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LE BAPTEME DU SAINT-ESPRIT

Une clarification du concept des deux expériences


Dans une première partie, j’ai introduit le sujet du baptême dans le Saint-Esprit, et si vous avez suivi ma présentation, vous avez dû vous apercevoir que je ne le considère plus comme je l’ai fait pendant les nombreuses années que j’ai vécues dans les milieux Pentecôtistes et Charismatiques. Mon changement de position s’explique par le fait que « Ce que dit la Bible est plus important que toute expérience que l’on peut faire, même si celle-ci se réclame de la sphère chrétienne ! » Je confesse que pendant les quatre dernières décennies, j’ai fait passer les expériences avant les déclarations des Saintes-Ecritures, ou pour le dire autrement, j’ajustais la Parole de Dieu à mes expériences, plutôt que de soumettre mes expériences à ce que dit la Bible.


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Une définition et quatre implications


J’ai vu trop de croyants souffrir de ne pas expérimenter le baptême dans l’Esprit comme le préconise le Pentecôtisme. J’ai rencontré trop de chrétiens qui se sentaient inférieurs parce qu’ils ne parlaient pas en langues. J’ai été témoin de trop de dérives et de fausses révélations dans le milieu charismatique, avec son cortège de pseudo-apôtres et pseudo-prophètes. Je me suis souvent demandé « Pourquoi ? », pour arriver à la conclusion que finalement, la réponse réside principalement dans la compréhension que nous pouvons avoir du baptême dans le Saint-Esprit.  Je crois qu’à ce stade, il serait judicieux de proposer une définition reposant uniquement sur les textes bibliques : Le baptême dans le Saint-Esprit est l’œuvre par laquelle l’Esprit de Dieu établit tous les croyants spirituellement régénérés dans l’union avec Christ pour former son Eglise. Cette définition implique quatre choses :

1)  Le baptême dans l’Esprit est spécifique à l’âge de l’Eglise qui débute à la Pentecôte dans Actes deux, et n’a jamais eu lieu dans l’Ancien Testament ou avant la résurrection et l’ascension de Jésus.

2)  Le baptême dans l’Esprit inclut tous les croyants de l’âge de l’Eglise, sans distinction de niveau spirituel de chacun, et les unit à Christ dans son corps qui est l’Eglise.

3)  Le baptême dans l’Esprit ne résulte pas d’une expérience opérée par le croyant et qui lui donnerait une puissance, car si c’était le cas, cela inclurait tous les prophètes de l’Ancien Testament.

4)  Le baptême dans l’Esprit correspond à ce que Paul affirme dans Ep 4.5 : Il y a…un seul baptême, et ne nécessite nullement la recherche d’un second baptême après la conversion.


La période de transition


Mais les deux derniers points soulèvent une objection de la part de ceux qui voient dans les Actes des Apôtres deux expériences distinctes, à savoir : la conversion suivie du baptême dans l’Esprit pour l’obtention de la puissance.  Les textes qui sont cités pour soutenir cette objection sont les trois passages qui ont trait à la réception de l’Esprit aux chapitres deux, huit et dix-neuf des Actes des Apôtres. Avant de les examiner pour voir ce qu’il en est réellement, je souhaite attirer votre attention sur une règle d’interprétation biblique que vous devez absolument connaître : tout ce qui est normatif, c’est-à-dire conforme à un comportement ou à une action précise de la part des croyants, doit reposer non sur des textes historiques, mais sur des textes didactiques, c’est-à-dire des texte qui disent explicitement quoi faire. En d’autres mots, les doctrines chrétiennes ont pour fondement les lettres des Apôtres, et non les récits historiques que nous trouvons dans le livre des Actes, lequel raconte les trente premières années de l’histoire de l’Eglise.



