Les chrétiens vont-ils au ciel après leur mort ? – Explication biblique
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Est-ce vraiment ce qu'enseigne la Bible ?
Avez-vous déjà assisté aux funérailles d'un chrétien ? Il est alors fort probable que vous ayez entendu le prêtre ou le pasteur affirmer que le défunt, ayant rejoint le ciel, se trouve désormais auprès du Seigneur. Cette idée suppose que la personne n'est pas réellement morte, mais qu'elle vit dans un état différent, qu'elle est « vivante » avec le Seigneur au paradis. Il s'agit d'une pensée profondément réconfortante : il est naturel de préférer imaginer nos proches décédés vivant paisiblement avec Christ dans le ciel.
Cependant, il convient de s'interroger : est-ce vraiment ce qu'enseigne la Bible ? Il arrive souvent que nous acceptions sans réserve tout ce que nous pouvons entendre de la part du prêtre catholique ou du pasteur évangélique concernant le destin de l'âme après la mort. Nous leur faisons confiance, d'autant plus qu'ils s'appuient sur certains passages bibliques pour étayer leurs propos. Ainsi, il paraît essentiel d'examiner de près ces passages fréquemment cités pour soutenir l'idée que le croyant, à sa mort, rejoint effectivement Jésus dans le ciel.
Il s'agit de textes bien connus de la plupart des croyants, et qui semblent affirmer que les défunts se trouvent immédiatement en présence du Seigneur. Toutefois, au lieu de simplement les mentionner, il est important de les étudier attentivement afin de déterminer leur véritable signification. C'est ce que nous allons entreprendre, en commençant dès à présent par le premier de ces textes.
Paul affirme-t-il qu'il ira au ciel lorsqu'il mourra ?
Paul écrit dans Philippiens 1.23 : « Je suis pressé des deux côtés : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur. » S'il y a un verset qui véhicule l'idée selon laquelle les sauvés vont au ciel immédiatement après leur mort, c'est bien celui-ci. Il ne fait aucun doute que cette déclaration de Paul semble suggérer que lorsqu'un croyant meurt, il va rejoindre le Christ. Toutefois, n'oublions jamais ce que Jésus a déclaré dans Jean 10.35 : « L'Écriture ne peut être anéantie. »
Cela signifie que nous ne pouvons pas rejeter les enseignements de l'Ancien Testament sur ce qui se passe à la mort de tout être humain, à savoir : que le corps retourne à la poussière, que l'âme disparaît et que le souffle de vie retourne à Dieu qui l'avait donné. Cela est clairement exprimé dans Ecclésiaste 9.5 : « Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront ; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée. »
La Bible affirme donc que la mort marque la fin de l'existence, que tout s'arrête quand une personne décède. Jésus confirme cette vérité dans l'épisode de la résurrection de Lazare. C'est ce que révèle l'échange qu'il a avec ses disciples dans Jean 11.11-14 : « 11 Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. 12 Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il dort, il sera guéri. 13 Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. 14 Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. »

Pourquoi la mort est-elle comparée au sommeil ?
Lorsque Jésus évoque la mort de Lazare, il commence par dire qu'il « dort ». Ce n'est qu'en voyant l'incompréhension de ses disciples qu'il précise explicitement : « Lazare est mort. » Pourquoi Jésus associe-t-il ainsi la mort au sommeil ? C'est parce que le sommeil et la mort sont tous les deux un état d'inconscience. Dans les deux cas, l'individu entre dans un état où il n'a plus conscience de rien. Après la mort, le défunt n'expérimente plus rien : il ne sait rien, ne ressent rien, n'existe plus en tant que sujet conscient.
Job 14.10 l'exprime ainsi : « L'homme meurt, et il perd sa force ; l'homme expire, et où est-il ? » La question « où est-il ? » suggère que l'homme disparaît totalement à sa mort, personne ne peut le trouver car il a complètement cessé d'exister. Comment comprendre alors Philippiens 1.23, car Paul écrit qu'il désire « s'en aller et être avec Christ » ? L'apôtre est-il en train de dire qu'après sa mort il va continuer de vivre avec Jésus ?
