UNE PROMESSE GLORIEUSE, MAIS EFFRAYANTE !

Ro 8.13-17 :

13 Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez,

14 car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu.

15 Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !

16 L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

17 Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui.

Tout le monde aime les promesses : elles donnent l’espoir de choses meilleures. Quand les promesses viennent de Dieu, nous les aimons davantage encore. Ce passage nous offre une des nombreuses promesses de Dieu contenues dans la Bible, et c’est peut-être la plus extraordinaire de toutes. Il s’agit d’une promesse GLORIEUSE, cependant, elle est aussi EFFRAYANTE. Elle est glorieuse par sa nature, mais effrayante par sa condition. Nous allons voir pourquoi dans cet article.


1) La nature de la promesse


V17 : nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ.

Un héritier, c’est un individu qui reçoit un patrimoine de la part d’une autre personne, habituellement lorsque cette dernière meurt. Selon ce verset, nous sommes héritiers de Dieu. Notre héritage, c’est donc un patrimoine spirituel. En quoi consiste-t-il ? Si nous nous en tenons à la Bible, notre héritage comporte deux aspects qu’il ne faut pas confondre :

- L’un commence sur terre et continue dans le ciel.

- L’autre ne commence que dans le ciel.


Parlons de celui qui commence dans le ciel, car nous avons tendance à croire qu’il débute sur terre, ce qui a pour résultat de produire de la confusion.


Ap 21.4 : Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.


La disparition de toute souffrance, de toute douleur, de toute larmes, de tous les problèmes imaginables que l’on peut connaître sur terre, de la mort elle-même, n’aura lieu qu’au ciel. Devenir chrétien ne signifie pas que nous allons obligatoirement guérir de nos maladies, prospérer matériellement, nous épanouir dans la vie, être heureux, réussir professionnellement, etc. La Bible ne nous promet pas que si nous devenons chrétiens, nous expérimenterons ces choses. La seule promesse de la Bible à ceux qui se confient en Christ, c’est le salut c’est-à-dire : le pardon de leurs péchés, la paix avec Dieu et l’assurance de la vie éternelle. Pour le reste, il n’y a aucune certitude, et il est même possible de passer par la souffrance. C’est ce que nous apprend l’auteur de la lettre aux Hébreux dans Hé 11.36-37 :

36 D’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison ;

37 Ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités...


Bien sûr, nous pouvons vivre de merveilleux miracles, mais ce n’est pas forcément le cas pour tous ceux qui croient. Ce n’est que dans le ciel que nous connaîtrons de la délivrance de toute souffrance et la plénitude de la joie. L’apôtre Pierre nous le rappelle dans 1 P 1.3-4 :

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts,

4 pour un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir ; Il vous est réservé dans les cieux...


Par contre, il y a un aspect de notre héritage qui commence dès ici-bas sur terre, et qui se poursuivra dans le ciel. De quoi s’agit-il ? En examinant attentivement la Bible, nous apprenons qu’il s’agit de Dieu lui-même : Dieu est notre héritage, ou notre patrimoine, dès maintenant, si nous croyons en Christ.

Ps 73.25-26 :

25 Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi.

26 Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage.


Peu importe les circonstances, Dieu est mon partage. Le mot hébreu signifie « portion, bien ». Cela parle d’héritage ou de patrimoine. Le prophète Jérémie dit dans Lam 3.24 : L’Eternel est mon partage, dit mon âme ; C’est pourquoi je veux espérer en lui.


Dieu est l’héritage de notre âme, et nous pouvons espérer en lui. Non seulement nous sommes héritiers de Dieu, mais notre texte dit aussi que nous sommes « cohéritiers de Christ ». Cela signifie que nous partagerons l’héritage que Jésus a reçu du Père. Qu’est-ce que Jésus a reçu comme Héritage de la part du Père ?


Hé 1.2 nous dit que Jésus a été « établi héritier de toutes choses ». Jésus possède tout, et il a des droits sur absolument tout. Et parce que nous sommes cohéritiers de Christ, nous partagerons le même héritage quand nous serons dans le ciel, car cela ne se produira que dans le futur, comme l’indique Col 3.23-24 :

23 Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes,

24 sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur.


Mais il y a une question à laquelle nous devons répondre : à qui s’adresse cette glorieuse promesse d’héritage ou de patrimoine spirituel ? Est-ce à tout le monde, ou seulement à une catégorie de personnes ? Notre texte nous donne la réponse au v.17 : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ». Mais Enfants de qui ? Cela est précisé au v.16 : L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.


La grande vérité de l’Evangile, c’est que nous ne naissons pas enfants de Dieu, nous devons le devenir. Mais comment devenons-nous enfants de Dieu ? En recevant Jésus comme sauveur et Seigneur selon Jn 1.12 : Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu...


Mais comment savons-nous que nous sommes vraiment devenus des enfants de Dieu ? Nous ne sommes pas enfant de Dieu parce que nous le voulons, parce que nous le sentons, parce que nous allons à l’église, ou parce que nous croyons que Dieu existe... Non ! Nous savons que nous sommes enfants de Dieu, parce que le Saint-Esprit rend témoignage à notre esprit que nous le sommes. Mais comment l’Esprit rend-il témoignage de cette glorieuse réalité ? Est-ce par nos émotions ? Est-ce parce que nous exerçons certains charismes ? Encore une fois la réponse est « Non ! ». Notre texte nous dit comment. Il s’agit d’un témoignage objectif, concret, que nous pouvons connaître sans nous tromper. Il y a en fait, deux témoignages de la part du Saint-Esprit. Relions Ro 8 :

13 Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez,

14 car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu.


