LA MAIN DE DIEU

Le 22 juin 1986, au Stade Aztèque de Mexico, l’Argentine et l’Angleterre s’affrontaient en quart de finale de la coupe du monde de football de 1986. Le match fut gagné par l’Argentine sur le score de 2-1. C’est Diego Maradona qui fut l’auteur des deux buts de la victoire devant 115.000 spectateurs : un but marqué en dribblant la moitié de l'équipe adverse et un autre « entaché » d'une faute de la main. Lorsqu’on lui demanda d’expliquer son geste, sa réponse fut : « Ce but, je l'ai marqué un peu avec la tête et un peu avec la main de Dieu (=Mano de Dios) ».


L’expression n’est pas propre à Maradona, car elle est empruntée à la Bible lorsqu’un évènement hors du commun se produit. Pour notre édification, je vous propose dans cet article une réflexion sur le sujet la main de Dieu. Je souhaite vous aider à comprendre le sens d’une expression que l’on rencontre à plusieurs reprises dans les Saintes Ecritures. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que pouvons-nous y apprendre ? Quelle importance pour notre vie chrétienne ?...


Tout d’abord, la main de Dieu est une expression anthropomorphique pour désigner la manifestation, l’action et la puissance de Dieu. Cela signifie que la Bible emploie des noms de membres du corps humain pour décrire une qualité ou une action de Dieu. Par exemple, il est parfois question de l’oreille de Dieu, comme dans le Ps 116.2 : Car il a penché son oreille vers moi ; Et je l’invoquerai toute ma vie. Cela signifie simplement que Dieu a non seulement été attentif à la prière, mais qu’il a aussi exaucé la prière du psalmiste.


De la même façon, la main de Dieu révèle certaines qualités et certaines actions de Dieu. Ces actions peuvent être positives ou négatives, c’est-à-dire qu’elles peuvent faire du bien ou du mal. Elles révèlent soit la bonté, soit la sévérité de Dieu, qui agit toujours pour sa gloire. Lisons deux textes avant d’aller plus loin :

Ex 9.3 : Voici, la main de l’Eternel sera sur tes troupeaux qui sont dans les champs, sur les chevaux, sur les ânes, sur les chameaux, sur les bœufs et sur les brebis ; il y aura une mortalité très grande.


C’est une des 1ère mentions de la main de Dieu dans la Bible. Dans ces paroles que Moïse prononce devant pharaon, il est question du jugement de Dieu contre l’Egypte qui a maltraité Israël son peuple.

Ex 13.3 : Moïse dit au peuple : Souvenez-vous de ce jour, où vous êtes sortis d’Egypte, de la maison de servitude ; car c’est par sa main puissante que l’Eternel vous en a fait sortir.


Nous comprenons facilement que la main de Dieu ici fait référence à la puissance du Seigneur pour libérer Israël du joug de l’esclavage Egyptien, en accomplissant divers miracles. Et tout au long de la Bible, la main de Dieu agira tantôt pour juger et châtier, tantôt pour faire du bien de différentes façons à ceux qui lui appartiennent. Le même principe s’applique à notre vie. C’est pourquoi, je vais diviser mon propos en deux parties distinctes. Tout d’abord, examinons :


1. LA MAIN DISCIPLINAIRE DE DIEU

Voyons pour commencer certaines références à la main disciplinaire de Dieu qui parfois juge et châtie, aussi bien ses ennemis que les membres de son peuple. Lors d’une bataille contre les Philistins, non seulement Israël fut battue, mais l’arche de l’alliance fut prise les ennemis et amenée dans la ville d’Asdod, mais exécuta son jugement contre les Philistins.

1 S 5.6 : La main de l’Eternel s’appesantit sur les Asdodiens, et il mit la désolation parmi eux ; il les frappa d’hémorroïdes à Asdod et dans son territoire.


Les Philistins décidèrent de transporter l’arche dans une autre ville, et c’est dans la ville de Gath qu’elle fût déposée, mais là aussi, Dieu exerça son jugement.

1 S 5.9 : Mais après qu’elle eut été transportée, la main de l’Eternel fut sur la ville, et il y eut une très grande consternation ; il frappa les gens de la ville depuis le petit jusqu’au grand, et ils eurent une éruption d’hémorroïdes.


Il y eut une 3ème tentative : on envoya l’arche à Ekron, mais là encore le jugement de Dieu s’exerça, mais de façon plus sévère que les deux fois précédentes, sur la population de la ville selon 1 S 5.11-12 :

11 Et ils firent chercher et assemblèrent tous les princes des Philistins, et ils dirent : Renvoyez l’arche du Dieu d’Israël ; qu’elle retourne en son lieu, et qu’elle ne nous fasse pas mourir, nous et notre peuple. Car il y avait dans toute la ville une terreur mortelle ; la main de Dieu s’y appesantissait fortement.

