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LE PERE QUI A COMPASSION

Dans cette série d’articles, nous nous intéressons à la révélation de la paternité de Dieu dans l’Ancien Testament. Nous avons déjà découvert que dans les textes hébraïques Dieu est présenté comme : 1) Le Père qui s’occupe de ses enfants et en qui nous pouvons avoir confiance. 2) Le Père qui discipline ses enfants et auquel nous devons nous soumettre. Bien sûr, toutes ces vérités sont confirmées dans le Nouveau Testament, mais savoir qu’elles sont déjà présente dans l’Ancien Testament, cela ne fait qu’affermir notre foi dans le Dieu qui ne change pas. Aujourd’hui, considérons un troisième aspect de la paternité divine :

3) Le Père qui a compassion de ses enfants et à qui nous devons être reconnaissants.


Je crois que le meilleur endroit pour débuter notre exploration, c’est le Ps 103.8-14, un passage tellement beau, tellement riche, que l’on ne se lasse pas de le lire. Je vous en prie, lisez-le lentement :

8 L'Éternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté ;

9 Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours ;

10 Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités.

11 Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent ;

12 Autant l'orient est éloigné de l'occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions.

13 Comme un père a compassion de ses enfants, L'Éternel a compassion de ceux qui le craignent.

14 Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière.


Savez-vous que les meilleurs chants de louange sont ceux qui sont imprégnés des Saintes-Écriture ? Savez-vous que les meilleures prédications sont celles qui expliquent les textes bibliques. Je souhaite à tout croyant de fréquenter une telle congrégation. Qu’il y a-t-il de plus revigorant pour le cœur que la Parole révélée dans sa splendeur ? Ici, nous avons un Psaume qui transforme l'exposé des Écritures en une délicieuse poésie. Je crois que le texte de base qui a inspiré David, celui qui a écrit le Ps 103, c’est Ex 34.6-7 :

6 Et l'Éternel passa devant lui, et s'écria : L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité,

7 qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération !


Nous sommes en présence de la déclaration d'identité de Dieu, celle qu’il a donnée à Moïse à la suite de la grande apostasie d'Israël au Mont Sinaï lors de l’épisode du veau d'or (Cf. Exo 32-34). Il s'agit ici d'une déclaration puissante du caractère de Dieu, qui se répercute dans toute la Bible sous de nombreuses formes. Vous remarquerez que ce qui est mis en avant, c’est la miséricorde, la compassion, la bonté et la fidélité de Dieu, plus que sa colère et son jugement, même si le texte y fait allusion dans la deuxième partie du v.7.


David, comme de nombreux auteurs de l'Ancien Testament, s'émerveille du contraste entre l'amour et la colère de Dieu. Il ne minimise évidemment pas la colère de Dieu – comment le pourrait-il avec tous les récits de l'Ancien Testament qui en témoignent ? – mais il la met « en sourdine » par rapport à la miséricorde et à la compassion de Dieu (v.8). Alors que l'amour de Dieu est abondant, sa colère elle, est lente, c'est-à-dire qu'elle tarde souvent à agir, car le Seigneur ne semble vouloir la manifester qu’en dernier ressort. Le Ps 78.38 déclare : Il retient souvent sa colère et ne se livre pas à toute sa fureur.


Dans Je 31.3 Dieu nous dit : Je t'aime d'un amour éternel, et dans le Ps 103.9 il affirme qu’il ne garde pas sa colère à toujours. Dieu reconnaît pleinement nos péchés, nos iniquités et nos transgressions, mais il ne nous traite pas immédiatement comme ils le méritent (v.10). C'est cet aspect de la grâce divine que le Ps 103 célèbre dans son ensemble. C’est important de le souligner, surtout que certains prétendent qu’en raison de sa sévérité, le Dieu de l’Ancien Testament est différent de celui du Nouveau Testament. En réalité, il est le même Dieu compatissant et miséricordieux dans la totalité de la Bible.


David ne se délecte pas seulement de l'affirmation que l’on trouve dans Ex 34.6, lorsqu’il dit : L'Éternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté (Ps 103.8), mais Il fait également écho à la première moitié d’Ex 34.7 lorsqu’il affirme dans le Ps 103.10, 12 :

10 Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités.

