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DESIRS ET DELICES DANS L’ADORATION

Nous allons continuer d’explorer ce vaste sujet de l’adoration, en sachant très bien que nous ne pourrons pas tout dire, mais j’espère vous aider à mieux comprendre ce que signifie adorer Dieu, et surtout l’attitude que nous devons manifester lorsque nous le faisons. Dans l’article précédent, nous avons abordé la question de la satisfaction de l’adoration.

Nous avons terminé en citant le Ps 63.1 : O Dieu ! Tu es mon Dieu, je te cherche ; Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, Dans une terre aride, desséchée, sans eau. Nous avons vu comment le psalmiste témoigne de sa soif spirituelle, et compare son besoin de Dieu au besoin vital d’eau dans un désert. La question que cela soulève est : avons-nous la même soif de Dieu aujourd’hui ?


Je crois que Dieu apprécie lorsque ses enfants lui disent avec désir, comme David : Tu es mon Dieu, je te cherche. Ou encore : Eternel ! C’est à toi que je crie. Je dis : Tu es mon refuge, Mon partage sur la terre des vivants. (Ps 142.5). Ou alors : Mon âme te désire pendant la nuit, Et mon esprit te cherche au dedans de moi. (Es 26.6). Ce dernier verset est important, et il mérite qu’on s’y arrête un peu. Je vais être bref, mais écoutez bien ceci. Le prophète nous enseigne un principe important ici : notre âme peut et doit désirer Dieu, mais seul notre esprit est en mesure de le chercher...


Pour comprendre les enjeux en cours, il faut savoir ce qu’il y a dans ces mots âme et esprit. L’âme représente l’ensemble des fonctions de notre personnalité. C’est par notre âme que nous sommes conscients de connaître une chose, de l’aimer ou pas, et de vouloir en faire l’expérience. Notre esprit lui, est la réalité profonde, la partie incréée de notre être, celle que nous ne voyons pas dans le miroir, celle dont nous sommes la plupart du temps inconscients, et c’est lui qui cherche Dieu…et qui seul peut le trouver !


En d’autres termes, notre relation avec Dieu va au-delà de nos capacités de raisonnement, de notre compréhension naturelle et de nos facultés psychologiques. Notre âme ne peut que désirer, étant informée par les Ecritures, mais notre communion avec Dieu se situe plus profondément, dans cette partie de notre personne, que la Bible appelle la « lampe » du Seigneur, à savoir : l’esprit de l’homme. Pr 20.27 déclare : Le souffle de l’homme est une lampe de l’Eternel ; Il pénètre jusqu’au fond des entrailles ! Le mot souffle est la traduction de l’hébreu neshamah qui est employé pour désigner l’esprit humain.


Nous avons fait un pas de géant quand nous commençons à devenir conscients de notre esprit. Cela est possible si nous nous appliquons à découvrir et à utiliser nos sens spirituels, en accord avec l’enseignement de la Bible. Nous touchons ici à un sujet qui n’est pratiquement jamais abordé dans l’église en générale, et c’est ce qui explique, en partie, son immaturité spirituelle. Si la connaissance académique a atteint des sommets – même celle qui concerne la Bible – la connaissance spirituelle des réalités du Royaume invisible de Dieu, en est encore à ses balbutiements…


Mais revenons sur la notion de désir, de ce désir que devrait exister dans notre cœur par rapport à Dieu. Regardez ce que dit l’apôtre Paul dans Ph 3.8-10 :

8 Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus–Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ,

9 et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi,

10 Afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort.


L’apôtre Paul parle de Christ d’une façon qui ne laisse aucun doute sur le désir qui l’anime. Après des années de vie chrétienne et de ministère apostolique, il déclare qu’il veut connaître Christ. Nous avons envie de lui demander : « Mais Paul, tu connais Jésus ! Ne l’as-tu pas rencontré de manière dramatique sur le chemin de Damas ? » Il nous répondrait sans hésiter, que c’est parce qu’il le connaît déjà, qu’il veut le connaître encore plus ! A l’instar des psalmistes et prophètes d’antan, il était animé d’une soif insatiable de connaître Dieu.


J’ajoute en passant que dans ce texte des Philippiens, Paul exprime non seulement son désir de Dieu, mais également ce qui était considéré à son époque comme un des plus grands privilèges qui soient accordés à un croyant : mourir en martyr pour la cause de Christ ! C’est ce qu’il veut dire dans le v.10 lorsqu’il fait allusion la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort. C’est aussi à la lumière de cette ambition qu’il faut lire Ph 3.12 : Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ. La perfection dont il est question ici, c’est le martyr qui pour Paul, marque l’apothéose de son apostolat...


Notons la variété des termes utilisés pour dépeindre le désir de Dieu chez ces différents individus : ils ont soif, ils soupirent, ils cherchent, ils crient, ils le voient comme un refuge, un partage, ils veulent le gagner, être trouvés en lui et le connaître ! Il y a une intensité dans leur émotion, et ils ne s’en cachent pas. Je crois que c’est ce genre de désir que Dieu veut voir en nous quand nous venons l’adorer. N’est-ce pas ce que Paul voulait dire dans l’épître aux Romains : Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit (12.11) ?


