LA NAISSANCE D’UNE EGLISE

J’aurais pu ajouter une précision au titre de cet article et l’intituler plutôt : « la VRAIE naissance d’une VRAIE église ». Pourquoi ? Parce qu’il existe des églises qui ne sont pas de vraies églises, même si elles semblent l’être en apparence...

Elles peuvent être désignées par différentes expressions telles que : communautés, assemblées, congrégations, paroisses, etc. Mais si on les examine à la lumière de la Parole de Dieu, elles ne sont pas de vraies églises.


Et parce qu’elles ne sont pas de vraies églises, elles n’ont pas non plus connu de vraies naissances, car si leurs naissances avaient été conformes à la Parole de Dieu, elles auraient été de vraies églises.


Vous noterez également que je parle de naissance et non de création d’église. Nous pouvons créer une communauté, c’est-à-dire que nous pouvons organiser une foule d’activités, et réunir des gens autour de ces activités auxquelles nous ajoutons des croyances religieuses, mais cela ne fait pas de cette communauté une vraie église !


Une vraie église est le fruit d’une naissance. Nous pouvons créer une assemblée comme nous pouvons créer une poupée que nous proposons ensuite à la vente, mais nous ne pouvons pas créer un enfant, car pour qu’un enfant existe, quelqu’un doit lui donner naissance...


La différence entre un enfant et une poupée, c’est qu’un enfant est un organisme vivant, alors qu’une poupée est le résultat de l’organisation de plusieurs pièces unies les unes aux autres pour que l’ensemble ait l’aspect d’une personne.


De la même façon, une vraie église est un organisme spirituel, alors qu’une communauté n’est qu’une organisation humaine et sociale, même si elle est à caractère religieux. Si nous disons qu’une église est un organisme spirituel, c’est parce que l’apôtre Paul déclare dans 1 Co 12.27 : Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.


Nous apprenons que collectivement, une vraie église est le corps organique de Christ, tandis qu’individuellement, chaque chrétien qui compose cette église, est un membre de ce corps. Bien sûr, il faut prendre cela dans un sens spirituel et non physique.


Dire qu’une vraie église est le corps de Christ, cela signifie que c’est le Seigneur qui lui a donné naissance, et que sa vie divine anime chacun des chrétiens qui en sont les membres.


Dans cet enseignement, je vous propose de considérer ce qui constitue la (vraie) naissance d’une (vraie) église. Et à la lumière de notre texte, nous découvrons que la naissance d’une église comprend cinq ingrédients incontournables :

1) La direction du Saint-Esprit.

2) L’obéissance d’hommes consacrés.

3) La fidélité au message approprié.

4) La grâce souveraine de Dieu.

5) L’engagement des membres.


Dans cet article, nous allons nous pencher sur le premier de ces cinq ingrédients.


I. LA DIRECTION DU SAINT-ESPRIT


Ac 16.6-7 :

6 Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie.

7 Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais L’ESPRIT DE JESUS NE LE LEUR PERMIT PAS.


Après le concile de Jérusalem, ver l’an 50, l’apôtre Paul souhaite rendre visite aux églises qui étaient nées lors de son premier voyage missionnaire dans les années 46 à 48. Une fois ses visites terminées, il désire se rendre en Asie mineure (ce qui correspond à la Turquie actuelle), pour évangéliser, mais ses collaborateurs et lui sont empêchés d’y aller par le Saint-Esprit.


Il souhaite alors de se rendre en Bithynie plus au nord, mais là aussi le Saint-Esprit ne le leur permit pas d’y aller. En d’autres termes, Paul et son équipe apostolique, ne décident ni du lieu ni du moment où ils doivent se rendre. Le seul décideur c’est le Saint-Esprit.


Notez que j’ai employé pour ce premier ingrédient le mot « direction » et non « conduite ».

Si je vous conduis quelque part, je vous sers juste de guide afin de vous indiquer le chemin, mais vous n’êtes pas obligé d’y aller. Par contre si je vous dirige quelque part, cela implique que vous êtes sous mes ordres et que vous n’avez pas le choix, car c’est moi qui suis aux commandes.