12 Autant l'orient est éloigné de l'occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions.


En effet, nous lisons dans Ex 34.7(a) que Dieu conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché. Ces trois derniers mots : iniquité, rébellion et péché sont exactement les trois mêmes mots hébreux que David énumère dans le Ps 103. 10, 12. Il s’agit de chet’ traduit par péchés, de ‘avon traduit par iniquités, et de pesha‘ traduit par transgressions. Ce sont les trois choses qui méritent la colère de Dieu, cependant Dieu choisit de ne pas nous traiter selon (v.10) elles, mais plutôt de les éloigner de nous (v.12). Oh ! Quel Dieu merveilleux que notre Dieu !


Le Ps 103 ne nous dit ni pourquoi ni comment Dieu peut faire cela mais seulement qu'il le fait, et qu'il doit être éternellement remercié et loué pour agir de la sorte. Quand Ex 34.7 dit que Dieu pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, il se sert du verbe hébreu nasa’ qui signifie « lever, porter et transporter ». C’est ce verbe hébreu que l’on retrouve dans Ex 19.4: Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés (‘nasa) sur des ailes d'aigle et amenés vers moi.


Je trouve cela très intéressant. Non seulement il s'agit du même verbe hébreu que celui utilisé dans pour dire comment Dieu s’est occupé d’Israël après l’avoir délivré de l’esclavage en Egypte, mais c'est aussi ce verbe (‘nasa) qu'Ésaïe utilise à propos du Serviteur de l'Éternel dans le merveilleux chapitre 53. Voici ce que nous pouvons lire dans les v.3-6 et dans le v.12 :

3 Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.

4 Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées (‘nasa), C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé ; Et nous l'avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.

5 Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

6 Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous...

12 C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté (‘nasa) les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables.


Nous pourrions le dire de cette façon : alors que nous pensions que le Serviteur du Seigneur subissait toutes ses souffrances parce que Dieu le punissait pour son propre péché, nous réalisons maintenant, à notre grande surprise, que ce sont en fait nos péchés qu'il portait tout au long de son procès manifestement injuste et de sa mort horriblement violente. Ses souffrances étaient la conséquence du fait qu’il s’est substitué à nous, et cela a eu pour résultat que Dieu éloigne nos péchés de nous.


Dans le Ps 103, David exalte la grâce de Dieu en rappelant qu’il ne nous traite pas comme nos péchés le méritent, mais il prend soin de souligner que cela ne peut se produire que parce que Dieu lui-même éloigne de nous nos transgressions (v.12). Toutefois, il ne donne pas plus d'explications à l’incroyable indulgence de Dieu. Ce sont d'autres passages de l'Écriture qui nous montrent comment Dieu a procédé à ce retrait de nos péchés : en les portant lui-même, en la personne de son Serviteur qui n’est autre que son Fils unique. L’apôtre Pierre l'exprimera plus tard de cette manière, en se référant incontestablement à Es 53, dans 1 P 2.24 : Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris.


Les porte-paroles de Dieu développent généralement leurs thèmes fondamentaux à l'aide de métaphores richement suggestives. C’est ce qui rend la Bible tellement attractive et agréable à lire. Par exemple David, dans le Ps 103, colore la grâce compatissante de Dieu à l'égard de nos péchés au moyen de trois métaphores. Les deux premières sont spatiales car elles font référence à la hauteur et à la largeur. Concernant la hauteur, il dit que la bonté de Dieu est aussi grande que les cieux sont élevés au-dessus de la terre (v.11). En ce qui concerne la largeur, le psalmiste déclare que Dieu éloigne de nous nos transgressions d’une façon telle que cela peut se comparer à l’éloignement qui existe entre l'est et l'ouest (v.12).


Si les deux premières métaphores sont spatiales, la troisième est d'ordre relationnel. C’est ce que nous apprend le v.13 : Comme un père a compassion de ses enfants, L'Éternel a compassion de ceux qui le craignent. Il faut savoir que le mot hébreu pour compassion signifie « avoir pitié, faire miséricorde et éprouver une tendre affection ». En se comportant comme il le fait, c’est-à-dire en nous séparant de nos péchés et en nous pardonnant avec une telle bonté, Dieu est comme un père humain qui éprouve une tendre affection pour ses enfants en raison de leur petite taille et de leurs limites physiques. Un bon père n'attend pas de ses enfants qu'ils aient la force des adultes, et il tient compte de leur fragilité. Il a pitié d’eux à cause de leur statut d’enfants.