La difficulté disparaît dès que l'on comprend qu'en réalité Paul ne tient pas compte du temps où il n'existera plus. Pour lui, comme pour toute personne qui s'assoupit, il n'y a que deux moments de conscience : avant et après. Lorsqu'une personne s'endort, elle devient inconsciente de tout ce qui l'entoure. Qu'elle dorme trois heures ou huit heures, elle ne perçoit aucune durée : elle passe simplement d'un moment de conscience à un autre. Ainsi, entre l'instant où elle s'endort et celui où elle se réveille, il n'y a qu'un intervalle d'inconscience où rien ne se passe pour elle.
C'est exactement ce que Paul exprime dans Philippiens 1.23. Les deux moments de conscience sont : premièrement, « j'ai le désir de m'en aller », qui désigne la fin de sa vie consciente ; deuxièmement, « d'être avec Christ », qui désigne son retour à la conscience lors de la résurrection. La conjonction « et » représente tout simplement le temps d'inconscience de la mort, cet intervalle sans perception, tout comme le sommeil. Voici un second passage qui est souvent utilisé pour affirmer qu'à la mort, le croyant entrerait immédiatement dans la présence du Christ au ciel.
La mort nous introduit-elle dans la présence de Christ ?
Paul écrit en 2 Corinthiens 5.8 : « Nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur. » Dans l'esprit de la majorité des chrétiens, « quitter ce corps » équivaut à « demeurer auprès du Seigneur ». Autrement dit, mourir introduit le croyant directement dans la présence céleste de Jésus. Cependant, si cette interprétation est correcte, une question demeure : pourquoi la Bible qualifie-t-elle la mort d'ennemi ?
Paul affirme en effet dans 1 Corinthiens 15.26 : « Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. » Un ennemi qui nous introduirait dans la présence du Seigneur ne pourrait logiquement pas être considéré comme un ennemi. Pourtant, c'est bien ainsi que la mort est décrite dans l'Écriture : comme un ennemi, et non comme une passerelle vers la présence glorieuse de Christ. Pour être cohérents dans notre compréhension de la mort, nous devons lire ce passage de la même manière que Philippiens 1.23.
Paul n'y exprime pas une conscience continue après la mort, mais la certitude que, ne comptant pas le temps où il n'existe plus, la prochaine chose qu'il saura après l'intervalle de l'inconscience — c'est-à-dire au moment de la résurrection — sera d'être auprès du Seigneur. Ainsi, il peut dire qu'il préfère « quitter ce corps », non parce qu'il s'attend à une existence consciente entre la mort et la résurrection, mais parce qu'il anticipe avec confiance l'instant où, rendu à la vie, il sera effectivement « auprès du Seigneur ».
Jésus déclare-t-il que les croyants décédés sont vivants ?
Lisons à présent cette déclaration de Jésus dans Luc 20.38 : « Or, Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants. » Cette affirmation soulève une question importante : Jésus enseigne-t-il ici que les défunts sont en réalité vivants dans une autre dimension, ce qui impliquerait une forme de conscience entre la mort et la résurrection ? Si tel était le cas, comment comprendre alors Romains 14.9, où Paul distingue clairement les morts et les vivants : « Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. » Si tous étaient vivants au sens littéral, Paul ne pourrait pas parler de deux catégories distinctes.
Pour saisir correctement la déclaration de Jésus, il faut revenir au contexte. Le v.27 précise la situation : « Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, s'approchèrent, et posèrent à Jésus cette question. » Nous apprenons que des sadducéens, qui nient la résurrection, interrogent Jésus, et leur question vise manifestement à le piéger sur la réalité de la résurrection. Il est clair que le v.38 se situe dans le contexte de la réponse du Christ à la question implicite de savoir s'il y a effectivement une résurrection des morts. Ainsi, la réponse de Jésus au v.38 s'inscrit dans un débat sur la réalité de la résurrection, et non sur l'état des défunts entre la mort et la résurrection.
Pourquoi Dieu désigne-t-il les croyants morts de vivants ?
Le v.37 fait aussi partie de cette réponse : « Que les morts ressuscitent, c'est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ». Or, au moment où Moïse parle, ces trois patriarches sont morts depuis longtemps. Jésus ne dit pas qu'Abraham, Isaac et Jacob sont actuellement vivants dans un autre plan d'existence. Non ! Il affirme plutôt que Dieu est le Dieu de ceux dont la résurrection est garantie, donc, pour lui, ils sont vivants.
