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QU’EST-CE QU’UN VRAI ADORATEUR ?

Je vous rappelle cette simple définition que nous avons donné de l’adoration : Adorer Dieu c’est lui donner L’hommage et le respect qui lui sont dus, avec crainte et amour. Elle peut s’exprimer sous des formes variées, mais son essence demeure identique, et consiste à attribuer à Dieu la valeur suprême, car lui seul en est absolument digne comme le dit Jude 25 : A Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus–Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen ! Ce qui caractérise la vraie adoration, ce sont les quatre éléments suivants :

1) La confiance respectueuse envers le Dieu trois fois saint.

2) L’admiration devant l’excellence du Seigneur glorieux.

3) La fascination pour le Créateur tout puissant.

4) L’amour pour le Père, en réponse à celui qu’il a manifesté.

Quand nous sommes animés de tels sentiments, nous ne pouvons que l’exprimer par la louange et l’action de grâces. Cette remarque nous conduit inévitablement à vouloir comprendre la différence qui existe entre ces trois mots : adoration, louange et actions de grâces.


L’adoration est tout d’abord une attitude de cœur qui nous motive à donner à Dieu notre hommage et notre respect, avec crainte et amour. C’est la position fondamentale que nous avons dans la présence du Seigneur, quand nous savons qui il est. Notons que nous sommes tout d’abord remplis d’une adoration silencieuse, suite à la révélation de la personne divine. Mais cette adoration trouve son expression orale dans la louange et l’action de grâces. Nous avons une illustration de ce principe dans Ap 4.10-11 :

10 Les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône, et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant :

11 Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées.


Les vingt-quatre vieillards se prosternent avant de proclamer la grandeur et la sainteté de Dieu, car ils en ont eu préalablement la révélation. En d’autres termes, ils verbalisent leur adoration qui avait déjà commencé quand ils se sont prosternés silencieusement. Il est intéressant de noter qu’ils ont célébré la personne (notre Seigneur et notre Dieu) et les actes (car tu as créé toutes choses) de Dieu, après s’être prosternés dans l’adoration. Il s’agit ici de la louange et de l’action de grâces. D’une manière générale, nous associons ces deux notions, car nous avons du mal à les distinguer, et pourtant il existe une différence. Quelle est-elle ?


Dans l’action de grâces, nous remercions Dieu principalement pour ce qu’il fait. Nous rendons grâces pour les dons que nous accordent le Seigneur, tels que : la nourriture, la santé, le travail, la famille, le salut, etc.


Dans la louange, nous bénissons Dieu pour ce qu’il est. Nous louons le Donateur, sans nous préoccuper de ses dons. Nous fixons alors notre attention sur le Tout-puissant, le Miséricordieux, le Plus-que-Patient, le Glorieux, etc.


Ce qu’il faut retenir, c’est que dans l’adoration, que celle-ci s’exprime verbalement par la louange et l’action de grâces, ou non, il y a toujours cette notion de donner notre cœur à Dieu. Adorer le Seigneur a un réel impact sur son cœur. Nous ne le faisons pas pour recevoir quoi que ce soit, mais quand nous adorons réellement Dieu, il nous donne en retour ce qui nous est nécessaire. Encore une fois, j’aimerai prendre Marie de Béthanie comme exemple d’adoration, pour confirmer ce que nous venons de dire. Voici ce que Jn 11.1-5 :

1 Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur.

2 C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade.

3 Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.

4 Après avoir entendu cela, Jésus dit : Cette maladie n’est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.

5 Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare.


Nous sommes sur le point d’assister au miracle le plus connu du Nouveau Testament : la résurrection de Lazare ! Nous apprenons ici que ce dernier est tombé gravement malade, mais que malgré l’appel de ses deux sœurs, Jésus n’est pas allé le guérir immédiatement. En réalité, le Christ avait en vue un miracle encore plus grand, qui donnerait davantage de gloire au Père et au Fils (v.4). Il y a dans ce texte deux détails qui ne doivent pas être pris à la légère : premièrement, Marie est celle qui avait oint de parfum les pieds du Seigneur quelques jours plus tôt, et deuxièmement Jésus aimait de la même façon ses trois amis de Béthanie. Lisons maintenant les v.20-27 :

20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au–devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison.

