisme : nombre de croyants acceptent d’être placés sous un système de contrôle hiérarchique, se satisfaisant de cette organisation, sans remettre en question le message de Jésus. Or Christ a clairement affirmé : Qu'il n'en soit pas de même pour vous . Cette déclaration constitue un appel à rejeter toute forme de domination religieuse, qu’elle provienne de la hiérarchie catholique ou évangélique. Le Seigneur n’a jamais voulu que des individus exercent une autorité sur les membres de son corps, ni que des titres ou des fonctions soient utilisés pour instituer un contrôle sur la vie spirituelle des croyants.
L’église locale : indispensable ou mal comprise ?
Abordons à présent la question de l’église locale. Il est manifeste que de nombreux croyants considèrent leur engagement actif au sein d’une communauté chrétienne comme une condition sine qua non pour entretenir leur relation avec Dieu. Cette perception découle en grande partie d’une compréhension erronée du terme « église », un mot littéralement sacralisé dans le christianisme contemporain. À ce sujet, j’ai évoqué dans la vidéo « Les Vérités Bibliques Cachées sur l’Eglise » l’importance de bien saisir la nature réelle de l’Église. Si vous souhaitez approfondir ce point, je vous encourage à visionner cette vidéo.
Il est important de préciser que, si vous trouvez votre place dans votre église locale en profitant de la communion fraternelle et en recevant une nourriture spirituelle qui vous édifie, cela ne peut être que bénéfique pour vous. Mon propos n’est pas de vous inciter à quitter votre église locale : cette décision relève de votre responsabilité et doit être prise uniquement s’il existe pour vous des raisons suffisantes de vous en éloigner. Cependant, il est essentiel de s’interroger sur la notion selon laquelle l’église locale serait une condition indispensable à une vie spirituelle épanouissante avec le Christ. En effet, une idée largement répandue affirme que le chrétien doit impérativement être un membre assidu d’une communauté pour marcher véritablement avec le Seigneur. Cette conviction, pourtant ancrée dans de nombreux esprits, mérite d’être examinée à la lumière des textes bibliques.
L’église est-elle devenue un médiateur ?
Trop souvent, les croyants oublient l’enseignement de Paul dans 1 Timothée 2.5 : Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme. Ce verset met en évidence que Jésus seul occupe la place de médiateur entre Dieu et l’humanité, excluant de fait toute autre forme d’intermédiaire spirituel.
À travers de nombreuses années d’écoute et d’observation au sein du christianisme, il m’est apparu que beaucoup de croyants ont fait de leur église locale un médiateur supplémentaire, venant s’ajouter à Jésus. Cette conception induit la peur de désobéir à Dieu ou de manquer sa protection et ses bénédictions en cas de non-fréquentation d’une communauté. Il est important d’affirmer que cette idée est fausse : la présence dans une église locale n’est pas une obligation pour vivre une relation authentique avec le Seigneur. C’est pourquoi, dans cette étude, je vise plusieurs objectifs.
Faut-il absolument rejoindre une assemblée ?
Premièrement, je souhaite réfuter les arguments en faveur de l’impératif des croyants de se joindre à une église locale, et qui reposent sur des textes bibliques comme le Psaumes 133.1 : Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble !
Ou encore l’incontournable Hébreux 10.25 : N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. Ces textes montrent-ils que nous ne devons pas quitter notre église locale parce que Dieu veut par-dessus tout que nous jouissions de la communion fraternelle ?
Quitter une église : est-ce quitter Dieu ?
Deuxièmement, j’aimerais apporter du réconfort à toutes celles et ceux qui, pour diverses raisons, ne souhaitent plus faire partie d’une église institutionnelle. Ces raisons peuvent être multiples : expériences traumatisantes vécues au sein de la communauté, abus d’autorité de la part des responsables, déceptions à répétition, pauvreté du contenu des prédications, ou encore le sentiment que le divertissement a pris le pas sur la véritable spiritualité. Quelle que soit la cause de votre éloignement, il est essentiel de comprendre que sortir d’une institution chrétienne ne signifie en aucun cas s’éloigner de Dieu. Au contraire, dans certaines situations, il se peut que quitter une église soit une démarche qui rapproche encore davantage de Dieu.
Une foi authentique hors institution
Prendre la décision de s’éloigner d'une structure religieuse peut parfois signifier répondre à un désir intérieur vers une relation plus authentique et personnelle avec le Seigneur. Ainsi, il est tout à fait possible de vivre une relation riche et paisible avec Christ, même en dehors de toute communauté. Il est fondamental de rappeler qu’aucune église locale ne peut se substituer à la relation directe entre Dieu et chaque croyant. L’église ne saurait être considérée comme un chemin ou un médiateur entre Dieu et l’homme. Ce rôle n’appartient qu’à Jésus, unique médiateur selon les Écritures. Par conséquent, votre vie spirituelle et votre communion avec le Christ ne dépendent pas de votre appartenance à une institution, mais de votre attachement personnel à Dieu.
Un guide pour vivre pleinement avec Christ
Troisièmement, je souhaite proposer un véritable guide de mentorat pour vivre pleinement votre foi en dehors de toute institution chrétienne. Il s’agit ici de s’intéresser à la spiritualité authentique, celle qui découle d’une vie en Christ indépendante des structures établies.
