LE RDV DE LA REPENTANCE

Dans un autre article, nous avons vu, grâce au prophète Jonas, que Dieu donne une nouvelle chance à ceux qui ont échoué après avoir pris une mauvaise décision. Cela nous a permis de comprendre que Dieu est en réalité le Dieu des recommencements. Nous avons découvert que les trois attitudes fondamentales pour recommencer avec Dieu sont : la repentance, l’obéissance et l’amour pour le Seigneur Jésus. Aujourd’hui, nous allons nous arrêter plus spécifiquement sur la notion de repentance.

Mais nous devons commencer par une question basique : qu’est-ce la repentance ? Si on demande à un croyant ce que veut dire se repentir, il y a de fortes chances qu’il réponde ceci : « C’est lorsque nous sommes convaincus de péchés, et que nous demandons à Dieu de nous pardonner ». C’est vrai, mais c’est en même temps plus que cela. Cette définition réduit trop la repentance, et concerne davantage la confession des péchés que la notion complète de la repentance.


Il s’agit également de la partie négative de la repentance, celle où nous nous débarrassons de ce qui est mauvais (= le péché), mais elle omet la partie positive de la repentance, celle où nous faisons ou ajoutons ce qui est bon à notre vie. C’est cet aspect positif de la repentance que nous devons connaître si nous nous engageons dans un processus de recommencement avec Dieu. Et ce versant positif de la repentance est exprimé par l’abréviation RDV. De quoi s’agit-il ? Vous pensez peut-être à l’expression « rendez-vous », car son abréviation est bien « rdv » ? Bien sûr, la repentance est un « rendez-vous » essentiel dans notre marche avec dieu, mais dans ce sigle, nous y avons mis plus que simplement « rendez-vous ». Mais alors, qu’est-ce que cela signifie exactement ?


Pour le savoir, nous allons nous tourner vers le fils prodigue dans Lu 15.11-24. Cette histoire, vous la connaissez probablement, aussi je me limiterai à la survoler. Elle commence ainsi : le benjamin d’une famille réclame sa part d’héritage, puis, va tout dépenser dans une vie de dissolution, selon Lu 15.11-13 :

11 Il dit encore : Un homme avait deux fils.

12 Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien.

13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche.


Il a pris une mauvaise décision qui s’est soldée par une vie misérable. Mais il saisit l’occasion de recommencer sa vie en revenant chez son père, et lui confesse la faute qu’il avait commise quelques temps plus tôt en quittant le foyer. Nous lisons dans Lu 15.21 : Le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.


Ce verset nous montre l’aspect négatif de sa repentance, à savoir : la reconnaissance et la confession des péchés. Mais au-delà de ce verset, l’ensemble du texte nous montre plutôt l’aspect positif de la repentance du fils prodigue. Cet aspect positif de sa repentance, nous la voyons dans les versets qui précèdent et qui suivent celui que nous venons de citer, et dans lesquels nous trouvons le RDV de la repentance. Chaque lettre désigne une vérité. En voici la signification :


I. Le R de RDV pour RÉACTION

Lu 15. 14-17 :

14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.

15 Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux.

16 Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait.

17 Etant rentré en lui-même, il dit : Combien d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !


La mauvaise décision du fils prodigue le propulse dans une spirale d’échecs qui le réduit à une misère extrême, au point de ne plus avoir de quoi se nourrir. Il aurait pu se résigner à son triste sort, comme une punition pour ses mauvaises actions. Cependant, ce jeune homme a réagi autrement : il est « rentré en lui-même ». Cette expression signifie qu’il s’est mis a analysé intelligemment sa condition présente à la lumière de sa vie passée chez son père. Nous dirions qu’il a repensé sa vie. Je la trouve intéressante cette expression.


Je crois sincèrement que si nous voulons recommencer notre vie avec Dieu, la première chose à faire, c’est aussi de repenser notre vie. Cela signifie : penser à ce que pourrait être notre vie si Dieu nous donnait une seconde chance. Savez-vous que le mot grec pour repentance est « metanoia », ce qui signifie « changer de mentalité en changeant de façon de penser » ? La vraie repentance commence par une façon nouvelle de penser, en nous accordant sur les pensées de Dieu.