De la même façon, Dieu n'attend pas de nous plus que ce qui est humainement possible. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nos péchés sont excusables et dénués de gravité, ou que Dieu n'est pas attristé et irrité par notre dureté et notre rébellion. Non, absolument pas ! Aucun prophète ou psalmiste de l'Ancien Testament n'aurait pu envisager une telle pensée. Cela signifie simplement que Dieu comprend nos limites humaines autant que n'importe quel bon père comprend la vulnérabilité de ses enfants.


On aurait pu s'attendre à ce que David illustre son propos général en se référant à l'acte historique de pardon dont est issu son texte principal : l'épisode du veau d'or, dans les chapitres 32 à 34 du livre de l’Exode. Mais au lieu de cela, sa comparaison de la bonté paternelle de Dieu le ramène directement au récite de la création de l’homme, tel que nous le découvrons dans Ge 2.7 : L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre. En effet, nous lisons-nous dans le Ps 103.14 : Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière.


Comme je l’ai déjà dit, l'Ancien Testament s'oppose à toute idée selon laquelle la paternité de Dieu impliquerait une parenté biologique entre lui et la race humaine. Les êtres humains ne sont pas la progéniture de Dieu au sens physique du terme. Néanmoins, comme n'importe quel père humain l'est par rapport à ses enfants, Dieu est aussi le « géniteur » de l'humanité, car il a formé les hommes et les femmes qui la composent. C’est lui qui nous a amenés à la vie, donc en ce sens il est bien notre père.


Et tout comme un père sait quand ses enfants sont nés, Dieu sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. Et c'est dans ce souvenir que réside la compréhension que Dieu a de nous, ainsi que sa compassion paternelle à notre égard. Oh ! Quel réconfort de sa voir que notre Père céleste sait exactement qui nous sommes et ce que nous sommes ! Êtes-vous déçus par vous-mêmes ? Alors sachez que Dieu n’éprouve pas la même déception envers vous, comme vous pourriez le pensez. Non ! Au contraire, il agit envers vous avec une grande compassion, soyez-en certains. Mi 7.18-19 déclare :

18 Quel Dieu est semblable à toi, Qui pardonnes l'iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, Car il prend plaisir à la miséricorde.

19 Il aura encore compassion de nous, Il mettra sous ses pieds nos iniquités ; Tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés.


La compassion dans la Bible désigne le souci des souffrances éprouvées par les autres et le désir de les alléger de leurs fardeaux. La compassion de Dieu est liée à sa miséricorde, à sa bonté, à sa patience, à sa grâce, à son pardon et à son amour. Dieu est le fondement et la source de toute vraie compassion. Si elle est magnifiée dans l’Ancien Testament, elle n’est jamais aussi bien illustrée que par Jésus dans le Nouveau Testament.


La compassion divine du Christ peut être clairement vue dans les récits évangéliques. Par exemple, dans Mt 9:36 nous voyons la compassion de Jésus pour eux qui sont faibles et abattus : Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont point de berger. Dans Mt 14.14 nous voyons sa compassion pour ceux qui sont malades et qui souffrent : Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, et fut ému de compassion pour elle, et il guérit les malades.


Dans Mt 15.32 nous voyons sa compassion pour ceux qui ont faim et n’ont pas à manger : Jésus, ayant appelé ses disciples, dit: Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. Dans Lu 7 :12-15 , nous voyons sa compassion pour les veuves particulièrement vulnérables : Lorsqu'il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville. Le Seigneur, l'ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit : Ne pleure pas ! Il s'approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort s'assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère.


Lorsque nous lisons tous ces passages, n’oublions pas ce que Jésus a dit dans Jn 14.9 : Celui qui m'a vu a vu le Père. Cela signifie que les actes de compassion de Jésus dans l’Evangile sont l’expression de la compassion du Père. En réponse à de tels facteurs paternels dans le caractère de Dieu, dans sa compassion envers nous, il est juste que nous réagissions comme David dans le Ps 103.1-2 :

1 Mon âme, bénis l'Éternel ! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom !

2 Mon âme, bénis l'Éternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits !


Je ne sais pas ce que vous en dites, mais Dieu est vraiment Le Père qui a compassion de ses enfants et à qui nous devons être reconnaissants. Puissions-nous lui exprimer de tout notre cœur notre profonde reconnaissance pour tout ce qu’il est, tout ce qu’il donne et tout ce qu’il fait pour nous ses enfants. Que son Nom soit béni !


A bientôt...


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