Il est également évident qu'au moment où Jésus parle aux sadducéens, les trois patriarches sont toujours morts, et il y a au moins deux raisons à cela : 1) Il n'y a aucune preuve scripturaire qui indique qu'Abraham, Isaac et Jacob seraient actuellement vivants. 2) S'ils n'étaient pas morts, ils n'auraient pas besoin d'être ressuscités d'entre les morts.
Si, dans le v.38, il est dit que « pour lui tous sont vivants », c'est parce que Dieu est esprit, et qu'il n'est pas soumis au continuum espace-temps. Il voit la résurrection comme une réalité certaine, déjà accomplie dans son dessein. Si, pour nous, il existe un intervalle temporel entre la mort et la résurrection, pour Dieu, il n'y a pas de vide, il n'y a pas d'attente, il n'y a pas d'intervalle. Ce que Dieu promet est si certain qu'il le considère comme déjà réel. C'est dans ce sens que « pour lui tous sont vivants » et qu'il est « le Dieu des vivants ».
Jésus s'est-il contredit dans Jean 11 ?
Le dernier passage que j'aimerais examiner, c'est celui de Jean 11.26 où Jésus déclare à Marthe : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » À première vue, cette promesse nous déroute. Car nous le savons bien : tous les croyants meurent. Nous avons pour la plupart accompagné des chrétiens jusqu'à la tombe. Aucun croyant n'a déjà échappé à la mort physique ; au fil du temps, ils sont tous morts. Et au v.25 qui précède, Jésus lui-même dit : « Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. »
Il reconnaît donc que des croyants meurent. Mais que veut dire Jésus ? Parle-t-il de mort spirituelle ? Non, car le contexte ne le permet pas ! Jésus parle de personnes bien réelles, de croyants qui sont morts physiquement, et de croyants qui, selon ses paroles, ne mourront jamais physiquement. Comment comprendre ces déclarations qui, de toute évidence, sont contredites par la réalité ?
Pour saisir la portée de ces paroles, il faut les replacer dans leur contexte. Jésus s'adresse à des hommes et des femmes qui vivent dans l'attente imminente du Royaume promis. Nous lisons en effet dans Luc 19.11 : « Ils écoutaient ces choses, et Jésus ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem, et qu'on croyait qu'à l'instant le royaume de Dieu allait paraître. »
Israël attendait son Messie. Et si Israël avait reconnu Jésus comme le Messie, si le peuple l'avait accueilli comme roi, alors le Royaume aurait été établi, comme Dieu l'avait annoncé par les prophètes. Dans cette perspective, quelque chose d'extraordinaire se serait produit : les croyants vivants n'auraient pas connu la mort, mais seraient entrés directement dans le Royaume ; et les croyants déjà morts auraient été ressuscités pour y participer.

Que reste-t-il de la promesse de Jésus ?
Voilà pourquoi Jésus fait référence à la résurrection des croyants lorsqu'il dit : « Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort », et qu'il parle de l'entrée directe dans le Royaume pour ceux qui seraient encore vivants, lorsqu'il déclare : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Mais nous connaissons l'histoire. Israël n'a pas reconnu son Messie. Il l'a rejeté. Il l'a crucifié. Et même après la résurrection, tout au long du livre des Actes, ce rejet s'est poursuivi. Finalement, à la fin des Actes des Apôtres, Israël est mis de côté comme peuple porteur de la promesse. Et Dieu se tourne vers les nations, comme Paul l'annonce dans Actes 28.28 : « Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens, et qu'ils l'écouteront. »
C'est alors que commence la dispensation du mystère, dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Si vous êtes intéressés par une étude approfondie sur les dispensations bibliques, vous trouverez des informations sur le cours en ligne que LibrAccess propose sur notre site.
Alors, que reste-t-il de la promesse de Jésus ? Tout. Absolument tout. Car même si le Royaume n'a pas été établi à ce moment-là, les paroles de Jésus révèlent une vérité profonde : en Christ, la mort n'a plus le dernier mot. Ceux qui meurent dans la foi vivront, car ils ressusciteront. Et ceux qui seront vivants au moment où Dieu accomplira son plan ne connaîtront pas la mort, mais ils seront transformés pour entrer dans la gloire.