1) Tout d’abord, sachons que notre vie est l’aboutissement de nos pensées car Pr 23.7 déclare : Car il est comme les pensées de son âme.

Si nous pensons négativement de notre vie, si nous pensons que nous ne méritons pas de réussir, si nous pensons que tout ce qui nous arrive est une punition divine et qu’il n’y a aucun espoir, alors notre vie reflètera ce que nous pensons.


2) Ensuite, sachons que Dieu pense différemment de nous, selon Es 55.8-9 :

8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Eternel.

9 Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées.


3) Et enfin, sachons que Dieu pense à notre bien selon Jé 29.11 : Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance.


Le premier pas à faire pour recommencer avec Dieu, c’est d’aligner nos pensées sur celles de Dieu. Ne laissez pas la société ou la religion penser pour vous ! Acceptez les pensées de Dieu à votre sujet, et pensez comme lui. Faites comme le fils prodigue : faites l’effort de rentrer en vous-même et de repenser votre vie à la lumière des pensées de Dieu. Dieu veut un avenir pour vous. Les pensées de Dieu pour vous sont d’ailleurs très bien résumées par l’apôtre Jean dans 3 Jn 2 : Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme.


Commencez à réagir dans vos pensées. Tournez-vous vers les pensées de Dieu contenues dans la Bible, et saisissez-vous des promesses divines. Pensez-y. Méditez sur elles, car elles peuvent vous motiver à entreprendre le second pas.


II. Le D de RDV pour DÉCISION

Après la réaction au niveau des pensées, vient la décision au niveau de l’action. Penser, c’est bien, mais agir, c’est mieux. Lorsque le fils prodigue a repensé sa vie en la comparant à celle qu’elle était lorsqu’il était chez son père, il s’est décidé à agir selon Lu 15.18-20(a) :

18 Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi,

19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes ouvriers.

20 Et il se leva, et alla vers son père.


Si nous voulons recommencer avec Dieu il faudra prendre des décisions et passer à l’action. Un des plus grands ennemis de l’être humain, et également du chrétien, c’est la passivité : ne rien décider et ne rien faire. Cette passivité est parfois recouverte d’un vernis religieux qui consiste à croire et à dire : « Le Seigneur sait ce qu’il me faut, et il me le donnera quand il le jugera bon » ou : « Tout est entre les mains de Dieu, c’est lui qui décide ». Oui, mais :

  • Si vous voulez recommencer professionnellement, mais que vous attendez passivement qu’un employeur vienne frapper à votre porte, cela n’arrivera pas.

  • Si vous voulez acquérir de nouvelles connaissances ou compétences, vous ne pouvez pas faire l’économie de vous former et de faire des études.

  • Si vous voulez rencontrer l’âme sœur, Dieu ne va pas créer un conjoint ou une conjointe à partir d’une de vos côtes, comme pour Adam...

Toute action est généralement précédée d’un choix que nous faisons. Le même principe s’applique au recommencement avec Dieu : même si Dieu nous fait part de ses pensées pour nous, nous devons choisir ses pensées et passer à l’action.


De 30.19 : J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre, j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité.

Ici, Dieu révèle sa volonté à Israël, mais Israël devait choisir de vivre selon la volonté de Dieu et lui obéir. Comme le fils prodigue, il y a un moment ou il faudra se lever et y aller, c’est-à-dire se décider et passer à l’action.


De 1.8 : Voyez, j’ai mis le pays devant vous ; allez, et prenez possession du pays que l’Eternel a juré de donner à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob, et à leur postérité après eux.

Les pensées de Dieu contenues dans la Bible sont devant nous, mais nous devons prendre possession de notre recommencement, en passant à l’action. Et alors que nous recommençons avec Dieu, nous ne devons pas oublier le troisième pas :


III. Le V de RDV pour VALORISATION

Un recommencement avec Dieu n’est pas comme un recommencement sans Dieu. Lorsque l’on recommence avec Dieu, le Seigneur met à notre disposition une force que l’on ne retrouve nulle part ailleurs : la compassion divine. Regardez ce que dit Lu 15.20 : Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa.