12 Les gens qui ne mouraient pas étaient frappés d’hémorroïdes, et les cris de la ville montaient jusqu’au ciel.


Notons que dans ces trois villes – Asdod, Gath et Ekron – la main de Dieu produisit successivement « désolation » (v.6), « consternation » (v.9) et « terreur mortelle » (v.11), et à Ekron, il y eut même des morts. Notons aussi l’expression du v.11 : « la main de Dieu s’y appesantissait fortement », ce qui indique une sévérité grandissante de Dieu envers l’obstination des Philistins à garder l’arche chez eux.


Mais la main disciplinaire du jugement sévère de Dieu ne touche pas seulement les ennemis d’Israël, elle touche également le peuple d’Israël en raison de sa rébellion, selon De 2.14-15 :

14 Le temps que durèrent nos marches de Kadès-Barnéa au passage du torrent de Zéred fut de trente-huit ans, jusqu’à ce que toute la génération des hommes de guerre eût disparu du milieu du camp, comme l’Eternel le leur avait juré.

15 La main de l’Eternel fut aussi sur eux pour les détruire du milieu du camp, jusqu’à ce qu’ils eussent disparu.


Tous ceux qui doutèrent devant le rapport des espions envoyés pour explorer le pays promis, périrent dans le désert, suite au jugement de Dieu qui s’exerça par le déploiement de sa main. Ce jugement n’a pas eu lieu seulement une fois, mais à plusieurs reprises, allant même jusqu’à rendre Israël faibles devant ses ennemis, et incapables de réussir quoique ce soit, selon Jg 2.14-15 :

14 La colère de l’Eternel s’enflamma contre Israël. Il les livra entre les mains de pillards qui les pillèrent, il les vendit entre les mains de leurs ennemis d’alentour, et ils ne purent plus résister à leurs ennemis.

15 Partout où ils allaient, la main de l’Eternel était contre eux pour leur faire du mal, comme l’Eternel l’avait dit, comme l’Eternel le leur avait juré. Ils furent ainsi dans une grande détresse.


Dans le v.14, il y a deux expressions clés : les mains des pillards et les mains de leurs ennemis. On découvre leur origine dans le v.15 : la main de l’Eternel était contre eux. Dieu s’est donc servi des pillards et des ennemis d’Israël pour leur faire du mal, c’est-à-dire pour les châtier de leurs désobéissances. Et ce jugement de Dieu était le résultat de sa colère (v.14). L’expression du v.15 « partout où ils allaient », indique qu’aucune échappatoire n’était possible, tant qu’Israël ne se repentait pas. Le résultat de cette main disciplinaire fut « une grande détresse ».


Tout comme Israël dans l’ancien Testament, aujourd’hui encore, les chrétiens peuvent se trouver sous la main disciplinaire de Dieu, comme cela arriva à Ananias et Saphira dans Ac 5. Ananias et Saphira sont un cas extrême de discipline, mais quand Dieu agit dans nos vies pour nous corriger, nous devons l’accepter humblement, et le laisser prendre soin de nous, selon 1 P 5.6-7 :

6 Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable ;

7 et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.


Deux verbes nous sont directement attachés : « humiliez-vous » et « déchargez-vous » ; et deux verbes sont directement reliés à Dieu : « il élève » et « il prend soin ». Pierre parle des deux attitudes que nous devons adopter lorsque la main de Dieu nous discipline : nous devons nous humilier sous cette main, et nous décharger de nos inquiétudes. Dieu met sa main disciplinaire sur nous pour nous élever, nous faire grandir et nous donner une promotion spirituelle, mais il prend en même temps soin de nous pour que nous ne soyons pas détruits. Cela nous amène à notre seconde partie :


2. LA MAIN BIENFAISANTE DE DIEU

Parlons maintenant de la main bienfaisante de Dieu qui s’active envers les croyants, au point d’en faire parfois bénéficier même ceux qui ne font pas partie du peuple de Dieu. Que peut faire cette main de Dieu ? Voici certaines conclusions auxquelles nous arrivons en considérant plusieurs textes de la Bible :


1) La main de Dieu peut nous sauver parfaitement.

No 11.23 : L’Eternel répondit à Moïse : La main de l’Eternel serait-elle trop courte ?

Es 59.1 : Non, la main de l’Eternel n’est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre.