Le mot traduit par fervents signifie « bouillant », ce qui nous rappelle ce que le Seigneur a reproché à l’église de Laodicée dans Ap 3.15-16 :

15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant !

16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.


Il est facile de comprendre ici que l’attitude qui plait à Dieu, c’est d’être bouillant, et non froid ou tiède. Les demi-mesures ne sont pas appréciées par le Seigneur. Il nous veut en entier. Il attend de notre part un attachement authentique et passionné. Cela peut effrayer certains qui se méfient de la notion même de « passion ». Ils y voient peut-être un danger, car ils ne veulent pas tomber dans le fanatisme. Mais un fanatique est un aveugle, alors qu’un passionné voit et comprend ce que les autres ne perçoivent pas. Et cette passion pour Dieu, ne nous transforme pas obligatoirement en extravertis qui se montrent sans cesse démonstratifs. Nous pouvons garder notre tempérament calme et réservé, mais à l’intérieur, nous sommes brûlants d’amour pour notre Seigneur bien-aimé.


Je crois que ces quelques réflexions sur les désirs suffisent à nous rappeler leur importance dans une communion authentique avec Dieu. Considérons maintenant quelques textes où nous retrouvons la notion de délices, bien sûr avec Dieu comme objet, ce qui signale qu’un chrétien est, par définition, un hédoniste, c’est-à-dire un adepte du plaisir, dans le sens le plus noble du terme, car il recherche son plaisir dans la réalité spirituelle absolue, qui n’est autre que le créateur tout-puissant.

Ps 16 : 11 : Tu me feras connaître le sentier de la vie ; Il y a d’abondantes joies devant ta face, Des délices éternels à ta droite.

Ps 17.15 : Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face ; Dès le réveil, je me rassasierai de ton image.

Ps 43.4 : J’irai vers l’autel de Dieu, de Dieu, ma joie et mon allégresse, Et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu !

Ha 3.18 : Toutefois, je veux me réjouir en l’Eternel, Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut.

1 P 1.8 : lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse.


Ici encore les mots sont forts en émotion : il est question de se rassasier, de se réjouir, de joie abondante, ineffable (indescriptible), glorieuse et éternelle ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que la relation avec Dieu, selon ces versets, n’est ni formelle, ni aride ou ennuyeuse. Se réjouir en Dieu, c’est prendre conscience de la grandeur et de la beauté de Dieu, s’imprégner de ce qu’il nous communique quand nous sommes dans sa présence, s’abreuver de ses bienfaits pour que nos cœurs soient de plus en plus remplis des délices de sa grâce.


Nous pouvons dire que l’adoration est l’expression d’un élan du cœur. Cela ne veut pas dire que la réflexion n’y a pas sa place, mais dans l’ensemble des Ecritures, nous voyons que l’adoration implique la participation aussi bien du cœur que de la tête, ce qui signifie qu’elle engage autant les sentiments que la pensée. Quand l’un ou l’autre est absent, cela aboutit à un christianisme boiteux : la pensée dépourvue de sentiments produit une orthodoxie morte et sèche ; et les sentiments privés de pensées, engendre une vie de foi superficielle et versatile.


Comme nous l’avons vu précédemment, Dieu veut notre cœur. C’est lorsque notre cœur participe activement à l’adoration que celle-ci devient vraie. Cependant, nous ne devons pas croire que ce mouvement de notre cœur est uniquement lié à la joie, car quelques fois, l’adoration implique également le brisement et la contrition, comme quand nous nous rendons compte de notre petitesse dans la glorieuse présence divine. A ce moment, notre cœur vibre sous l’effet des sentiments d’accablement, tant nous devenons conscients de la grandeur de Dieu, et de sa miséricorde pour des personnes si imparfaites comme nous…


Toutefois, nous voyons dans la Bible, que l’adoration marche davantage de pair avec la joie et la célébration. Le Ps 100.4-5, déclare :

4 Entrez dans ses portes avec des louanges, Dans ses parvis avec des cantiques ! Célébrez-le, bénissez son nom !

5 Car l’Eternel est bon ; sa bonté dure toujours, Et sa fidélité de génération en génération.


Quand le psalmiste dit que Dieu est bon, cela signifie qu’il est plaisant, agréable et excellent. Et cette bonté est le fondement de l’adoration. La bonté de Dieu n’est pas quelque chose que l’on considère de loin, comme une proposition philosophique, mais c’est une réalité dont nous devons jouir selon le Ps 34.9 : Sentez et voyez combien l'Eternel est bon ! Heureux l'homme qui cherche en lui son refuge ! Les verbes utilisés ici font appel à l’expérience. La raison pour laquelle il en est ainsi, c’est que Dieu n’est pas un concept qui servirait à satisfaire notre soif intellectuelle uniquement, mais il est une personne que l’on peut connaître de façon réelle.


