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LE PERE QUI PREND SOIN

Depuis quelques temps, nous nous appliquons à mieux connaître « Le Dieu de Jésus-Christ » (Cf. l’article correspondant), afin de faire ce que Paul nous dit dans Ro 15.6 : Que tous ensemble, d'une seule bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ. Cette démarche nous a conduit à considérer de plus près « Le Dieu que priait Jésus » (Cf. l’article correspondant), et à découvrir qu’il s’agit ce celui que l’Ancien Testament nomme l’Eternel (dans la Bible Louis Segond, comme par exemple dans Ge 2.7).

Nous avons vu que les hébreux n’utilisaient pas le terme « Père » lorsqu’ils priaient au Temple ou à la synagogue, et que Jésus a provoqué une sorte de révolution en affichant une telle liberté en s’adressant au grand Yahvé en le désignant du nom de « Père ». Cependant, la métaphore du Père pour désigner Dieu n’était pas vraiment inconnue des contemporains de Jésus, car c’est la révélation que donne de lui les textes vétéro-testamentaires. En fait, le Tanakh souligne la paternité de Dieu de quatre façons différentes, et j’aimerai examiner la première d’entre elles dans cet article :


1) le Père qui s’occupe de ses enfants et en qui nous pouvons avoir confiance.

N’oubliez pas que c’est l’Ancien Testament qui sert de base à notre examen de la paternité de Dieu, raison pour laquelle les textes que nous citons viennent prioritairement de cette section de la Bible. C’est plutôt inhabituel, car généralement c’est à partir du Nouveau Testament que l’on cherche à comprendre Dieu en tant que Père. Je suis particulièrement heureux de partager avec vous ces passages du Tanakh où la paternité de Dieu est mise en évidence. Par exemple, regardez comment Moïse présente Dieu au peuple d’Israël qui est sur le point de conquérir le pays de Canaan, dans De 1.30-31 :

30 L'Éternel, votre Dieu, qui marche devant vous, combattra lui-même pour vous, selon tout ce qu'il a fait pour vous sous vos yeux en Égypte,

31 puis au désert, où tu as vu que l'Éternel, ton Dieu, t'a porté comme un homme porte son fils, pendant toute la route que vous avez faite jusqu'à votre arrivée en ce lieu.


Je suppose que nous avons déjà tous vu un père prendre et porter son enfant dans ses bras, ou sur son dos, ou encore sur ses épaules ? En général, c'est parce que l'enfant est fatigué ou malade, ou alors que le terrain sur lequel il marche est difficile, voire dangereux. Parfois, c'est aussi parce que l'enfant est turbulent et désobéissant, donc le père préfère prendre les choses en mains et contrôler son enfant en le portant. Eh bien, il y a quelque chose de tout cela dans l'image que Moïse dépeint dans notre texte...


Pour bien aborder ce passage, il est nécessaire de comprendre la nature du Deutéronome. Vous savez probablement que les cinq livres du Pentateuque, ce qui correspond à la Torah pour les Juifs, sont nommés à partir du premier mot qui s’y trouve. Par exemple, dans les Bibles Hébraïques la Genèse se nomme « Bereshit », que nos Bibles françaises traduisent par « Au commencement ». C’est le même principe qui s’applique aux quatre autres livres. C’est ainsi que la désignation Juive du Deutéronome est « Dévarim », qui est le mot hébreu pour « Paroles » dans De 1.1 : Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël...


Dans la Bible d’étude du Semeur (que je vous recommande. Cf. notre boutique), nous trouvons cette note intéressante dans son introduction au livre du Deutéronome : « Le titre des versions modernes de la Bible provient, ici encore, de l’ancienne version grecque : Deutéronome, qui signifie ‘‘deuxième loi’’. Ce titre résulte d’une mauvaise traduction du texte de Deutéronome 17.18, où il est question, non pas d’une deuxième Loi, mais d’une copie de la Loi. Le Deutéronome n’est pas une deuxième Loi, mais une reprise de la Loi d’Exode 20-23, et des lois du Lévitique et des Nombres, à l’occasion du renouvellement de l’alliance avec la nouvelle génération d’Israélites, dans les plaines de Moab, après le séjour de quarante années dans le désert. » (Page 265).


En d’autres termes, Moïse fait deux choses précises dans le Deutéronome : premièrement, il rappelle à la nouvelle génération qui est sur le point d’entrer dans le pays promis, tout ce que Dieu a fait pour le peuple d’Israël pendant son périple de quarante ans dans le désert. Deuxièmement, il leur rappel aussi les différentes lois que Dieu a données à son peuple, et comment ce dernier doit les mettre en pratique dans le nouveau territoire qu’il va recevoir en héritage. Ce double aspect du Deutéronome est important pour notre sujet, gardez-le en tête si vous voulez comprendre ce que Dieu veut que vous sachiez de lui.