Qui plus est, le livre des Actes des Apôtres décrit la période de transition entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Cela signifie que tout avait été parfaitement accompli par la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus, ainsi que par l’effusion de l’Esprit le jour de la Pentecôte, mais il y avait une période de transition pour que les éléments de l’Ancienne Alliance disparaissent totalement afin de laisser toute la place uniquement aux réalités de la Nouvelle Alliance. C’est ce que déclare He 8.13 : En disant : une alliance nouvelle, il a déclaré la première ancienne ; or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître. Notez, je vous prie, la déclaration « ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître ». En d’autres mots : c’est en train de disparaître. La disparition n’est pas encore complète, mais le processus est en marche.


C’est pourquoi nous voyons Paul faire un vœu dans Ac 18.8, et présenter une offrande au temple de Jérusalem dans Ac 21.26. Si nous lisons attentivement le chapitre vingt-et-un, nous verrons que l’attitude de Paul était plus de nature politique que spirituelle. Ceci dit, il n’a pas commis de péché en agissant comme il l’a fait, mais il s’est comporté ainsi afin de montrer qu’en devenant disciple de Jésus, il n’était pas pour autant devenu un ennemi de la tradition juive, ce dont l’accusait ses adversaires. La période de transition explique l’attitude de Paul dans cette circonstance précise. Il en est de même concernant les trois passages cités pour soutenir une seconde expérience en vue de l’obtention de la puissance après la conversion, et appelée « baptême du Saint-Esprit ».


Une attente nécessaire


Premièrement, dans Actes deux, on serait tenté de dire que les apôtres confirment la nécessité d’une seconde expérience, car ils étaient déjà sauvés. Cependant, ils ont dû attendre avant de recevoir le baptême dans l’Esprit. Mais dois-je vous rappeler ce que Jésus lui-même a déclaré ? Premièrement, dans Jn 7.39 : Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. Deuxièmement,  dans Jn 16.7, il ajoute : Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. Dans ces deux versets, nous découvrons que le Saint-Esprit ne pouvais pas venir tant que Jésus n’était pas remonté au ciel après sa résurrection, c’est-à-dire tant qu’il n’avait pas été glorifié.


Donc, le laps de temps entre le salut des apôtres et leur baptême dans le Saint-Esprit s’explique par l’écart entre l’accomplissement de Pâque et de la Pentecôte, et non parce que deux expériences font partie de la norme chrétienne. Nous pouvons aussi ajouter que les Apôtres ont reçu la puissance selon la promesse de Jésus dans Ac 1.8, non pas parce qu’ils ont été baptisés dans l’Esprit, mais parce qu’ils ont été remplis de l’Esprit selon Ac 2.4, et ceci en vue de la mission qui les attendait de répandre l’Evangile et de confirmer leur message par des signes et des prodiges. Dans les autres textes où nous voyons les croyants recevoir le Saint-Esprit, dans Actes huit, dix et dix-neuf, il n’est nulle part question d’une réception quelconque de puissance pour accomplir des miracles comme ce fut le cas pour les apôtre dans Actes deux.


Deuxièmement, dans Actes huit et Actes dix-neuf, les Samaritains ont dû attendre la venue des apôtres Pierre et Jean pour recevoir le Saint-Esprit, alors qu’ils avaient déjà été baptisés dans l’eau par Philippe, et les quelques disciples de la ville d’Ephèse ont dû recevoir l’imposition des mains de l’apôtre Paul avant d’être remplis du Saint-Esprit. Ne serait-ce pas la meilleure preuve que le baptême dans l’Esprit se situe après la conversion ? Mais là encore nous nous trouvons devant deux exceptions qui ne peuvent constituer un modèle reproductible pour toutes les époques, tout comme ce fut le cas pour la Pentecôte des Apôtres dans Actes deux. De quelles exceptions s’agit-il ? Je pourrais passer plus d’une heure sur chacune d’elles, mais je me contenterai de résumer mon propos.