Dieu n’entrera jamais dans nos éprouvettes mentales, et ne sera jamais défini par une formule, mais il peut être savouré par notre esprit, si celui-ci a été régénéré par le Saint-Esprit. Il y a une tangibilité chez Dieu qui le rend perceptible à notre esprit vivifié. Au début de ma conversion, je ne comprenais pas pourquoi mon cœur s’attendrissait lorsqu’on chantait ces anciens chants si éloignés de ma culture Rock (j’avais 17 ans à l’époque, et mes références musicales étaient Led Zeppelin, Deep Purple, etc.), mais j’ai compris, au fil du temps, que c’était la présence de Dieu que véhiculaient ces cantiques, qui me touchait autant. Et quand cette présence divine nous remplit, nous faisons alors l’expérience d’une joie profonde et incomparable, hautement apaisante.


Si quelqu’un n’est pas convaincu que Dieu veut nous voir remplis de joie, lisons ces paroles qui sortent de la bouche même de Marie, la mère de Jésus dans Lu 1.46-47 :

46 Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur,

47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur


Notez ceci : par la louange, notre âme exalteélève, glorifie – le Seigneur, ce qui permet à notre esprit de se réjouir en Dieu ! Avec notre pensée et nos émotions nous magnifions Dieu, mais notre être profond intérieur prend plaisir en lui, par une communion glorieuse. Parfois, au milieu de circonstances difficiles, nous pouvons connaître une joie intérieure très profonde, que nous ne pouvons pas expliquer, parce que nous avons adoré Dieu de tout notre cœur.


A ce stade, il serait utile de souligner la différence entre désirs et délices. Selon notre expérience de ces émotions, nous dirions que les désirs désignent ce que nous ressentons quand l’objet après lequel nous soupirons est encore à venir, ce qui les situe dans le futur. Nous parlons de délices quand nous faisons l’expérience de nos désirs dans le moment présent. Cependant, nous pourrions dire que d’une certaine façon le plaisir (délices) est déjà présent, même de façon minime, quand l’envie (désir) apparaît...


La publicité le sait bien, c’est la raison pour laquelle, elle fait appel à de nombreux sens pour créer tout à la fois le désir et le plaisir, qui sont les vrais moteurs de l’acte d’achat, à savoir : les couleurs, les sons, les formes, les résultats ressentis chez les utilisateurs des produits, etc. Plusieurs désirs produisent du plaisir, tant ils sont agréables. Par exemple, quand l’enfant désire son cadeau de Noël, et qu’il sait qu’il le recevra dans quelques heures, il en éprouve déjà du plaisir, et les parents ont parfois bien du mal à le retenir.


Ainsi, le désir fait partie du plaisir. Nous pourrions dire que le désir est un aspect des délices qu’il promet. Le désir c’est le plaisir lui-même, expérimenté sous forme d’anticipation, car l’objet désiré est déjà présent dans la conscience de celui qui désire. En réalité, ce n’est pas tant de différence dont il s’agit, mais de similitude entre le désir et les délices. Désirer Dieu, c’est déjà faire de lui nos délices, car il manifeste sa présence en nos cœurs dès l’instant où nous l’adorons en esprit et en vérité.


Quand, en réponse à la révélation qu’il nous donne de sa personne dans les Ecritures, nous nous mettons à le rechercher et à lui rendre l’hommage et le respect, avec crainte et amour, il déverse dans notre âme sa paix, sa joie, sa satisfaction, et nous permet de nous délecter de sa personne. Nous ne cherchons pas notre autosatisfaction par l’adoration, tels des consommateurs de plaisirs personnels, mais quand nous l’adorons, nous expérimentons une communion produisant un réel plaisir dans notre cœur, car la vie divine est une réalité que le Saint-Esprit nous transmet dans la présence de Dieu.


Je crois que la meilleure explication de ce phénomène est exprimée par l’apôtre Jacques lorsqu’il dit dans son épître : Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous (Ja 4.8). C’est cette approche entre l’adorateur et Dieu qui constitue le cœur de l’adoration, avec ses notions de désir et de délices. Nous pouvons même dire que l’adoration est le point de rencontre entre le Père et ses enfants. Existe-t-il un plaisir plus grand ?...


Je crois que chacun est plus ou moins en mesure de comprendre comment nous pouvons nous approcher de Dieu : dans une attitude de foi, de révérence, de louange, de prière, de méditation, etc. Cependant, même en faisant ces choses, n’avons-nous pas l’impression parfois que nous le faisons dans le vide, comme par habitude, et que rien ne satisfait notre cœur ? Pourquoi ? Parce qu’il faut également que Dieu s’approche de nous. Ainsi, la grande question est : comment Dieu s’approche-t-il de nous ? C’est ce que nous essaierons de comprendre dans le prochain article.


A bientôt...



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