Les mémoires de Moïse sur le voyage d'Israël depuis sa sortie d'Égypte remplissent les chapitres un à trois du Deutéronome. Ce n’est qu’à partir du quatrième chapitre que commence le rappel des commandements. Quand débute le livre, Israël avait atteint les plaines de Moab, juste de l'autre côté du Jourdain, à proximité de la Terre promise. Mais le voyage avait été long et tortueux. En fait, comme le souligne brièvement De 1.2-3, un voyage qui aurait dû prendre onze jours avait duré en réalité quarante ans :

2 Il y a onze journées depuis Horeb, par le chemin de la montagne de Séir, jusqu'à Kadès Barnéa.

3 Dans la quarantième année, au onzième mois, le premier du mois, Moïse parla aux enfants d'Israël selon tout ce que l'Éternel lui avait ordonné de leur dire.


La raison de cette durée était le refus d'Israël d'entrer dans le pays et de s'en emparer, lorsque l'occasion et l'ordre de le faire leur avait été donnés par Dieu. Nous trouvons le récit de cette désobéissance dans les chapitres treize et quatorze du livre des Nombres. Le rappel de ces évènements se trouve dans De 1.19-46 que je vous laisse découvrir par vous-même. Le mauvais rapport de dix des espions envoyés pour reconnaître le pays, a plongé le peuple dans un état de rébellion et l’a rendu otage d’un complexe d'infériorité. Pris de panique, les Israélites ont refusé d'aller plus loin. Ils ont été paralysés par la peur, et ont désobéi collectivement à Dieu.


C'est dans ce contexte que Moïse prononce les paroles que nous trouvons dans les v.30-31. Il y fait appel à leur expérience de la provision de Dieu jusqu'à présent, c’est-à-dire comment Dieu les avait sauvés d'Égypte, pour ensuite les protéger et leur procurer ce dont ils avaient besoin dans le désert. Et en agissant de la sorte, dit Moïse, l'Éternel vous a « porté comme un homme porte son fils, pendant toute la route que vous avez faite jusqu'à votre arrivée en ce lieu. » Peut-être Moïse a-t-il à l'esprit l'image que Dieu lui-même avait utilisée dans Ex 19.4 : Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et amenés vers moi.


Moïse fait simplement un transfert de l’image de la maman aigle portant l’aiglon, à la prise en charge des enfants d’Israël par Dieu lui-même. L'idée est la même dans les deux cas : une protection et un soutien parental, attentif et fort. Malheureusement, le texte poursuit en disant que même cela n'était pas suffisant pour persuader le peuple. Bien qu’ils avaient vu de leurs yeux et qu'ils avaient expérimenté le soutien paternel de Dieu, Les hébreux ont choisi l’incrédulité, car De 1.32 déclare : Malgré cela, vous n'eûtes point confiance en l'Éternel, votre Dieu. C'est pourquoi Israël resta dans le désert pendant toute une génération, où il continua à faire l'expérience de l'action paternelle de Dieu, mais d'une manière quelque peu différente.


Un autre texte utilise l'image de Dieu comme d’un parent qui prend soin de sa progéniture de façon très efficace. Dans le chapitre quarante-six d’Esaïe, le prophète commence par mépriser les dieux de Babylone. Lorsque la ville s'écroule, les dieux ne peuvent descendre pour sauver leurs adorateurs, ils ne peuvent d’ailleurs même pas se baisser pour sauver leurs propres statues ! Les Babyloniens doivent donc transporter leurs dieux hors de la ville sur des chars à bœufs. Mais quel genre de dieux sont-ils donc, eux qui ne peuvent même pas se prendre en charge ? C’est la question implicite que contient les v.1-2. En revanche, Dieu dit dans les v.3-4 :

3 Écoutez-moi, maison de Jacob, Et vous tous, restes de la maison d'Israël, vous que j'ai pris à ma charge dès votre origine, Que j'ai portés dès votre naissance !

4 Jusqu'à votre vieillesse je serai le même, Jusqu'à votre vieillesse je vous soutiendrai ; Je l'ai fait, et je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver.


Même si le texte ne désigne pas spécifiquement Dieu en tant que Père, il a certainement cette image en tête, puisqu'il parle de Dieu comme portant Israël dès sa naissance. Cependant, il ne le fait pas comme un père humain qui, à un moment donné, doit renoncer à porter ses enfants, généralement lorsqu'ils deviennent plus grands que lui. Non, ce n’est pas ainsi que Yahvé agit ! Dieu porte son peuple du berceau à la tombe. C’est ce que signifie l’expression « Jusqu'à votre vieillesse ». Dieu est le créateur, le soutien et le sauveur de son peuple, car il possède toutes les qualités paternelles nécessaires à sa prise en charge.