21 Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

22 Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.

23 Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera.

24 Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.

25 Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;

26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?

27 Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde.


C’est Marthe la première qui alla trouver le Seigneur. Elle fit une belle confession de foi, à laquelle Jésus répondit en expliquant qu’il est lui-même la résurrection et la vie. Toutefois, rien de plus ne se produit. Aucun miracle. Mais voici ce qui se passe ensuite dans les v.28-35 :

28 Ayant ainsi parlé, elle s’en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande.

29 Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui.

30 Car Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l’avait rencontré.

31 Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l’ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : Elle va au sépulcre, pour y pleurer.

32 Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.

33 Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.

34 Et il dit : Où l'avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois.

35 Jésus pleura.


Selon les dires de Marthe, c’est Jésus qui demande à voir Marie. Cela devait être vrai, car pourquoi aurait-elle menti ? Mais pourquoi Jésus demande-t-il après Marie ? Il y avait quelque chose qui devait l’attirer en elle. Je crois personnellement que son cœur d’adoratrice y était pour quelque chose… Laissez-moi vous montrer pourquoi je le crois.


Notez que lorsque Marie s’adresse à Jésus, elle dit la même chose que Marthe (v.21 ; v.32). Cependant, nous voyons que la réaction du Seigneur est différente : il fut ému au point de pleurer. La suite du récit nous montre qu’après avoir demandé où on avait mis Lazare, Jésus se rendit devant sa tombe et le ressuscita par sa parole. Pourtant, même s’il aimait Marthe et Marie (ainsi que leur frère) de façon identique, c’est Marie qui fit bouger son bras, parce qu’elle savait toucher son cœur.


Si la foi de Marthe a suscité une explication théologique de la part de Jésus, l’adoration de Marie, comme cela est indiqué au v.32 (elle tomba à ses pieds), a déclenché un miracle. Nous apprenons une leçon importante dans ce passage : Dieu ne reste jamais insensible à notre adoration. Tout peut arriver quand nous venons devant le Seigneur pour l’adorer... Mais poursuivons notre étude sur l’adoration, en abordant la notion de son importance. Celle-ci nous est indiquée par différents facteurs, dont voici le premier :


L’adoration domine la Bible entière

Il y a dans toute de la Bible plusieurs centaines de références à l’adoration, même si le mot en lui-même n’apparaît pas toujours. Nous ne pouvons pas toutes les indiquer, mais nous nous limiterons à deux passages clés, pour en retirer les enseignements utiles à notre étude. Le premier se trouve dans l’Ancien Testament, et le second dans le Nouveau.


Je pense que ce n’est pas une surprise si je vous disais que la première mention à l’adoration se trouve dans le livre de la Genèse, plus précisément au chapitre 22, dans les six premiers versets, et elle est représentative de ce que doit signifier notre adoration aujourd’hui :

1 Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici !

2 Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va–t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai.

3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit.

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin.

5 Et Abraham dit à ses serviteurs : Restez ici avec l'âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque–là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous.

6 Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble.


Il y 3 leçons importantes qui se dégagent de ce texte, et auxquelles nous devons prêter une attention particulière :


1) L’adoration se fonde sur une révélation de Dieu à l’homme : elle ne provient pas d’une initiative humaine, mais appartient à la connaissance que l’homme reçoit de Dieu, par le moyen de la révélation de sa volonté. Ce premier point nous rappelle les deux principales raisons pour lesquelles nous adorons Dieu :


Premièrement, parce que Dieu est Dieu, et que son existence est une condition suffisante à l’adoration. En d’autres mots, si nous reconnaissons qu’il y a au-dessus de nous un être suprême, glorieux, tout puissant, et absolument admirable, nous ne pouvons faire autrement que lui donner l’hommage et le respect.


Deuxièmement, parce que Dieu l’a commandé, en nous révélant clairement que c’est sa volonté que nous l’adorions. Cela implique également que nous ne devons pas attendre « d’en avoir envie » pour l’adorer, mais que nous l’adorions par un acte d’obéissance. C’est Dieu qui dit à Abraham ce qu’il doit faire, et le faire.