Lorsqu’il s’agit de la naissance d’une église, c’est le Saint-Esprit qui décide où, quand et comment elle doit naître. J’attire votre attention sur deux détails dans ces versets :

  • Le Saint-Esprit est aussi appelé l’Esprit de Jésus (v.7). Cela signifie que l’Esprit de Dieu communiquait le cœur, la volonté et la stratégie de Jésus qui a dit dans Mt 16.18 : Je bâtirai mon église. C’est donc Jésus qui, par le Saint-Esprit, voulait que les choses se passent d’une façon précise concernant la naissance d’une nouvelle église.

  • Relevons les deux expressions utilisés ici : empêchés par le Saint-Esprit (v.6) et l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas (v.7). Ce qui désigne la même chose : l’Esprit de Dieu a manifesté son désaccord envers le plan de Paul, pour ensuite imposer son plan divin personnel.

Notons particulièrement le v.6 « Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie ». C’est incroyable : ils n’ont pas été empêchés de partir en vacances ou d’acheter quelque chose, mais ils ont été empêchés d’annoncer la Parole !


Pourtant, Jésus avait ordonné dans Mc 16.15 : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Comment se fait-il que le Saint-Esprit les ait empêchés d’obéir à ce commandement en Asie ? La réponse est simple : Parce que ce n’était pas le moment !


Le temps de Dieu n’est pas notre temps. Il sait non seulement comment les choses doivent se faire, mais aussi quand cela doit se passer. D’ailleurs, l’Asie mineure a été évangélisé par Paul lors de son 3ème voyage missionnaire, lorsqu’il a passé deux ans à enseigner à Ephèse.


Ac 19.10 : Cela dura deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur.


Dans tout ce que Dieu fait, il y a le facteur temps à prendre en compte. Dieu n’est jamais en retard, mais il n’est aussi jamais en avance ! Notre Dieu est le Dieu « pilepoil ». Il sait avec exactitude quand les choses doivent arriver.


Ec 3.1 : Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux.

Dieu a des « moments clés » dans son calendrier pour tout ce qu’il a décidé, même lorsqu’il s’agissait d’accomplir la rédemption selon Ga 4.4-5 :

4 Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi,

5 afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption.


C’est la raison pour laquelle, le fruit de la patience (Ga 5.22) est indispensable lorsque nous marchons avec Dieu, parce que nous devons parfois attendre le temps de Dieu pour voir certaines choses se produire. Or, c’est quelquefois l’impatience qui retarde ou fait rater le plan de Dieu pour nous. C’est pourquoi Jacques dit : Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. (Ja 1.4). Ce n’est jamais agréable lorsque Dieu nous apprend la patience, mais c’est indispensable.


Concernant l’empêchement causé par le Saint-Esprit d’aller évangéliser l’Asie, comparons cela avec 1 Th 2.18 : Aussi voulions-nous aller vers vous, du moins moi Paul, une et même deux fois ; mais Satan nous en a empêchés.


Dans les deux cas, Paul et ses collaborateurs ont été empêchés de se rendre dans un endroit précis : une fois c’était par le Saint-Esprit, une autre fois c’était par satan. La question que nous devons nous poser est : comment ont-ils fait la différence pour déterminer ce qui venait du Saint-Esprit et ce qui venait de satan ?


N’est-il pas vrai que parfois, nous prenons un empêchement du Saint-Esprit pour une opposition venant de satan, et vice-et-versa ? Pourquoi ? Parce que nous manquons de mettre en pratique ce que Paul dit dans :

Ep 5.17 : C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur.


Ici, l’apôtre nous dit deux choses : ce qu’il ne faut pas faire et ce qu’il faut faire !


1) Ce qu’il ne faut pas faire, c’est être « inconsidérés ». Ce mot signifie en grec « être sans réflexion et sans intelligence, en agissant de façon téméraire et en manquant de prudence ».

Un chrétien doit toujours analyser les choses à la lumière des Ecritures avant d’agir. Il doit toujours se demander : « Que dit Dieu dans sa Parole ? ». Sachons que ne pas se conformer à ce que dit Dieu, c’est manquer d’intelligence et de prudence...


2) Ce qu’il faut faire, c’est de comprendre « quelle est la volonté du Seigneur ». C’est tout le contraire du premier point. La prudence et l’intelligence consiste à comprendre la volonté de Dieu dans toutes situations.