L’exception n’est pas la règle


Tout d’abord, il faut savoir que chaque effusion du Saint-Esprit qui est répertoriée dans le livre des Actes, correspond à une progression vers un groupe très spécifique : les Juifs dans Actes deux, les Samaritains dans Actes huit, les païens dans Actes dix et les disciples de Jean-Baptiste, le dernier prophète de l’Ancienne Alliance, dans Actes dix-neuf. Ce que nous pouvons dire c’est que cela a commencé avec les apôtres, et qu’à chaque étape de la progression, cela a également continué avec les apôtres : les douze, Pierre, Jean et Paul. La présence et l’autorité apostolique était non seulement nécessaire pour que le fondement corresponde à ce que voulait le Seigneur selon ce qu’affirme Paul dans Ep 2.20 : Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angulaire ; mais aussi pour  signaler que ce qui s’est passé dans Actes huit, dix et dix-neuf, est une extension de Actes deux. En d’autres mots, tout commence en Actes deux, mais ce n’est pas la fin, il y a une continuité de la Pentecôte jusqu’à ce que la boucle soit bouclée avec les derniers représentants des prophètes de l’Ancien Testament, à savoir : les disciples de Jean-Baptiste.


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De même que la Pentecôte d’Actes deux a introduit le salut commun de la nouvelle ère de l’Eglise pour les Juifs, les événements de Samarie ont permis aux Samaritains à moitié juifs, de bénéficier du même privilège. Le point essentiel du récit d’Actes huit est bien que les Samaritains eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, hommes et femmes se firent baptisés (Ac 8.12), le Saint-Esprit n'était encore descendu sur aucun d'eux (Ac 8.16). En d’autres mots, leur expérience de la rédemption était incomplète. Cela ressemblait à celle des apôtres qui avaient cru en Jésus pour leur salut, mais qui n’avaient pas encore reçu la vie de résurrection par le Saint-Esprit qui ne devait venir que le jour de Pentecôte. Ils ont bien fait profession de Foi en Christ, mais pour une raison précise, le don de l’Esprit leur était différé.


Une mesure de précaution


Et pourquoi ce don leur fut-il différé ? Eh bien parce que les Samaritains, comme je l’ai dit plus tôt, étaient des demis juifs qui avaient développé leur propre judaïsme en restant séparés de leur frères juifs qui les méprisaient en retour. Mais pour que l’église en Samarie ne répète pas le même schéma de séparation, et que les juifs cessent de mépriser les Samaritains, le Seigneur a tenu à ce que les apôtre Juifs de Jérusalem soient les instruments de leur réception du Saint-Esprit, afin que l’unité de l’Eglise soit maintenue, et que les anciennes barrières de haine et de préjugés entre Juif et Samaritain, ne plongent le corps de Christ dans le schisme au début de sa mission dans le monde.


Pour ce qui est des disciples de Jean-Baptiste, le situation est plus simple : ils n’avaient même pas été baptisés au nom de Jésus, ce qui veut dire qu’ils vivaient encore sous l’Ancienne Alliance. Mais Ac 19.4-6 déclare : Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint Esprit vint sur eux... Cela signifie qu’ils devaient faire la transition de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance, pour que le Saint-Esprit vienne habiter en eux.


Les trois exemples cités ne constituent pas la norme pour ce que les croyants d’aujourd’hui doivent vivre. Ce sont des exceptions, et non la règle à suivre. Il n’y a pas deux sortes de chrétiens : ceux qui ont été baptisés dans l’Esprit, et ceux qui ne l’ont pas été. Non ! Tout chrétien né de nouveau a été baptisé dans le Saint-Esprit, qu’il y ait ou non expérience du « parler en langues ». C’est d’ailleurs le quatrième préjugé sur lequel la lumière doit être faite, afin que personne ne se sente inférieur de ne pas l’avoir…ou ne se sente supérieur de l’avoir. Nous verrons dans une prochaine étude ce que la Bible dit exactement sur le don des langues. Que le Seigneur vous bénisse et vous fortifie.


à bientôt…


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