Aujourd’hui, nous possédons la révélation complète de la volonté divine par l’intermédiaire de la Bible, et si nous l’étudions attentivement, nous y découvrirons ce que le Seigneur attend de nous en termes d’adoration. Nous devons veiller à ce que nos préférences en matière d’expression ne priment pas sur la pensée de Dieu, ainsi que son désir de nous voir nous approcher de lui selon ses critères.


2) L’adoration est le résultat de la consécration : Abraham devait offrir à Dieu un holocauste, c'est-à-dire un sacrifice qui nécessitait non seulement que la victime soit égorgée, mais aussi qu’elle soit totalement brulée sur l’autel. L’holocauste exprimait l’entière consécration de celui qui l’offrait. C’était une façon de se donner et de s’abandonner complètement à Dieu pour lui obéir. Ce qui est particulier ici, c’est l’objet du sacrifice : le propre fils d’Abraham...


Bien évidemment, Dieu ne voulait pas qu’Isaac meurt, et par la suite, il a fait clairement savoir qu’il condamnait les sacrifices humains (cf. Le 20.1-5). L’épreuve d’Abraham était spéciale, et Dieu n’a plus jamais demandé un tel acte à qui que ce soit d’autre. D’ailleurs, nous pouvons même dire que c’est suite à l’obéissance d’Abraham, que Dieu ne nous a pas refusé son Fils unique qui lui, est réellement mort pour nos péchés (cf. Ge 22.15-18).


Nous aussi, nous ne pouvons pas faire l’économie de l’obéissance, si nous souhaitons adorer Dieu en esprit et en vérité. Or, cette obéissance se traduit par la consécration de notre vie au Seigneur. Bien évidemment, il ne s’agit pas de nous retirer du monde par une vie d’ascétisme. Nous continuons de vivre dans la société, avec famille et travail, mais l’ensemble de notre vie doit être donné au Seigneur dans la foi et l’amour de son nom.


Pour reprendre une ancienne expression : nous sommes appelés à vivre les pieds sur terre, mais le cœur au ciel ! C’est cela la religion, dans son sens le plus noble. Souvenons-nous que ce mot désigne le fait d’être relié à Dieu. Avoir une religion, c’est poursuivre sa vie quotidienne, en remplissant ses responsabilités, au milieu des joies et des peines de l’existence, tout en maintenant une union vitale avec Dieu.


3) L’adoration a une double dimension : elle est individuelle et communautaire. C’est ensemble qu’Abraham et Isaac se mirent en marche pour aller adorer. Si l’adoration est une composante de notre dévotion personnelle, elle est la principale caractéristique du rassemblement de l’église. la vie chrétienne est une vie de relation. Relation avec nos semblables, avec nos frères et sœurs dans la foi, mais également relation avec Dieu. Cette relation comporte deux niveaux : quand nous sommes seuls devant le Seigneur, et quand nous sommes réunis avec celles et ceux qui partagent la même foi que nous. Tout l’enjeu c’est de s’assurer que notre adoration, qu’elle soit individuelle ou collective, attribue à Dieu toute la gloire qui lui est due, avec crainte et amour.


Cette mention initiale à l’adoration dans la Bible, nous rappelle étrangement notre première réflexion dans un précédent article : pourquoi allons-nous à l’église ? Nous avons déjà établi que la raison principale est de donner à Dieu, sans nous préoccuper de ce que nous allons recevoir. Il me semble qu’Abraham était dans cet état d’esprit lorsqu’il s’est dirigé vers le Mont Morija avec Isaac.


Dans notre texte, Dieu avait utilisé trois verbes lourds de sens : « prends, va et offre ». Notre attitude serait plutôt « dépose, attends et reçois ». Nous déposons ou laissons tomber nos responsabilités, nous attendons passivement que Dieu nous donne gracieusement, car nous voulons recevoir ses bénédictions. Abraham avait reçu des consignes précises, qui faisaient appel au don de lui-même. Il l’a compris et a obéit, car il était, à n’en pas douter, un vrai adorateur. Qu’en est-il de vous ?


A bientôt...


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