Le verbe « comprenez » en grec signifie « mettre ou amener ensemble », ce qui évoque le fait de rassembler toutes les informations données par Dieu dans sa Parole sur un sujet donné, et en tirer les conclusions logiques. Notre grand ennemi, c’est l’ignorance de la Parole inspirée, c’est-à-dire de la Bible.


Ainsi, lorsque nous nous trompons entre l’empêchement causé par le Saint-Esprit et celui causé par satan, c’est parce qu’à la base, nous manquons de connaissance de la volonté de Dieu. Nous souffrons d’un déficit de discernement spirituel. C’est la raison pour laquelle Paul nous enseigne à prier d’une certaine façon :

Col 1.9 : C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle.


Il y a deux vérités importantes dans ce verset :

  • L’expression « remplis de la connaissance de sa volonté » signifie littéralement « être totalement contrôlé par la complète connaissance de sa volonté ». La question est : sommes-nous sous le contrôle de la connaissance de la volonté de Dieu, ou nous contentons-nous de faire comme tout le monde ?

  • L’expression « sagesse et l’intelligence spirituelle » désigne la capacité de « rassembler les principes bibliques et de les appliquer dans notre vie quotidienne ». En d’autres mots, nous agissons instinctivement selon la pensée de Dieu, parce que nous sommes entièrement contrôlés par la connaissance de ce que Dieu dit dans sa Parole.

Comment satan a-t-il empêché Paul et ses collaborateurs de se rendre dans un certain endroit ? Le verbe grec utilisé pour « empêchés » dans 1 Th 2.18 signifie « couper la route, faire obstacle et contrarier ».


Satan a utilisé la force, c’est-à-dire des évènements antagoniques et violents pour couper la route, faire obstacle et contrarier Paul et ses compagnons. Cela a pu être la persécution, les menaces, les émeutes, l’adversité matérielle, etc.


Par contre, dans Ac 16.6, le verbe « empêchés » en grec signifie « prescrire de ne pas faire quelque chose et prévenir d’une défense ». Il n’y a pas de violence ou d’usage de la force, mais plutôt un acte de prévention, une façon de dire à l’avance que le but fixé n’est pas le bon.


La question est : comment Paul a-t-il obtenu cette prescription ou cette prévention du Saint-Esprit ? Notre texte ne donne aucun détail sur la manière du Saint-Esprit d’empêcher Paul de se rendre dans les deux endroits cités.


Il est possible que cela s’est fait par une parole de révélation ou par prophétie. N’oublions pas que dans l’équipe de Paul, se trouvait Silas (Ac 15.40) et que celui-ci était un prophète (Ac 15.32). Par l’intermédiaire de Silas, l’Esprit de Dieu a donc pu révéler à Paul de ne pas aller en Asie et en Bithynie.


Peut-être Paul a-t-il reçu la révélation lui-même, par une parole directe du Saint-Esprit alors qu’il priait pour que le Seigneur bénisse son projet d’évangéliser l’Asie mineure et la Bithynie ?


Il également possible que lorsque Paul pensait à se rendre en Asie et en Bithynie, qu’il réfléchissait à la stratégie à utiliser et qu’il priait pour cela, que son esprit témoignait d’un malaise et qu’il savait que cela venait du Saint-Esprit, car il était « sous le contrôle de la complète connaissance de la volonté de Dieu, en toute sagesse et intelligence spirituelle ».


Nous n’en savons rien. La seule chose dont nous sommes certains, c’est que c’est le Saint-Esprit qui dirigeait les opérations. Il avait un plan précis pour que Paul aille dans une ville spécifique et au moment prévu par le calendrier divin.


Nous verrons que cette direction du Saint-Esprit a eu pour conséquence finale la naissance de l’église de Philippes. Et non seulement cela, mais le Saint-Esprit savait que 10 ans après sa fondation, l’apôtre Paul écrirait une lettre à l’église de Philippes qui serait encore lue et étudiée au 21ème siècle.


Souvenons-nous de ce premier ingrédient pour la (vraie) naissance d’une (vraie) église : la direction du Saint-Esprit. Sans cela, il est plus que probable que la soi-disant église, n’en soit pas une !


Mais il nous reste encore quatre ingrédients à examiner pour comprendre comment naît une église selon la volonté de Dieu. C’est ce que nous verrons dans le prochain article.


A Bientôt...

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