Premier témoignage : Un vrai chrétien prouve qu’il est vivant spirituellement en faisant la guerre aux péchés qui veulent se manifester dans son corps.


Un vrai chrétien est sensible au péché, et il ne veut pas se laisser dominer par les péchés qui veulent le rendre esclave. Il leur fait la guerre en les mettant à mort par l’Esprit. Pourquoi ? Le v.14 dit : car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Ce verset ne dit pas que le Saint-Esprit nous conduit en nous disant quel est notre ministère, notre don, où habiter, avec qui nous marier, quel métier exercer, etc. On a toujours utilisé ce verset pour parler de la direction du Saint-Esprit dans tous les domaines de la vie, mais ce n’est pas ce que dit le texte.


Ici, le Saint-Esprit ne conduit que vers une seule chose : faire mourir les actions du corps, c’est-à-dire : combattre le péché ! En d’autres mots : le Saint-Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu, en nous conduisant à lutter contre le péché dans notre vie. C’est ce combat continuel contre le péché, suscité par le Saint-Esprit en nous, qui nous prouve que nous sommes de vrais enfants de Dieu. La tolérance du péché chez un chrétien, prouve qu’il est un pseudo chrétien...Comprenez-vous ce que cela veut dire ? Quelqu’un qui vit volontairement une vie de péché, prouve qu’il n’est pas chrétien. Il croit l’être ou prétend l’être, mais son style de vie prouve le contraire. Nous pouvons avoir besoin de nous fortifier, pour ne plus succomber à certains péchés, mais un vrai chrétien hait le péché, et est entré en guerre contre lui, et ne mène pas une vie de péché.


Deuxième témoignage : Un vrai enfant de Dieu a dans son cœur un cri continuel qui monte vers son Père céleste.


Ro 8.15 : Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !


Quand nous venons à Jésus, nous recevons dans notre esprit « un Esprit d’adoption », c’est-à-dire que nous découvrons que Dieu est un Père aimant et tendre. Il n’y a plus de distance entre Dieu et nous : nous devenons intimes avec lui. Cette relation entre Dieu et nous, fait que le Saint-Esprit produit un cri en nous : quand nous prions, « nous crions : Abba ! Père ! ». C’est spontané. Nous cherchons refuge auprès de notre Père.


Résumons tout ce que nous avons dit jusqu’ici en trois parties :


1) Si nous avons reçu Jésus comme Seigneur, si nous sommes confiés en lui, dans sa mort et sa résurrection, nous sommes devenus des enfants de Dieu.


2) Le Saint-Esprit nous rend témoignage que nous sommes de vrais enfants de Dieu, en nous conduisant à lutter contre le péché, et en nous faisant crier vers notre Père dans un élan d’intimité et de confiance en lui


3) Nous sommes alors en position d’héritiers de Dieu et de cohéritiers de Christ, ici-bas et dans le ciel. Cependant, cette glorieuse promesse est également effrayante, c’est ce qui nous amène à notre second point :


2) La condition de la promesse


Ro 8.17 : Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui.

La deuxième partie du verset nous précise la condition : si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout d’abord, de quelles souffrances s’agit-il ? Nous avons tendance à penser à la persécution, mais il s’agit de toutes les souffrances que nous pouvons connaître sur cette terre, et que nous avons déjà mentionnées. Personne n’est à l’abri de ces souffrances, pas même les chrétiens qui sont les enfants de Dieu. Mais alors, que devons-nous faire lorsque nous souffrons, lorsque nous faisons face à la maladie, au deuil, à l’échec, aux problèmes en tous genres, etc. ?


Nous devons souffrir « avec lui ».

Cela signifie que nous devons résister à la tentation et au piège du diable qui accuse Dieu dans notre esprit, lorsque nous nous disons : « Pourquoi Dieu a-t-il permis que cela m’arrive ? » ; « Si Dieu m’aime et s’il est tout-puissant, pourquoi n’intervient-il pas ? » ; « Je sers Dieu fidèlement, mais il m’arrive toujours des problèmes douloureux : pourquoi ? »...


Face à la souffrance, nous sommes tentés d’abandonner Dieu, de délaisser le Seigneur Jésus, de mettre notre foi de côté, de ne plus nous attendre à Dieu, de baisser les bras et de nous décourager. Mais, si nous voulons recevoir notre héritage spirituel, nous devons rester avec Jésus lorsque nous souffrons, ne pas lui lâcher la main. Nous devons faire entrer Jésus dans notre souffrance. La question est : « souffres-tu avec lui, ou sans lui, parce que tu as été déçu par Dieu ? »


Si nous souffrons sans Jésus, nous coulerons, c’est-à-dire que nous nous perdons dans la souffrance qui, elle, est inévitable, tant que nous sommes sur cette terre. Si nous souffrons « avec lui », il nous donnera la force de sortir vainqueur de l’épreuve. C’est ce que confirme ces paroles de l’apôtre Paul dans 1 Co 10.13 : Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter.


Le mot « tentation » ici signifie « adversité, épreuve ». Quand nous souffrons « avec lui », il nous préservera de souffrir au-delà de ce que nous pouvons supporter, au-delà de nos forces. Dieu veille aux détails de toutes nos souffrances, et ne permettra jamais que cette souffrance soit au-delà de nos forces à la supporter. Avec Jésus, nous pouvons supporter la souffrance, même si elle est douloureuse, et nous pourrons en sortir victorieux.


Allons-nous remplir la condition ? Souffrir AVEC LUI ? Allons-nous tenir la main de Jésus ou la lâcher ? Le Saint-Esprit attend notre décision pour nous venir en aide.


A bientôt...