Dieu pose une question à Moïse, et il répond par Esaïe : il déclare que sa puissance est illimitée, et qu’il peut faire ce qu’il veut, quand il le veut, et de la façon qu’il le veut. Dieu peut sauver qui il veut !


2) La main de Dieu peut nous protéger du danger.

Esd 8.31 : Nous partîmes du fleuve d’Ahava pour nous rendre à Jérusalem, le douzième jour du premier mois. La main de notre Dieu fut sur nous et nous préserva des attaques de l’ennemi et de toute embûche pendant la route.

Le v.30 nous informe que le groupe qui partit de Babylone jusqu’à Jérusalem avec Esdras, devait emporter avec eux de l’or et de l’argent, ainsi que les ustensiles sacrés pour les mettre dans le Temple. Cela devait se savoir, et le voyage était dangereux, mais Dieu étendit sa protection divine sur eux, et ils arrivèrent sains et saufs à Jérusalem pour accomplir leur mission. Combien nous avons besoin de la protection de Dieu chaque jour, face aux divers dangers de ce monde déchu : la violence, l’insécurité grandissante, les épidémies, etc. Que sa main soit sur nous pour nous préserver !


3) La main de Dieu peut nous fortifier et nous rendre capable.

Esd 7.28 : Fortifié par la main de l’Eternel, mon Dieu, qui était sur moi, j’ai rassemblé les chefs d’Israël, afin qu’ils partent avec moi.

Quand le roi de Babylone donna l’ordre de réorganiser le culte du nouveau Temple, Esdras avait besoin d’être fortifié pour faire face à un immense défi, et pour motiver les chefs juifs à venir avec lui. Nous aussi, nous avons besoin parfois d’être fortifiés pour faire certaines choses qui correspondent à la volonté de Dieu, mais pour lesquels nous avons besoin d’un surplus de courage.


4) La main de Dieu peut nous bénir pour différent besoins.

Ge 49.24-25 :

24 Mais son arc est demeuré ferme, Et ses mains ont été fortifiées Par les mains du Puissant de Jacob : Il est ainsi devenu le berger, le rocher d’Israël.

25 C’est l’œuvre du Dieu de ton père, qui t’aidera ; C’est l’œuvre du Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions des eaux en bas, des bénédictions des mamelles et du sein maternel.


Notons le lien entre « les mains du puissant de Jacob » et « l’œuvre du Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions des cieux en haut ». Ces deux expressions évoquent la même réalité. Rien de plus logique que de dire que la main bienfaisante de Dieu répand dans notre vie les bénédictions divines. C’est ce à quoi nous devons nous attendre quand nous invoquons Dieu.

Comment pouvons-nous recevoir les bénédictions de Dieu ? Que pouvons-nous faire pour que ces bénédictions se déversent dans notre vie ? Encore une fois, la réponse se trouve dans Esd 7.8-10 :

8 Esdras arriva à Jérusalem au cinquième mois de la septième année du roi ;

9 il était parti de Babylone le premier jour du premier mois, et il arriva à Jérusalem le premier jour du cinquième mois, la bonne main de son Dieu étant sur lui.

10 Car Esdras avait appliqué son cœur à étudier et à mettre en pratique la loi de l’Eternel, et à enseigner au milieu d’Israël les lois et les ordonnances.


« La bonne main de Dieu étant sur lui » équivaut à la bénédiction divine qui accompagna Esdras tout au long de son aventure. La raison de cette bénédiction est clairement stipulée au v.10 : Esdras appliqua son cœur à comprendre la Parole de Dieu et à la mettre en pratique. Il n’y a pas de secret à la bénédiction de Dieu, il suffit de soupirer après sa parole et lui obéir...

Un dernier point important : il faut discerner la main de Dieu dans les évènements mêmes mineures qui nous arrivent, et qui éclairent notre vie, mais pour lesquels nous manquons de glorifier Dieu.


Je crois qu’Esdras résume bien l’effet de la main bienfaisante de Dieu sur une vie, et comment nous pouvons l’expérimenter : si nous voulons le vivre, il est nécessaire de chercher Dieu :

Esd 8.22 : La main de notre Dieu est pour leur bien sur tous ceux qui le cherchent, mais sa force et sa colère sont sur tous ceux qui l’abandonnent.


Mes amis, engageons-nous tout à nouveau à chercher Dieu. c’est-à-dire à le connaître, à nous attacher à lui, à l’honorer en toutes choses, faisons-lui confiance pour que sa main soit sur nous pour notre bien.


A bientôt...




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