La promesse de Jésus n'est pas annulée. Elle est simplement déplacée dans le temps. Elle attend son heure. Et elle s'accomplira, parce que Christ a déclaré dans Jean 11.25 : « Je suis la résurrection et la vie. » Notons que la résurrection doit avoir lieu avant que la vie ne soit de nouveau expérimentée. C'est ce dont j'aimerais vous parler dans une prochaine étude. Que le Seigneur vous bénisse !
À bientôt…
🟦 L'essentiel à retenir : Ce que la Bible dit vraiment
Pour conclure cette étude, voici la synthèse des vérités bibliques que nous avons examinées :
1. La mort est un sommeil, pas un départ immédiat : Contrairement aux idées reçues, la Bible compare systématiquement la mort au sommeil (Jean 11.11-14). C’est un état d’inconscience totale où le temps n’existe plus pour le défunt. Entre le dernier souffle et la résurrection, il n’y a aucun intervalle conscient (Ecclésiaste 9.5).
2. L'espérance de Paul : La résurrection, pas le ciel instantané : Quand Paul exprime le désir de « quitter ce corps pour être avec Christ » (Phil. 1.23, 2 Cor. 5.8), il ne parle pas d'une survie de l'âme. Il exprime la certitude que, pour lui, l'instant suivant son décès sera celui de son réveil à la résurrection. La mort est un ennemi (1 Cor. 15.26) et non une passerelle vers le ciel.
3. La perspective de Dieu : "Tous sont vivants pour Lui" : Quand Jésus dit que Dieu est le « Dieu des vivants » (Luc 20.38), Il répond aux sadducéens sur la réalité de la résurrection. Pour Dieu, qui est hors du temps, la résurrection d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est une certitude absolue, comme si elle était déjà accomplie. Cela ne signifie pas qu'ils sont conscients aujourd'hui, mais que leur retour à la vie est garanti.
4. La promesse de Jésus et le changement de dispensation : La promesse de « ne jamais mourir » (Jean 11.26) était liée à l'établissement imminent du Royaume pour Israël. Suite au rejet du Messie, cette promesse est aujourd'hui déplacée dans le temps. Nous vivons dans la dispensation du mystère (Actes 28.28), où l'espérance reste intacte : Christ est la résurrection et la vie, et Sa promesse s'accomplira lors de Son retour.
📖 Références clés de votre étude :
L'état des morts : Ecclésiaste 9.5, Job 14.10, Jean 11.11-14
L'espérance de Paul : Philippiens 1.23, 2 Corinthiens 5.8, 1 Corinthiens 15.26
La garantie de la résurrection : Luc 20.37-38, Romains 14.9
Le Royaume et le Mystère : Jean 11.25-26, Luc 19.11, Actes 28.28
Foire Aux Questions (FAQ)
Les chrétiens vont-ils immédiatement au ciel après leur mort ?
Selon l'enseignement biblique, les chrétiens ne vont pas immédiatement au ciel après leur mort. La Bible présente la mort comme un sommeil dans lequel les morts ne sont plus conscients de rien jusqu'au jour de la résurrection. « Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront ; mais les morts ne savent rien… » (Ecclésiaste 9.5) L'espérance du croyant n'est pas un départ instantané au ciel, mais la résurrection future au retour de Jésus-Christ.
Que dit la Bible sur l'état des morts ?
La Bible enseigne que les morts ne continuent pas à vivre sous une autre forme consciente. Ils reposent dans la mort, dans l'attente du jour où Dieu les réveillera. « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 6.23) La vie éternelle est donc un don futur accordé au moment de la résurrection, et non une condition automatique de l'âme juste après le décès.
Quand les chrétiens recevront-ils la vie éternelle ?
La Bible situe le moment de la vie éternelle au retour de Jésus-Christ, lors de la résurrection des morts en Christ. « Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. » (1 Thessaloniciens 4.16) C'est à ce moment-là que les croyants ressuscités seront pour toujours avec le Seigneur.
Pourquoi cette vérité sur la mort et la résurrection est-elle importante pour les chrétiens ?
Parce qu'elle recentre notre espérance sur le retour de Jésus-Christ et la résurrection, au lieu de nous appuyer sur des traditions humaines. Comprendre ce que la Bible enseigne sur la mort nous aide à affronter la souffrance, le deuil et l'avenir avec une espérance solide, fondée sur les promesses de Dieu et non sur des idées populaires.





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