Si Moïse se réfère à Dieu comme un Père qui s’occupe de ses enfants, c’est afin d'exhorter le peuple d’Israël à lui faire confiance à l'avenir, puisque l’Eternel ne l'avait jamais déçu dans le passé, en le laissant tomber. Le langage similaire dans Esaïe avait pour but d'inciter les hébreux à ne pas se laisser intimider par les dieux étincelants de Babylone – en référence aux statues – qui devraient bientôt être mis à l’abri par le peuple même qu'ils étaient censés protéger. Ils devaient plutôt avoir confiance dans le Dieu qui les avait portés jusqu'ici, comme l’a prouvé leur histoire. Le Dieu qui les portera même jusqu'à la fin. Que ce soit Moïse ou Esaïe, les deux font appel à la mémoire des enfants d’Israël : ils ne doivent pas oublier ce que Yahvé a toujours fait pour eux. Il ne les a jamais abandonnés, mais tel un père il s’est fidèlement occupé d’eux.


Si nous nous remémorons notre vie, nous aussi nous verrons que Dieu ne nous a jamais fait défaut, qu’il nous a toujours pris en charge et s’est tendrement occupé de nous. Pourquoi l’a-t-il fait ? Parce qu’il est notre Père. Oh ! Bien sûr, nous avons eu des problèmes, nous avons connu des souffrances, mais Dieu n’a jamais lâché notre main. Le diable a essayé de nous mentir en soufflant à nos oreilles que Dieu nous a abandonnés, mais il n’en était rien. Quand nous l’avons invoqué, il est venu à notre secours, et nous sommes toujours là. Paul dit dans 2 Ti 2.13 : Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle. Combien cela est vrai !


Moïse a dit à Israël dans De 1.31 : L'Éternel, ton Dieu, t'a porté comme un homme porte son fils, pendant toute la route que vous avez faite jusqu'à votre arrivée en ce lieu. Cela signifie que Dieu a été fidèle pendant les quarante ans d’errance dans le désert. Israël s’est plaint, il a été infidèle et rebelle, mais Dieu l’a porté comme un homme porte son fils. Comment qualifier cette attitude de la part de Dieu, si ce n’est celle d’un Père aimant ? Et il l’a fait pendant toute la route, il ne s’est jamais lassé, même s’il a parfois manifesté son mécontentement. Il aurait pu abandonner Israël à son sort, mais il ne l’a pas fait, il a continué de le porter jusqu’à la fin.


Esaïe dit au même peuple d’Israël : vous que j'ai pris à ma charge dès votre origine. Cela devrait nous rappeler que nous aussi, dès l’instant où nous nous sommes tournés vers Jésus-Christ, nous avons été pris en charge par notre Père céleste. Et croyez-moi : il a certainement eu mille occasions de se détourner de nous en raison de nos manquements, mais il ne l’a pas fait ! Je crois qu’il nous dit la même chose qu’il a dite à Israël : Je l'ai fait, et je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver. Oh que j’aime ce « je veux encore » ! Il n’y a aucune lassitude chez notre Père : il veut encore s’occuper de nous. Pensez-y, je vous en prie : Dieu veut encore vous porter, vous soutenir et vous sauver.


Si Dieu a été un si bon Père pour Israël, ne pensez-vous pas qu’il le sera autant pour vous qui avez cru en son Fils Jésus ? J’en prends à témoin ces deux textes du Nouveau Testament. Le premier, c’est He 7.22 : Jésus est par cela même le garant d'une alliance plus excellente. Le second, c’est He 8.6 : Mais maintenant il a obtenu un ministère d'autant supérieur qu'il est le médiateur d'une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. Dans l’un et dans l’autre, nous apprenons que Jésus nous assure une alliance plus excellente. Cela signifie qu’il y a plus à gagner dans l’alliance fondée sur le sacrifice de Jésus, car celle-ci est établie sur de meilleures promesses. Je crois que l’apôtre Paul résume parfaitement cette vérité dans Ro 8.32 : Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Alléluia !


Que préférez-vous : un Dieu que vous devez porter vous-même lorsque vous en avez le plus besoin, ou le Dieu qui vous porte du début à la fin ? Je crois connaître votre réponse. Ce Dieu qui s’occupe de vous, c’est Le Dieu de Jésus-Christ. Ce Dieu qui vous porte, c’est Le Dieu que priait Jésus. Ce Dieu qui ne vous abandonnera jamais, c’est Le Père qui prend soin. Alors, pourquoi ne pas lui faire confiance ? Je ne sais pas ce que vous vivez en ce moment, mais je suis certain d’une chose : Dieu vous aime comme un Père, et il s’occupe de vous. Tournez-vous vers lui et répandez votre âme en sa présence. Remettez votre vie entre ses mains paternelles...et faites-lui confiance !


A bientôt...



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