Notons que la décision et l’action du fils prodigue suscita une réaction inhabituelle de la part du père dans ce type de culture. Quand le fils a demandé sa part d’héritage, il disait en quelque sorte qu’il souhaitait la mort de son père. Une telle attitude de la part du fils donnait à son père le droit légal, non seulement de le renier à vie, mais aussi de le mettre à mort. En plus, dans ce genre de culture, un ainé ne court pas au-devant d’un plus jeune, c’est le contraire.


En courant se jeter au cou de son fils qui l’avait renié quelques temps lus tôt, le père va à contre-courant de la culture et du sens de la justice de l’époque. Et il le fait pour une seule raison : sa compassion pour son fils, malgré la mauvaise décision que celui-ci avait prise auparavant. C’est une image de la réaction de Dieu à notre égard lorsque nous voulons recommencer avec lui : alors que nous nous confions en Jésus comme Seigneur pour nous aider, Dieu étend sa compassion envers nous.

Devant la compassion de son père, le fils se positionne dans le rôle du repentant qui ne mérite rien en disant dans Lu 15.21 : Le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Mais la compassion du père va bien plus loin qu’un bon accueil envers le fils prodigue : il lui prouve qu’il retrouve toute sa dignité de fils, et qu’il peut recommencer là où il avait échoué. Nous le voyons clairement dans Lu 15.22-24 :

22 Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et revêtez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds.

23 Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous ;

24 car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir.


La plus belle robe devait certainement être celle du père lui-même. L’anneau au doigt lui donnait le droit de sceller des documents officiels. Les souliers aux pieds le différenciaient des esclaves qui eux n’en portaient pas. Quand nous ajoutons à cela le veau gras pour le festin afin de fêter le retour du fils perdu et considéré comme mort, tout ceci indique une réintégration complète et parfaite au sein de la famille qu’il avait déshonorée et abandonnée.


Le troisième pas pour recommencer avec Dieu consiste à accepter notre valorisation : Si Jésus est notre Seigneur, Dieu n’accepte pas notre confession d’indignité, mais il déclare combien nous avons de la valeur à ses yeux.


Lorsque nous craignons de recommencer avec Dieu, parce que nous avons encore en mémoire tous nos échecs passés, et que nous nous sentons indignes, Jésus nous adresse une parole pleine d’espoir dans Mt 10.31 : Ne craignez donc point, vous valez plus que beaucoup de passereaux.


La Bible exprime cette valorisation de Dieu pour confirmer son approbation de nous voir recommencer avec lui, en nous rappelant son amour pour nous, ainsi que son désir de combattre à nos côtés. Tout d’abord, dans Jn 17.22-23 nous lisons ceci :

22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, —

23 moi en eux, et toi en moi, — afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.


Dieu le Père nous aime comme il a aimé son Fils Jésus. Voyez-vous l’accès que cela vous donne dans la présence de Dieu ? Découvrons maintenant combien Dieu est prêt à nous aider, en lisant Ro 8.31-32 :

31 Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

32 Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous DONNERA-T-IL pas aussi toutes choses avec lui ?


Dieu nous valorise au point de prendre notre défense, et de nous donner avec Jésus tout ce qui sera nécessaire pour que nous recommencions avec lui. Dieu est même prêt à l’impensable, et il le dit de façon imagée par son prophète dans Es 43.4 : Parce que tu as du prix à mes yeux, Parce que tu es honoré et que je t’aime, Je donne des hommes à ta place, Et des peuples pour ta vie.


Si nous suivons ces trois pas : la réaction dans nos pensée, la décision dans nos actions et la valorisation de Dieu, rien ni personne ne peut stopper notre recommencement avec Dieu ! Alors qu’attendez-vous pour recommencer avec Dieu ?


A bientôt...