Peut-être ressentez-vous parfois un doute intérieur, une inquiétude persistante qui vous pousse à vous interroger : « Suis-je encore agréable à Dieu hors des murs de l’église ? » Ce questionnement, loin d’être un signe d’égarement, traduit en réalité la présence de l’Esprit qui vous appelle à quelque chose de plus vrai, de plus biblique, de plus profond.
Il se peut que vous viviez actuellement un changement de paradigme : la foi ne se fonde plus sur des cadres humains, mais s’oriente vers une relation personnelle et directe. Ainsi, la présence de Dieu ne relève plus d’une sorte de « géographie sacrée », mais d’une intimité vécue au quotidien. C’est précisément cette intimité, cette connexion authentique avec le Seigneur, que je veux mettre en lumière, afin de vous indiquer la voie à suivre pour cultiver cette relation profonde, hors des institutions.

À qui s’adresse vraiment cette étude ?
Je souhaite clarifier à qui ces réflexions sont destinées. Mon propos s’adresse avant tout à ceux et celles qui désirent comprendre comment vivre avec Jésus, en dehors de toute institution chrétienne. Ce public se compose de personnes qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les structures traditionnelles de l’église, mais qui aspirent à une relation authentique et personnelle avec le Christ, indépendamment du cadre institutionnel. Si vous êtes pleinement satisfait et fier de votre engagement dans votre église locale, il est possible que les idées développées dans ces études suscitent en vous de l’agacement, voire de la colère. En effet, nous allons aborder des points de vue qui vont à contre-courant de ce qui est généralement enseigné et cru dans le christianisme évangélique.
Cela ne signifie pas que vous n’êtes pas les bienvenus ici : bien au contraire, vous pouvez tout à fait participer à cette réflexion, si vous souhaitez entendre des perspectives moins conventionnelles. Toutefois, il est important de préciser que mon intention n’est pas de provoquer un affrontement ou de remettre en cause votre position traditionnelle. Je ne cherche pas à convaincre quiconque, ni à engager un débat d’idées. Chacun est libre de croire ce qu’il veut et de suivre la voie qui lui semble juste. Mon objectif principal est de m’adresser à celles et ceux qui, en dehors de toute communauté, ressentent de l’inquiétude et cherchent des réponses bibliques à leur dilemme de « foi sans église ». Ce sont à ces personnes que je parlerai en priorité, afin de leur apporter soutien et éclairage à partir des textes sacrés.
Que le Seigneur vous bénisse !Je vous dis à bientôt pour la suite…
🟦 L'essentiel à retenir : Ce que la Bible dit vraiment
Pour conclure cette étude, voici la synthèse des vérités bibliques que nous avons examinées concernant l'exclusivité du médiateur et la réalité des ministères aujourd'hui :
Un seul médiateur exclusif : La Bible est catégorique : « il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme » (1 Timothée 2.5). Aucun homme, qu'il se dise apôtre, prophète ou pasteur, ne peut s'interposer entre votre conscience et Dieu. Christ est suffisant.
La fin des ministères miraculeux : Les dons d'apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs (Éphésiens 4.7-11) étaient surnaturellement équipés pour la période des Actes, tant que le message du royaume envers Israël était d'actualité. Depuis la suspension de ce programme, ces fonctions miraculeuses ont pris fin dans la dispensation actuelle.
Des anciens, pas des médiateurs : Dieu n'appelle plus directement des hommes au ministère par une élection surnaturelle. Il laisse le choix à ceux qui « aspirent » à la charge de responsable (1 Timothée 3.1). Ces anciens sont établis pour enseigner la vérité et prendre soin des croyants (Tite 1.5), sans jamais exercer de domination ni de médiation sur leur foi.
Le malentendu du titre de "Pasteur" : Le mot « pasteur » n'apparaît pas comme un titre ecclésiastique dans le texte grec original. Le terme « poimēn » signifie littéralement « berger ». Il s'agit d'une fonction humble de soin et de service, et non d'une figure centrale investie d'une autorité exclusive ou d'une ordination humaine.
📖 Références clés de votre étude :
L'unique médiateur : 1 Timothée 2.5
La fonction de berger (Poimēn) : Éphésiens 4.11, Hébreux 13.20, 1 Pierre 2.25, 1 Pierre 5.4
Le rôle et l'aspiration des responsables (Anciens) : 1 Timothée 3.1, Tite 1.5, 1 Timothée 5.17
La conduite par l'Esprit : Romains 8.14
Le discernement face aux conducteurs : Hébreux 13.17 (expertise attentive), 1 Pierre 5.5
Foire Aux Questions (FAQ)
Peut-on être chrétien sans aller à l’église ?
Oui, votre relation avec Dieu repose sur Christ, pas sur une institution (1 Timothée 2:5).
Hébreux 10:25 oblige-t-il à fréquenter une église locale ?
Le texte exhorte à ne pas abandonner l’assemblée et l’exhortation mutuelle, mais ne fait pas de l’institution un médiateur.
Faut-il se soumettre à un pasteur pour être protégé spirituellement ?
Votre protection spirituelle ne dépend pas d’un homme : se confier dans l’homme est un danger (Jérémie 17:5).
Quitter une église signifie-t-il quitter Dieu ?
Non. Quitter une structure peut, selon les cas, mener à une relation plus authentique avec Christ.




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